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Binôme

Larchey, 1865 : « Aux laboratoires, nous verrons chacun des élèves (de l’École polytechnique) manipuler avec un camarade qu’il nomme son binôme. »

(La Bédollière)

Allusion à la signification algébrique de Binôme : quantité composée de deux termes.

France, 1907 : Compagnon d’études à l’École polytechnique. Camarade de chambre à l’École d’application, deux termes unis par + et - (plus et moins) formant une quantité.

Faire sauter la coupe

Larchey, 1865 : Battre à l’écarté de façon à retourner le roi, en neutralisant la coupe.

Delvau, 1866 : Battre les cartes de façon à toujours amener le roi, — dans l’argot des grecs.

France, 1907 : Placer, à l’aide d’une manipulation habile, la carte coupée au-dessus ou au-dessous du paquet.

Fournier

Delvau, 1866 : s. m. Garçon chargé de verser le café aux consommateurs. Argot des limonadiers.

Rigaud, 1881 : Chef de cuisine dans un café.

Il faut savoir bien manipuler le café et faire la cuisine. On est chargé de préparer les déjeuners, d’apprêter et servir le café aux consommateurs.

(Le Livre des métiers faciles, 1855.)

France, 1907 : Garçon qui verse le café aux consommateurs.

Manips

France, 1907 : Abréviation de manipulation ; argot de Polytechnique.

Les manips de chimies ont pour objet d’exercer les élèves à faire certaines préparations et les analyses chimiques les plus usuelles.
Vêtus de la longue blouse de toile, ils passent deux heures devant un fourneau, au milieu des cornues, des flacons, des chalumeaux, des queues de rat.

(Albert Lévy et G. Pinet, L’Argot de l’X)

Marcouse

Rossignol, 1901 : Le teneur du jeu de bonneteau fait, en manipulant les trois cartes, une corne à l’une d’elles pour allécher le joueur, puis il décorne cette carte pour en corner une autre que la gagnante, lorsqu’il sait qu’un des parieurs s’en est aperçu : c’est la marcouse ou cornanche.

Hayard, 1907 : Carte marquée par le bonneteur.

Ticquage

Rigaud, 1881 : Mouvement de haut en bas exécuté avec la main qui tient les cartes et aussitôt réprimé. — Le ticquage indique aux autres joueurs que celui qui l’a fait a pris le point sept au baccarat pour le point de huit.

France, 1907 : Signe fait par un grec à un compère à la façon dont il manipule ses cartes.

Vol à l’américaine

France, 1907 : Ce vol, qui s’exerce spécialement sur les gens de campagne et les provinciaux naïfs, consiste à leur confier une valise ou un portefeuille plein de faux billets de banque en garantie desquels ils livrent leurs propres valeurs qu’ils croient bien inférieures celles confiées.

Je retrouvai, parmi les affiliés de la bande Catusse, des voleurs cambrioleurs, des bonneteurs et enfin des spécialistes du vol à l’américaine, ce vol dont parlent si souvent les journaux et qui réussit toujours malgré l’extraordinaire publicité qui lui est faite. Il y a malheureusement à cela une raison, c’est que les praticiens du vol à l’américaine exploitent surtout les sentiments malhonnêtes de la foule, de même que les bonneteurs exploitent la passion du joueur prêt à profiter d’une tricherie pour gagner.
En effet, au jeu des trois cartes dit « bonneteau », celui qui risque son argent croit tricher, puisqu’il a vu passer devant ses yeux, pendant la manipulation des trois cartes, celle qui doit le faire gagner à coup sûr, et qu’il s’imagine ponter sur elle.
Dans ce cas, le volé n’est pas plus honnête que le voleur, et l’extrême habileté des bonneteurs, il faut le dire, est la parfaite connaissance des vices de l’humanité. Il en est de même pour le vol dit à l’américaine.
La victime (la poire, le pante, comme disent les voleurs dans leur argot) se dit qu’après tout, si l’homme qui lui a confié sa cassette ou sa valise ne revient pas la chercher, ça sera une bonne affaire pour lui de la garder.

(Mémoires de M. Goron)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique