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Faire un malheur

France, 1907 : Tuer quelqu’un.

— Voyez-vous ces bois et ces mâquis, dit-il à Orso au moment de se séparer : un homme qui aurait fait un malheur y vivrait dix ans en paix sans que gendarmes ou voltigeurs vinssent le chercher. Ces bois touchent à la forêt de Vizzavona ; et, lorsqu’on a des amis à Bocognano ou aux environs, on n’y manque de rien. Vous avez là un beau fusil, il doit porter loin. Sang de la Madone ! quel calibre ! On peut tuer avec cela mieux que des sangliers.

(Prosper Mérimée, Colomba)

Maqui

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Mettre du rouge.

Delvau, 1866 : s. f. Rouge, fard, — dans l’argot des voleurs. C’est probablement une apocope du vieux mot Maquignonnage.

Rigaud, 1881 : Apocope de maquillage, maquille. Dérivé de masque. — En terme de grecs, le maquillage consiste à marquer les cartes qu’on a intérêt à connaître. Il y a les maquis au coup de pouce, au coup d’ongle, au coup d’épingle, à la mine de plomb, à la pièce et autres, suivant l’inspiration du grec et la tête des dupes.

La Rue, 1894 : Rouge, fard. Maquillage.

Maqui, maquis

France, 1907 : Rouge, fard ; corruption de masque.

Ma largue n’s’ra plus gironde,
Je serai vioc aussi :
Faudra, pour plaire au monde,
Clinquant, frusque, maquis,
Tout passe dans la tigne (monde)
Et quoiqu’on en jaspine,
C’est un foutu flanchet.

(Winter, forçat, 1829)

Monter en l’air

Rossignol, 1901 : Celui qui commet le vol à l’aide d’effraction ou fausses clés monte en l’air.

France, 1907 : Voler avec effraction. C’est généralement dans les étages supérieurs, loin du concierge, c’est-à-dire en l’air, que les cambrioleurs opèrent. D’où le nom de monte-en-l’air donné à ces industriels.

Bien que l’Avocat n’eût point précisé la nature du travail qu’il proposait, Orlando devina tout de suite qu’il s’agissait de monter en l’air. Pour sa part, jamais il n’avait volé. Il serait mort de faim plutôt que de dérober à un étalage, de mettre, comme un Anglais, la main dans les poches. Mais, ainsi que tout Italien de montagne, il coulait dans ses veines une pinte de sang de bandit, la révolte du maquis, l’audace du rançonneur de diligences, de l’homme qui vit en guerre avec un fusil sur l’épaule, qui lève contribution sur les grandes routes et finit d’un coup de feu.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique