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Crevé (petit)

France, 1907 : Petit jeune homme dont la principale occupation est le souci de sa personne. Jeune fainéant que balaiera du trottoir la prochaine révolution sociale. On dit aussi simplement : crevé.

Peut-être apprendrons-nous aussi que les dames de la cour et les crevés du macadam ont dansé, comme à l’exécution des quatre sergents de la Rochelle, autour de quelques pieds carrés où seront couchés les cadavres encore chauds de Ferré ou de Rossel.

(Camille Barrère, Qui-vive !)

Hier, sur les boulevards, un corbillard vide passe à toute vitesse.
Un jeune gommeux, frais et rose, qui traversait la chaussée, est presque renversé par la voiture noire.
— Dites donc, cocher, vous ne pourriez pas faire attention, vous avez failli m’écraser, j’ai pas encore envie d’aller dans votre voiture.
— Hé ! va donc, sale crevé, j’en ai porté au cimetière qui avaient encore meilleure mine que toi.

(Ange Pitou)

I’s sont comm’ ça des tas d’crevés,
Des outils, des fiott’s, des jacquettes,
Des mal foutus, des énervés
Montés su’ des flût’ en cliquettes…

(Aristide Bruant)

Foutu

Larchey, 1865 : Mauvais.

À toy, foutu esprit, je fais ces foutus vers.

(Paroles grasses de Carême Prenant, 1589)

Chasser cette foutue canaille.

(Hébert, 1793)

V. Fichu dont toutes les acceptions sont les mêmes.

Delvau, 1866 : adj. Mal habillé. Foutu comme quatre sous. Habillé sans goût et même grotesquement.

Delvau, 1866 : adj. Mauvais, détestable, exécrable. Foutue besogne. Triste besogne. Foutue canaille. Canaille parfaite.

Rigaud, 1881 : Perdu, ruiné. Mauvais. — Mal foutu, mal fait, mal habillé.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique