Maltais
Larchey, 1865 : Cabaretier. — Beaucoup de Maltais exercent cette profession en Algérie, d’où vient le terme.
Delvau, 1866 : s. m. Cabaretier, — dans l’argot des troupiers qui ont été en Algérie.
France, 1907 : Cabaretier, épicier, restaurateur de bas étage. Allusion aux Maltais d’Algérie qui occupaient et occupent encore ces industries.
Maltaise
Vidocq, 1837 : s. m. — Louis d’or.
Delvau, 1866 : s. f. Pièce de vingt francs, — dans l’argot des voleurs.
La Rue, 1894 : Écu. Pièce de vingt francs.
Virmaître, 1894 : Pièce de vingt francs (Argot des voleurs). V. Sigue.
France, 1907 : Pièce de vingt francs. On dit aussi sigue.
Monter un gandin
Larchey, 1865 : « Dans l’armée d’Afrique, c’est essayer de consommer sans payer le cabaretier maltais. » — De Vauvineux. Gandin : Tromperie. — Du vieux mot gandie : tromperie. V. Du Cange.
France, 1907 : Tromper.
Les galifardes et les râleuses se promènent devant les boutiques hiver comme été, et aussitôt qu’un noble étranger se hasarde dans leurs parages, elles se le disputent avec des câlineries fort embarrassantes pour lui : il s’agit pour elles de monter un gandin.
(Alfred Delvau, Le Fumier d’Ennius)
Quatrième du trois
France, 1907 : Sobriquet donné par les cavaliers aux fantassins à cause de la réponse que ceux-ci font généralement quand on les interroge sur le corps auquel ils appartiennent : « Je suis de la première du deux ; … de la cinquième du quatre ; …. de la quatrième du trois… » Sous-entendus compagnie et bataillon.
Que dira cette chère petite Mme Étienne, du café des sous-officiers, lorsqu’elle nous verra revenu les mains vides ? Et ces dames de la rue de l’Échelle ? Allons-nous être obligés de rester, comme les fantassins de la quatrième du trois, en extase devant les étalages de chair fraîche de leur vestibule ? Serons-nous réduits à bazarder notre burnous blanc dans la rue des Juifs pour faire une honnêteté à notre amie ? Et passerons-nous nos soirées à errer par les rues, les mains dans les poches, le sabre battant tristement l’éperon, cherchant d’un œil en détresse le camarade du jour d’infortune qui offre chez Le Maltais du coin l’absinthe à quatre sous le verre ou le champoreau de l’amitié ?
(Hector France, L’Homme qui tue)
Sabir
Virmaître, 1894 : Bois, forêt. Quelques-uns écrivent : sabri. C’est la finale retournée (Argot des voleurs).
Hayard, 1907 : Forêt.
France, 1907 : Jargon hétéroclite des soldats et colons d’Algérie, composé d’arabe, de français, d’italien, d’espagnol, de maltais ; de l’espagnol saber, savoir. On dit généralement petit sabir.
Il nous amusa pendant plus d’une heure avec son comique petit sabir où les chouias, les besefs, les macache bono et les kifkif bourrico se trouvaient en profusion.
(Hector France)
Argot classique, le livre • Telegram
