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Manger son pain blanc le premier

Delvau, 1866 : v. a. De deux choses faire d’abord la plus aisée ; s’amuser avant de travailler, au lieu de s’amuser après avoir travaillé. Cette expression, — de l’argot du peuple, signifie aussi : Se donner du bon temps dans sa jeunesse et vivre misérablement dans sa vieillesse.

France, 1907 : On dit d’un homme qui, après avoir été dans l’aisance, se trouve dans la gêne, qu’il a mangé son pain blanc le premier. Cette locution nous reporte au temps où l’on mettait le pain blanc an rang des comestibles les plus délicats. Dans le XIVe siècle, le pain blanc le plus renommé était celui de Chailli, village près de Longjumeau. Le pain de Gonesse acquit de la réputation au XVIe siècle. À cette époque même, la vente du pan blanc n’était que tolérée, le gouvernement craignait qu’on en mangeât trop ! Les pains ordinaires étaient le pain bourgeois, nommé depuis pain de ménage, le pain bis-blanc et le pain bis. Il ne faut pas compter le pain de chapitre, pain inventé par un boulanger du chapitre de Notre-Dame de Paris : il ne différait du pain bourgeois que parce qu’il était moins plat. — Il est fils de prêtre, dit un adage du XVIe siècle, il mange son pain blanc le premier.

Manger, manger le morceau, Manger sur, Manger du lard

Rigaud, 1881 : Dénoncer un complice, révéler un secret. — Manger dans la main, être très familier, ne pas observer les distances sociales. — Manger de la misère, manger de la prison, subir la misère, la prison. — Manger de la vache enragée, être misérable. — Manger de la merde, être dans le dénûment le plus profond, être abreuvé de souffrances physiques et morales. — Manger sur le pouce, manger à la hâte. — Manger du drap, jouer au billard. — Manger du pavé, chercher en vain de l’ouvrage. — Manger la laine sur le dos de quelqu’un, vivre aux dépens de quelqu’un, le ruiner sans le faire crier. — Manger du pain rouge, dépenser l’argent provenant d’un assassinat. — Manger à tous les râteliers, accepter de tous les côtés, sans scrupules. — Manger le Bon Dieu, communier. — Manger du sucre, être applaudi au théâtre. — Manger le poulet, partager un pot de vin, partager un bénéfice illicite. — Manger le gibier, faire sauter l’anse du panier de la prostitution, — dans le jargon des souteneurs qui n’entendent pas la plaisanterie sur ce chapitre. — Manger le pain hardi, être domestique. — Manger son pain blanc le premier, dépenser sans compter avec la misère à venir. — Manger l’herbe par la racine, être mort depuis longtemps. — Manger ses mots, parler vite et d’une manière incompréhensible. — Manger la consigne, oublier un ordre qu’on vous a donné. — Avoir mangé la bouillie avec un sabre, avoir une très, grande bouche. — Se manger, se manger le nez, se disputer vivement de très près, se menacer d’en venir aux mains. — Se manger les sangs, s’inquiéter. — Se manger les pouces, s’impatienter.


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