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Foutriquet

Larchey, 1865 : Homme nul.

Tous les foutriquets à culottes serrées et aux habits carrés.

(1793, Hébert)

Je serais la première à t’aider de mes conseils maternels… mais correspondre à la passion d’un foutriquet, fi !

(Festeau)

Delvau, 1866 : s. m. Homme de petite taille. A signifié, il y a soixante-dix ans, Fat, ridicule, intrigant. On dit aussi Foutriot.

Rigaud, 1881 : Homme nul ; homme de très petite taille. « Petit foutriquet », sobriquet donné par le maréchal Soult en pleine Chambre, à un de nos plus petits hommes d’État, sous le rapport de la taille.

France, 1907 : Homme petit, malingre, chétif. C’était de sobriquet donné par Mac-Mahon à Thiers.

— Tenez ! Il faut une fois que je m’en soulage ! Sous Grévy comme sous Mac-Mahon, comme sous Foutriquet et sous Badinguet aussi, gouvernés par le sabre, le parapluie ou la queue de billard, vous n’êtes pas dignes d’être libres !…

(É. Bergerat, Le Chèque)

Gâteuse

Rigaud, 1881 : Long pardessus avec patte derrière formant ceinture, sorte de robe de chambre à l’usage des hommes et des femmes depuis 1873.

Que nous fait, je vous le demande, que le maréchal Canrobert ait fait son entrée dans Rome avec une redingote poudreuse et M. Patrice de Mac-Mahon avec une gâteuse ?

(John Lemoinne, Journal des Débats, du 18 janvier 1878)

France, 1907 : Longue redingote qui fait ressembler celui qui la porte à un pensionnaire de l’hospice des vieillards.

Gobelotter

Delvau, 1866 : v. a. Aller de cabaret en cabaret. Signifie aussi, Buvotter, boire à petits coups.

Rigaud, 1881 : S’amuser, rire, boire et chanter. — Le dictionnaire de l’Académie le donne dans le sens de boire à plusieurs petits coups.

France, 1907 : Aller boire de cabaret en cabaret, vider des gobelets. « Façon de boire, quand on n’a pas soif, dit le docteur Grégoire. Et c’est la bonne. »

— Hein ? crois-tu que ça commence à être agréable d’être député ? Qu’est-ce que ce sera quand nous serons les maîtres… les maîtres en plein ?… Ce qu’on va gobelotter !

— Ah ! mais… vous savez, il y a une grande réception au ministère du commerce, ce soir : on va gobelotter à l’œil. Ah ! merci, il est temps ! Mac-Mahon, il se fiche de ça, lui. Il a beau mouiller son uniforme, il a, pour se chauffer, le bois de l’État, il vit aux frais de la princesse ; mais nous, nous qui votons les fonds de tous les budgétivores, grands et petits, nous ne gobelottons pas. En voilà un métier de faire gobeletter les autres, si on ne gobelotte pas soi-même. Moi, ce soir, je ne dépote pas du buffet.

(Edgar Monteil, Le Monde officiel)

Hack

France, 1907 : Cheval de selle ; anglicisme. C’est une abréviation de hackney, cheval de location, soit pour la voiture, soit pour la selle ; du français haquenée, qui vient du latin equina, dérivé d’equus, cheval.

Tous les deux sont des cobs du Norfolk, ça saute aux yeux du premier coup. Celui-ci, le timonier de droite, est M. Mahomet, un excellent hack, qui se monte, s’attelle seul, à deux et à quatre.

(Henri Lavedan)

Houris

Delvau, 1864 : Le pavé du Paradis de Mahomet, — sur lequel les vrais croyants espèrent se rouler éternellement un jour ou l’autre.

Des Houris, toujours belles,
Qu’on satisfera bien,
Et qui, toujours pucelles,
N’arrêteront sur rien.

(Collé)

Jusqu’au boutien (journal)

Rigaud, 1881 : Journal qui a soutenu la politique du maréchal de Mac-Mahon après la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 1877. — Allusion à la phrase qui figurait dans l’ordre du jour adressé par le Maréchal à l’armée, le 9 juillet suivant : « J’irai jusqu’au bout. »

Les journaux jusqu’au boutiens affirment avec ensemble que, etc.

(La France du 10 août 1877)

Kif-kif

Delvau, 1866 : adv. Ric-à-ric, — dans l’argot des faubouriens qui ont servi dans l’armée d’Afrique.

Boutmy, 1883 : Expression qui vient des Arabes, importée assurément dans l’atelier par quelque zéphyr ou quelque zouave typographe. Dans le patois algérien, kif-kif signifie semblable à : kif-kif bourricot, semblable à un âne. Les compositeurs l’emploient pour dire qu’une chose est la même qu’une autre : C’est kif-kif, c’est équivalent, c’est la même chose.

Merlin, 1888 : Synonyme à identique, de semblable, — de l’arabe.

France, 1907 : Même chose. Mot arabe rapporté par les troupiers d’Afrique. Il s’emploie toujours pour indiquer la similitude.

Ya dix ans les pauvres bougres que les Versaillais avait envoyés à la Nouvelle radinaient. Y avait eu d’abord des grâces, puis l’amnistie. Le populo mené en bateau par les politicailleurs commencait à ruminer : jusque-là on avait cru qu’une fois Grévy président de la République, les 363 devenus les maîtres de tout, ça allait marcher comme sur des roulettes.
Ah ouat ! Kif-kif comme sous Mac-Mahon.

(Le Père Peinard)

L’exemple ? On s’en moque, remoque et contre-moque ! Avoir le cou tranché net on crever des boyaux vides, c’est kif-kif ! Au moins, avant de mourir, on est nourri !

(Séverine)

On dit aussi dans le même sens kif-kif bourico, comme le baudet.

Que ce soit le printemps rose
Où tout dit : « J’aime ! » à l’écho,
Que ce soit l’hiver morose,
Pour eux : kif-kif bourriko !

(Octave Pradels)

Jules Jouy, dans sa chanson des Gardiens de la paix, qui fit jadis les délices des habitués du Chat Noir, termine par ce couplet sur l’air des Canards tyroliens :

Quand les sergots restent chez eux,
À mon avis, ça vaut bien mieux,
Qu’ils s’occupent de leurs conjungos,
Car, des sergots, ou pas d’sergots,
Pour nous, c’est kif-kif bourrico,
Tralalalala, tralalala !
Paix ! paix ! paix ! paix !
Voilà les gardiens de la paix !

Je ne sais pourquoi Dubut de Laforest a, dans la Femme d’affaires, dénaturé l’orthographe pourtant si rationnelle de kif-kif :

— Laissez-moi là, puisque je ne suis pas un homme !
— Un singe, c’est quif quif !

Mac-Mahon

Rigaud, 1881 : Les dragons ont donné ce nom à la tête de Méduse qui surmonta leurs casques. — T’as joliment bien astiqué Mac-Mahon, ce matin. — D’autres l’appellent la « République », parce qu’ils se figurent que c’est la tête de la République, (comme si elle avait le don de pétrifier ses ennemis.) — Je m’en vas donner un coup d’astiqué à la République.

France, 1907 : Nom donné par les régiments de cuirassiers et de dragons à la tête de Méduse du cimier de leur casque.

Mac-Mahonat

Rigaud, 1881 : Gouvernement du maréchal de Mac-Mahon, second président de la troisième République française.

Mac-Mahonien

Rigaud, 1881 : Partisan du gouvernement du maréchal de Mac-Mahon. — Feuille mac-mahonienne, journal dévoué à la politique du maréchal.

Mac-Mahonnat

France, 1907 : Période pendant laquelle le maréchal de Mac-Mahon occupa le poste de président de la République, c’est-à-dire de 1873 à 1879.
Tout le monde connaît le mot resté célèbre : « J’y suis, j’y reste ! » que fit le maréchal et la réponse de Gambetta : « Il faut se soumettre ou se démettre. »

Mahomet

Fustier, 1889 : Petit sac de cuir que les forçats portent suspendu sur la poitrine, entre la peau et la chemise et qui leur sert à enfermer leurs économies.

(V. Humbert, Mon bagne)

France, 1907 : Touffe de cheveux que les Arabes gardent sur l’occiput et par où l’ange Azraël doit les saisir pour les porter au pied du trône d’Allah. C’est par là aussi qu’ils se saisissent entre eux pour se couper plus aisément la tête.

Membre (le)

Delvau, 1864 : Sous-entendu viril. Le grand outil générateur, que nous faisons travailler comme un cheval et que les femmes adorent comme un dieu.

Jouis-tu, cochon ? Ah ! le beau membre !

(Lemercier de Neuville)

On voit, sous les feuilles de vignes
Que leur impose la pudeur,
S’agiter de gros membres dignes
d’admiration — ou d’horreur.

(Anonyme)

Monseigneur le vit, ou madame la pine — Outre ces deux noms, ce noble personnage, qui veut chaque jour être fêté, possède plus de prénoms qu’il n’en faudrait pour refaire le calendrier… républicain. Je cite les principaux :

L’acteur, l’affaire, les agréments naturels, l’aiguille, l’aiguillon, l’aiguillette, l’andouille, l’arbalète, l’ardillon, l’aspergès, l’asticot, la baguette, le balancier, le bâton à un bout, le bâton de sucre de pomme, le bâton pastoral, le battant de cloche, la béquille du père Barnaba, le berlingot, la bibite, le bidet, le bijou, le bistouri, la bite, le bogue, le bonhomme, le bouchon, le boudin blanc, le bougeoir, la bougie, le bout de viande, le boute-feu, le boutejoie, la boutique, le boyau, la braguette, le bracquemard, le bras, la briche, la broche, le broque, la burette, le canon à pisser, la carotte, le cas, le carafon d’orgeat, le cavesson, cela, ce qu’on porte, la chair, le chalumeau, le champignon, la chandelle, la chanterelle, la charrue, la chenille, la cheville d’Adam, la cheville ouvrière, le chibre, le chiffe, le Chinois, le chose, le cierge, la cigarette, la clé, le clou, la cognée, le cognoir, le coin, la colonne, le compagnon fidèle, la corde sensible, le cordon de saint François, le cornichon, la couenne, la courte, le criquet, le dard, le dardillon, le degré de longitude, le devant, le doigt du milieu, le doigt qui n’a pas d’ongle, dom ou frère Frappart, le dressoir, le drôle, l’écoutillon, l’engin, l’épée, l’étendard d’amour, le fils, le flacon d’eau-de-vie, le flageolet, la flèche, la flûte à un trou, le fourrier de nature, la gogotte, la grosse corde, le goujon, le goupillon, la guigui, la guiguitte, la haire, le hanneton, l’herbe qui croit dans la main, l’histoire, le honteux, Jacques, la jambe, Jean Jeudi, Jean Chouart, la laboureur de nature, la lance, la lancette, le lard, la lavette, la limace, le machin, le Mahomet, le manche du gigot, la marchandise, le mirliton, le mistigouri, le moineau, le moineau, la navette, le nerf, le nœud, l’obélisque, le onzième doigt, l’os à moelle, l’outil, l’ouvrier de nature, le paf, le panais, le pénis, le pondiloche, le perroquet, la petite flûte, le petit frère, le petit voltigeur, la pierre à casser les œufs, la pierre de touche, le pieu, le pignon, le pis, la pissottière, le poinçon, la pointe, le poireau, la potence, le poupignon, Priape, la quéquette, la queue, le robinet de l’âme, Rubis-Cabochon, la sangsue, saint Agathon, saint Pierre, le salsifis, la sentinelle, la seringue, le sifflet, le sous-préfet, le sucre d’orge, le trépignoir, la triquebille, la troisième jambe, le tube, la verge, la viande crue, etc. etc.

Nègre de Mac-Mahon (faire comme le)

France, 1907 : Continuer. Cette expression, qui date du mac-mahonnat, vient d’une anecdote facétieuse où l’on fait jouer un rôle ridicule au maréchal. Étant venu visiter l’École de Saint-Cyr, le général commandant l’école lui parla incidemment d’un jeune nègre natif de la Martinique qui se distinguait entre tous par sa conduite et son travail. Quelques instants après, le maréchal passa les élèves en revue et s’arrêta devant le jeune homme de race noire :
— Ah ! c’est vous le nègre ?
— Oui, Monsieur le maréchal.
— Eh bien ! mon ami, continuez… à donner de la satisfaction à vos chefs.
Le mot fut répété, mais où tronqua la phrase, en en supprimant la seconde partie, de sorte qu’il ne resta plus que : « Eh bien ! mon ami, continuez ! » c’est-à-dire : continuez à être nègre.

Le héros du livre de Darien (Le Voleur) est un petit monsieur qui a été volé par son tuteur. Furieux de ne pouvoir lui faire rendre gorge, il se promet de se venger et commence par voler quelques centaines de mille francs au fiancé de sa cousine.
Cela n’est déjà pas trop mal, seulement, selon le mot de Descaves, dans sa pièce La Cage, il faut avoir déjà des moyens pour tenter des coups semblables. Quoi qu’il en soit, mis en goût par son coup d’essai, il fait comme le nègre de Mac-Mahon, il continue, et, chemin faisant, rencontre toutes sortes de gens dont la principale occupation est de voler…

(Jean Grave, Les Temps Nouveaux)

Ordre moralien

France, 1907 : Appellation ironique appliquée au parti conservateur après la dissolution de la Chambre par le maréchal Mac Mahon.

Paradis de Mahomet (le)

Delvau, 1864 : Le seul auquel les vrais croyants doivent croire, parce qu’il est « pavé de pucelages, » au lieu d’être, pavé de bonnes intentions, comme l’autre.

Per fas et nefas

France, 1907 : Location latine signifiant par tous les moyens, littéralement : par ce qui est permis et par ce qui est défendu.

Si, sous un prétexte quelconque, vous admettez l’attentat à la vie humaine qui s’appelle la guerre, qu’il s’autorise de l’intérêt dynastique on du salut public, vous ne pouvez plus exciper d’une règle morale pour condamner l’homicide. Napoléon, personnification de la gloire militaire, entreprit certes des guerres iniques et gagna des batailles qui coûtèrent des centaines de mille têtes d’êtres humains. La Révolution française, créatrice de la France moderne, mit à l’ordre du jour le tribunal sommaire dont la guillotine fut l’instrument. Plus d’un souverain, pour établir son prestige et assurer la succession de sa dynastie, engagea son peuple dans des aventures sanglantes et funestes ; sous la présidence de M. Thiers, le maréchal de Mac-Mahon, vainqueur de la Commune, laissa fusiller dans les rues de Paris 25,000 Parisiens. Croyez-vous que l’individu, seul arbitre de son moi, ne possède pas des droits égaux à ceux des capitaines et des princes : qu’un jeune homme, pour donner à manger à sa mère, pour préserver sa sœur de la prostitution, ne soit pas fondé à acquérir de l’argent, per fas et nefas, en supprimant une créature inutile ou nuisible ?

(Henry Bauër, L’Écho de Paris)

Que c’est comme un bouquet de fleurs

France, 1907 : Celle expression, assez nouvelle, est employée ironiquement.

Monsieur Jésus aime des vierges,
Dans l’étoilement d’or des cierges,
Il en épouse tant et tant
Qu’il en devient mahométan !
Carmélites, Visitandines,
Augustines, Bénédictines,
Il en prend de toutes couleurs,
Ce joli roi des polygames,
De tous habits, de toutes gammes,
Que c’est comme un bouquet de fleurs !

(Gringoire)

Richelieu

Larchey, 1865 : Aussi roué que le galant maréchal de ce nom.

Tout le benjoin d’une galanterie à 80 degrés Richelieu.

(Murger)

Delvau, 1866 : adj. Galant, magnifique, entreprenant, — dans l’argot des bourgeois, dont les grand’mères ont conservé bon souvenir du vainqueur de Mahon.

Santon

France, 1907 : Petite figurine en terre grossière coloriée, représentant les principaux saints du calendrier, que l’on fabrique en Provence 8t dont où sc scri comme cadeaux de Noël. Chaque année on célèbre à Marseille la fête des Santons. Ce nom vient évidemment de certains moines mahométans appelés ainsi.

Toujours loup est loup

France, 1907 : On ne change jamais de nature.
« Si l’on vient vous affirmer, disait Mahomet, qu’une montagne a changé de place, permis à vous de le croire, mais si l’on vous affirme qu’un homme a changé de caractère, n’en croyez rien » ; ce que Boileau a traduit par ce vers resté proverbial :

Chassez le naturel, il revient au galop.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique