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Bloquer

d’Hautel, 1808 : Au propre, terme d’imprimerie qui signifie suppléer à une lettre manquante, par une autre lettre que l’on renverse ; au figuré, oublier quelqu’un dans une distribution où il avoit droit.
On l’a bloqué. Pour, on a pris sa part ; on n’a pas pensé à lui ; on l’a totalement oublié.

Halbert, 1849 : Abandonner.

Larchey, 1865 : Vendre. V. Abloquir.

Delvau, 1866 : v. a. Abandonner, — dans l’argot des voleurs.

Delvau, 1866 : v. a. Jouer à la bloquette, — dans l’argot des enfants.

Delvau, 1866 : v. a. Mettre un soldat au bloc, à la salle de police, — ce qui est le boucler, vieille forme au verbe blouquet.

Rigaud, 1881 : Abandonner, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Faire défaut, faillir, dans le jargon des typographes ; allusion au terme d’imprimerie bloquer qui a le sens de mettre provisoirement un caractère au lieu et place d’un autre. (L. Larchey) Bloquer le mastroquet, ne pas payer le marchand de vin.

Rigaud, 1881 : Mettre en prison, au bloc — dans le jargon des troupiers.

Boutmy, 1883 : v. a. Remplacer provisoirement un signe typographique dont on manque par un autre de même force. Par extension, Manquer, faire défaut, faillir. Bloquer le mastroquet, c’est ne pas payer le marchand de vin.

La Rue, 1894 : Mettre en prison. Abandonner.

France, 1907 : Emprisonner, consigner ; se dit aussi pour abandonner. Dans l’argot des typographes, c’est remplacer temporairement une lettre par une autre.

Cadratins

Boutmy, 1883 : s. m. pl. Petits parallélépipèdes de même métal et de même force que les caractères d’imprimerie, mais moins hauts que les lettres de diverses sortes. Ils servent à renfoncer les lignes pour marquer les alinéas et portent sur une de leurs faces un, deux ou trois crans. Jeu des cadratins. On joue avec ces petits prismes rectangulaires à peu près comme avec les dés à jouer. Les compositeurs qui calent, et même ceux qui ne calent pas, s’amusent quelquefois à ce jeu sur le coin d’un marbre. Quand le joueur n’amène aucun point, on dit qu’il fait blèche. Il va sans dire que l’enjeu est toujours une chopine, un litre ou toute autre consommation. Les typographes appellent aussi cadratin le chapeau de haute forme, désigné dans l’argot parisien sous le nom si juste et si pittoresque de tuyau de poêle.

Sœur (et ta) !

France, 1907 : Grossièreté populaire que l’on répond à propos de tout. C’est le commencement d’un couplet de chanson de café-concert :

Et ta sœur est-elle heureuse,
A-t-elle eu beaucoup d’enfants ?
Fait-elle toujours la gueuse
Pour la somme de trois francs ?

 

Il y a maintenant dans le Quartier latin des façons de parler qui feraient rougir des crocheteurs. Ce sont d’inqualifiables expressions, d’horribles membres de phrases, mis en usage par je ne sais quel habitant de la place Maubert.
Il arrive de temps en temps qu’il passe par la tête d’un sot l’idée de mettre en circulation une locution vide de sens, et aussitôt voilà que l’on accueille comme le trait d’esprit le plus piquant quelque grosse saillie, fruit malsain produit par une imagination échauffée ou une intelligence malade. Ces bouffonneries se succèdent avec une rapidité incroyable, et il n’y a jamais de vide dans la liste de ces tabarinades. Hier, c’était : Et ta sœur ! aujourd’hui c’est : Eh ! Lambert ! demain ce sera quelque autre épigramme de la même force.

(Eugène Vermersch, Le Latium moderne, 1869)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique