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Bigorniau

Fustier, 1889 : Auvergnat.

France, 1907 : Auvergnat.

Nous gravissons un second étage, puis un autre, puis un autre encore, nous touchons au toit, et partout, dans chaque coin de cette maison, d’une régularité immonde, voulue, nous trouvons une chambre pareille, foyer d’infection suffocante et de misère inouïe.
— Et quels gens habitent ces taudis ? demandons-nous à l’hôtesse.
— Un peu de toutes sortes. Des mendiants, des vagabonds, des lipètes et des bigorniaux, c’est-à-dire des Limousins et des Auvergnats ; ces derniers quelquefois par économie, pour faire un sac qui leur permette de s’établir marchands de ferraille, brocanteurs ou charbonniers.

(Louis Barron, Paris Étrange)

Bréjaude

France, 1907 : Soupe au lard rance, très épaisse, des paysans limousins.

Catir (se)

France, 1907 : Se vêtir ; s’envelopper.

En sa mignonne poitrine de vierge, son cœur dormait comme une rose de Noël sous la neige. Sa seule joie était de savourer au printemps le réveil de la forêt, de se plonger dans la fraicheur des cépées reverdies, de se griser de l’odeur des muguets et de s’épanouir au grand soleil. Durant l’hiver, ou les jours pluvieux, elle se catissait dans vue limousine, tête basse, et se recroquevillait frileusement près des fourneaux à charbon. La lumière la dégourdissait et elle allait joyeusement vers le soleil levant, comme on va à la fête.

(André Theuriet)

Chapon

d’Hautel, 1808 : Gros comme un chapon.
Il a les mains en chapon rôti.
Se dit figurément d’un homme qui est sujet à prendre, qui s’empare de tout ce qui lui tombe sous la main ; et au propre de quelqu’un qui a les doigts crochus et retirés.
Qui chapon mange, chapon lui vient. Signifie que le bien vient souvent à ceux qui n’en ont pas besoin.
Deux chapons de rente. Se dit de deux personnes ou de deux choses inégales, parce que il y a toujours un de ces chapons gras et l’autre maigre.
Ce n’est pas celui à qui le bien appartient qui en mange les chapons. Se dit d’un bien, d’une terre dont le véritable propriétaire est frustré ; ou d’un homme qui porte le nom d’une terre, et n’en touche pas les revenus.
On appelle chapon de Limousin, des chataignes ou marrons, parce que ces fruits sont très-abondans en Limoge.
Se coucher en chapon. Se coucher après avoir bien bu, bien mangé ; ou se coucher les jambes recroquevillées.

Delvau, 1864 : (au figuré) ; Homme châtré ou impuissant.

En termes de cuisine, l’on appelle chapon le croûton de pain frotté d’ail qui aromatise la salade.
Un de nos confrères, célèbre par sa continence… forcée, dînait dimanche à la campagne.
— Aimez-vous le chapon ? lui demande la maîtresse de la maison.
— Oh ! non, je ne peux pas le sentir.
— Parbleu ! fit un convive, ça lui rappelle Boileau.

(Émile Blondet)

Pour ma part, moi j’en réponds,
Bien heureux sont les chapons.

(Béranger)

Delvau, 1866 : s. m. Morceau de pain frotté d’ail, — dans l’argot du peuple, qui en assaisonne toutes les salades. On dit aussi Chapon de Gascogne.

France, 1907 : Moine, dans l’argot populaire. Cage à chapons, monastère ; les moines s’engraissant généralement dans une douce oisiveté, comme le chapon en cage.

France, 1907 : Un croûton de pain frotté d’ail que l’on met dans la salade. On dit aussi dans le mème sens chapon de Gascogne.

Chapon de Limousin

Delvau, 1866 : s. m. Châtaigne.

France, 1907 : Châtaigne.

Chétif

Rigaud, 1881 : Enfant de Limousin qui accompagne son père à Paris et l’aide dans ses travaux. — (Jargon des maçons.)

France, 1907 : Apprenti maçon.

Détraquage

France, 1907 : Maladie nerveuse qui affecte spécialement les Parisiennes, les dévotes et les bas-bleus.

Le détraquage a fait son œuvre. La licence a porté ses fruits. Je demande la création d’un Musée national des horreurs où l’on conserve religieusement les documents de l’histoire scandaleuse de ce temps. On pourra y contempler, à côté de la reproduction des beautés mâles de Pranzini, la collection d’autographes de la Limousin et le rasoir de Prado.

(Edmond Deschaumes)

Escarpin de cuir de limousin

France, 1907 : Sabot. On dit aussi dans le même sens : escarpin en cuir de brouette. Escarpin renifleur, soulier troué.

Escarpin de Limousin

Rigaud, 1881 : Sabot.

Escarpins de Limousin

Delvau, 1866 : s. m. pl. Sabots, — dans l’argot du peuple, qui sait que les Lémovices n’ont jamais porté d’autre chaussure, si l’on en excepte toutefois des souliers pachydermiques qui ont plus de clous que l’année n’a de semaines. On dit aussi Escarpins en cuir de brouette.

Ficher

d’Hautel, 1808 : Met bas et trivial qui est d’un fréquent usage parmi les Parisiens, et qui a un grand nombre d’acceptions.
Fichez le camp d’ici. Manière impérative et malhonnête de renvoyer quelqu’un ; et qui équivaut à, sortez d’ici ; retirez-vous.
Va te faire fiche. Pour, va te promener ; laisse moi tranquille.
Se ficher. Pour, se moquer de quelqu’un ; ne pas craindre ses menaces ; s’embarrasser peu de quelque chose.
Je m’en fiche. Pour, je me moque bien de lui ; je m’embarrasse peu de cette chose.
Je ťen fiche. Expression dubitative, pour cette chose n’est pas vraie ; tu te trompes assurément.
Je m’en fiche comme de Colin-Tampon. C’est-à-dire, comme de rien du tout ; je ne fais aucun cas de sa personne.
C’est bien fichant de n’avoir pas pu parvenir à conclure cette affaire.
C’est fichant d’avoir sacrifié son bien pour un ingrat.
C’est fichant de faire le gros seigneur et de n’avoir pas le sou.
Ces locutions, comme on voit, expriment alternativement le regret, la plainte, le déplaisir, l’ironie.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Donner.

Vidocq, 1837 : v. a. — Bâiller.

Larchey, 1865 : Donner, flanquer.

Je l’ai fichue à l’eau.

(E. Sue)

J’lui fiche un soufflet.

(1750, Cailleau)

Fiche-moi la paix.

(Jaime)

Dès la fin du quatorzième siècle, ficher se trouve souvent dans le livre des faicts du mareschal de boucicaut (édit. michaud). — à une déroute de sarrasins, il est dit que les jardins favorisèrent beaucoup leur retraite, car s’y fichèrent ceulx qui eschapper peurent (p. 276). — la même année (1399), on nous représente les vénitiens après un combat maritime s’en allant ficher en leur ville de modon (p. 283). — enfin,

quand chateaumorant, avec la compaignée des autres prisonniers feurent arrivez à venise, adonc on les ficha en forte prison.

(édit. petitot, t. II, p. 83)

Larchey, 1865 : Faire. — Il est à remarquer que la finale de cet infinitif s’élide presque toujours.

Mais voyons, Limousin, avec un méchant budget d’une cinquantaine de millions, qu’est-ce que tu peux fiche ?

(Gavarni)

Larchey, 1865 : Fourrer.

Ne vas pas te ficher cela dans la cervelle.

(Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle)

Delvau, 1866 : v. a. Donner. Signifie aussi : Appliquer, envoyer, jeter.

Delvau, 1866 : v. n. Faire, convenir, importer. Une remarque en passant : On écrit Ficher, mais on prononce Fiche, à l’infinitif.

France, 1907 : Donner, envoyer. C’est une corruption du bas latin ficham facere, faire la fine, se moquer de quelqu’un.
Voir Faire fi. Les Italiens disent : Far le fiche. « Fichez-moi la paix. »

Gras double

Ansiaume, 1821 : Plomb.

J’ai fait vingt plombes de gras double, les veux-tu ?

Vidocq, 1837 : s. m. — Plomb.

Clémens, 1840 : Plomb.

Virmaître, 1894 : Plomb (Argot des voleurs). V. Limousinier.

Hayard, 1907 : Plomb.

Gras-double

Larchey, 1865 : Feuille de plomb (Vidocq). — Allusion à la facilité avec laquelle on la roule. — Gras-doublier : Voleur de plomb. C’est sur les toits qu’il exerce ordinairement. V. Limousineur.

Delvau, 1866 : s. m. Gorge trop plantureuse, — dans l’argot des faubouriens. L’analogie, pour être assez exacte, n’est pas trop révérencieuse ; en tout cas elle est consacrée par une comédie de Desforges, connue de tout le monde, le Sourd ou l’Auberge pleine : « Je ne voudrais pas payer madame Legras — double ! » dit Dasnières en parlant de l’aubergiste, femme aux robustes appas. Castigat ridendo mores, le théâtre ! C’est pour cela que les plaisanteries obscènes nous viennent de lui.

Delvau, 1866 : s. m. Plomb volé et roulé, — par allusion à la ressemblance qu’il offre ainsi avec les tripes qu’on voit à la devanture des marchands d’abats. Les voleurs anglais, eux, disent moos, trouvant sans doute au plomb une ressemblance avec la mousse.

Rigaud, 1881 : Feuille de plomb, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Seins aussi vastes que fugitifs, — dans le jargon des voyous.

La Rue, 1894 : Plomb en feuille volé sur les toits. Le voleur l’enroule autour de lui.

Rossignol, 1901 : Plomb.

France, 1907 : Appas féminins volumineux et mous.

France, 1907 : Plomb volé et généralement roulé pour être emporté plus aisément. Les voleurs disent pour cette opération : ratisser du gras-double.

— Et quelle est la clientèle de l’établissement ?
— Il y a un peu de tout, des voleurs, des filles, des souteneurs, et même des honnêtes gens… Oh ! elle n’est pas ordinaire la clientèle au père Moule-à-Singe !…
— Un joli nom !… et quel est ce père Moule-à-Singe ?
— Un recéleur, marchand de gras-double principalement…
— Du gras-double ? Oh ! c’est une spécial de tripes à la mode de Caen… On en dit les Parisiens fort friands…
— Ça n’est pas cela du tout… Le gras-double, c’est le plomb qu’on arrache aux chéneaux et aux gouttières, les tuyaux qu’on brise, les boutons de porte qu’on scie, les ferrures qu’on détache… tout le métal de construction qu’on vole s’appelle du gras-double…

(Edmond Lepelletier)

Jeanneton

Delvau, 1864 : Synonyme de Goton. Fille de la petite vertu, servante ou grisette, qui se laisse prendre volontiers le cul par les rouliers ou par les étudiants.

Partout on vous rencontre avec des Jeannetons.

(V. Hugo) (Ruy-Blas)

Larchey, 1865 : « Servante d’auberge, fille de moyenne vertu. » — 1808, d’Hautel.

Delvau, 1866 : s. f. Fille de moyenne vertu, — dans l’argot des bourgeois, qui connaissent leur La Fontaine.

Car il défend les jeannetons,
Chose très nécessaire à Rome.

France, 1907 : Paysanne, fille vulgaire et de mauvaises mœurs. Même sens que Gothon.

Sans vous brouiller avec les roses,
Évadez-vous des Jeannetons.
Enfuyez-vous de ces drôlesses,
Derrière ces bonheurs changeants
Se dressent de pâles vieillesses
Qui menacent les jeunes gens.

(Victor Hugo, La Légende des siècles)

Pourquoi ce diminutif de Jeanne est-il devenu terme méprisant ? Sans doute parce qu’il était commun dans les campagnes et porté par nombre de servantes. Une vielle bourrée limousine le rehaussait jadis :

Baissez-vous, montagnes !
Levez-vous, vallons !
M’empêchez de voir,
Ma mie Jeanneton…

Ligorgnots

Rossignol, 1901 : Limousins. Presque tous les ligorgnots sont garçons maçons.

Limousin

d’Hautel, 1808 : Un gros Limousin. Un gros garçon bien lourd, bien épais.
Manger du pain comme un Limousin. Signifie manger beaucoup de pain.

Delvau, 1866 : s. m. Maçon, — dans l’argot du peuple, qui sait que les castors qui ont bâti Paris et qui sont en train de le démolir appartiennent à l’antique tribu des Lémovices.

Rigaud, 1881 : Maçon, gâcheur de plâtre.

France, 1907 : Maçon. La plupart des maçons de Paris sont des Limousins.

Limousine

Vidocq, 1837 : s. m. — Plomb.

Delvau, 1866 : s. f. Blouse de charretier.

Delvau, 1866 : s. f. Plomb, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Plomb en feuille ; toit en plomb.

La Rue, 1894 : Plomb en feuille.

France, 1907 : Blouse de charretier.

France, 1907 : Plomb en feuille appelé aussi gras-double, saucisson.

Limousiner

Delvau, 1866 : v. a. et n. Bâtir des maisons.

Rossignol, 1901 : Le maçon qui fait le gros d’une construction limousine ; c’est un Limousin limousinant.

France, 1907 : Bâtir.

Limousineur

Vidocq, 1837 : s. m. — Couvreur qui vole le plomb garnissant les toits.

Delvau, 1866 : s. m. Voleur de plomb sur les toits.

Rigaud, 1881 : Voleur de plomb en feuille, de toitures en plomb.

La Rue, 1894 : Voleur de plomb sur les toits. V. Gras-double.

France, 1907 : Voleur de plomb sur les toits. On dit aussi voleur au gras-double.

« On donne le nom de voleurs au gras-double ou de limousineurs à des ouvriers couvreurs qui volent le plomb des couvertures, ou coupent de longues bandes avec de bonnes serpettes, puis l’aplatissent et le serrent à l’aide d’un clou. Ils en forment ainsi une sorte de cuirasse qu’ils attachent, à l’aide d’une courroie, sous leurs vêtements. » (Petit Journal.) De là le nom de limousineur qui compare ces vêtements de plomb aux gros manteaux nommés limousines.

(Lorédan Larchey)

Limousineurs

Larchey, 1865 : « On donne le nom de voleurs au gras double ou de limousineurs à des ouvriers couvreurs qui volent le plomb des couvertures, en coupent de longues bandes avec de bonnes serpettes, puis l’aplatissent et le serrent à l’aide d’un clou. Ils en forment ainsi une sorte de cuirasse qu’ils attachent à l’aide d’une courroie sous leurs vêtements. » — Petit Journal. — Allusion à leurs vêtements de plomb, non moins imperméables que les gros manteaux nommés limousines.

Limousinier

Virmaître, 1894 : Voleur de tuyaux de plomb dans les maisons en construction. Il se nomme également voleur de gras double, parce que les feuilles de plomb ou de zinc roulées ressemblent aux rouleaux de tripes que l’ou voit à l’étalage des tripiers (Argot du peuple).

France, 1907 : Entrepreneur de maçonnerie, appelé ainsi des maçons, presque tous Limousins.

Lipette, limousinant

Rigaud, 1881 : Maçon qui pose les moellons et fait les murs.

Lipette, lipète

France, 1907 : Maçon, Limousin.

— Et quels gens habitent ce taudis ?
— Un peu de toutes sortes. Des mendiants, des vagabonds, des lipètes et des bigorniaux, c’est-à-dire des Limousins et des Auvergnats…

(Louis Barron, Paris étrange)

J’en ai eu deux : deux saligauds,
Deux tant’s, deux filous, deux fagots,
Deux vach’s, deux cochons, deux tapettes,
Qui gueulaient… qui m’foutaient des coups
Quand j’m’ach’tais eun’ robe d’cent sous,
Le lend’main d’la paye aux lipettes.

(Aristide Bruant)

Maison à Uzerche château en Limousin

France, 1907 : Uzerche est une petite ville de la Corrèze, actuellement chef-lieu de canton. Elle était fort importante autrefois et passait pour la seconde ville du bas Limousin. Située sur une colline escarpée au pied de laquelle coule le torrent de Vézère, on la disait presque imprenable, d’autant que chaque maison paraissait comme une petite citadelle, de là le dicton : Qui a maison à Uzerche a chasteau en Lymousin.

Mastardier

Virmaître, 1894 : Faire le mastar au gras double (Argot des voleurs). V. Limousinier.

France, 1907 : Voleur de plomb.

Meûnier

d’Hautel, 1808 : Il n’y a rien de plus hardi que la chemise d’un meûnier. Parce que, dit-on, elle prend tous les matin un larron au collet.
D’évêque il est devenu meûnier. Se dit d’une personne à qui les circonstances ont été défavorables, et qui, d’une haute condition, est tombée dans une médiocre.

Vidocq, 1837 : s. m. — Les Limousineurs nomment ainsi le receleur qui leur achète le plomb qu’ils volent sur les toits. Je suis le seul, peut-être, qui ait fait aux Limousineurs une guerre ouverte et incessante. Aidé des conseils d’un entrepreneur de couverture, aujourd’hui magistrat consulaire, je pus mettre sous la main de la justice plusieurs centaines de Limousineurs.
Un individu nommé Bellement, l’un des Meûniers les plus connus, fixa mon attention ; je m’introduisis avec quelques agens dans son arrière-boutique, et à neuf heures du soir vingt-huit Limousineurs, nantis de plomb volé, étaient en mon pouvoir.
Les couvreurs qui font la Bête ou la Limousine, c’est-à-dire qui volent le plomb des couvertures, en coupent de longues bandes avec de bonnes serpettes, puis ils l’aplatissent et le serrent à l’aide d’un clou ; le garçon couvreur est ordinairement chargé, par le compagnon, de sortir le chopin du chantier, ce qu’il fait en l’attachant sur son ventre à l’aide d’une courroie.

Nisco

M.D., 1844 : Non.

France, 1907 : Non ; du vieux français nis, pas un ; en allemand, nicht.

Elle allait, il est vrai, lui faire visite presque chaque soir, lorsqu’il était de séjour à Paris, et cet auguste personnage daignait alors lui octroyer assez fréquemment la permission de passer la nuit sous son toit, l’admettre aux honneurs de sa couche ; mais, de vie commune, de collage, nisco ! pas de ça, Lisette.

(Albert Cim, Demoiselles à marier)

Et tu m’abandonnes pour cette Limousine, pour cette paysanne, pour ce paquet ?…
— Je t’aime toujours.
— Oui, tu aimes mon chic, ma distinction, la manière dont je porte la toilette, mais Francisquine, mais la femme ? Nisco !…

(Dubut de Laforest, Angela Bouchaud)

Olivier de savetier

Delvau, 1866 : s. m. Navet, — dans l’argot des faubouriens, qui font sans doute allusion à l’huile qu’on extrait de la navette, un Brassica napus aussi, mais oleifera.

Virmaître, 1894 : Navet. Comme ils sont économes pour la plupart, ils se servent de l’huile de navette qui se vend bon marché pour assaisonner leur salade. C’est exactement la même chose que pour les pommes de terre ; on dit des oranges de limousins (Argot du peuple).

Orange à cochon

Rigaud, 1881 : Pomme de terre. La variante est : Orange de Limousin.

Orange à cochons

Delvau, 1866 : s. f. Pomme de terre, — dans l’argot des voleurs, qui apprennent ainsi aux gens honnêtes et ignorants qu’avant Parmentier le savoureux tubercule dont nous sommes si friands aujourd’hui, pauvres et riches, était abandonné comme nourriture aux descendants du compagnon de saint Antoine. Le peuple dit Orange de Limousin.

Oranges à cochon

France, 1907 : Pommes de terre. On les donnait en effet autrefois aux cochons, et ce préjugé était tel que les paysans seraient plutôt morts de faim que de goûter à ce tubercule, interdit par les prêtres.

Par les villes, par les hameaux,
Après la parole bénite,
Pendant deux cents ans les pourceaux
Mangeaient seuls la pomme maudite.
Si bien qu’on vit les paysans
Brouter l’hiver l’herbe gelée,
Tandis qu’au milieu de leurs champs
Restait la pomme ensorcelée.

(Charles Jodet)

On dit aussi oranges de Limousin.

Riquiqui

Larchey, 1865 : Eau-de-vie.

Tiens ! pour te guérir, je t’apporte une goutte de riquiqui.

(La Femme comme on en voit peu, ch., 1789)

Delvau, 1866 : adj. et s. Chose mal faite ou de qualité inférieure, — dans l’argot des ouvrières. Avoir l’air riquiqui. Être ridiculement habillée, ou n’être pas habillée à la dernière mode. Je ne suis pas bien sûr que ce mot ainsi employé ne soit pas une contrefaçon de Rococo.

Delvau, 1866 : s. m. Eau-de-vie de qualité inférieure, — dans l’argot des ouvriers.

Rigaud, 1881 : Eau-de-vie.

La Rue, 1894 : Eau-de-vie. Chose mal faite ou mauvaise.

Virmaître, 1894 : Mauvaise eau-de-vie. Riquiqui est généralement employé peur peindre quelque chose de mesquin, de petit, d’étroit.
— Son esprit est comme sa taille, c’est riquiqui.
— Ah ! Regardez-moi cette toilette, est-elle assez riquiqui ?
Il existait jadis une liqueur appelée riquiqui ; on ne la connaît plus (Argot du peuple).

France, 1907 : Eau-de-vie. Dans le parler du Centre, c’est le petit verre de liqueur ou de brandevin que l’on prend après le repas. Dans le Limousin et le Béarn, on dit requiqui.

On était en 92. La marchande lut sur un placard que la France demandait « de l’homme ». Ça ne traîna pas ! Le pantalon d’un mort, un chapeau à plumes, le tonnelet de riquiqui, un coup de poing sur le cœur pour le faire descendre au ventre, et, fier de sa conquête, le cuirassier l’entraîna. Elle avait cinquante-sept ans.

(Georges d’Esparbès)

Rocmane

France, 1907 : Redingote, paletot. Germanisme employé dans les campagnes du Centre, de rock, habit et mann, homme, et qui date du séjour des prisonniers allemands dans ce pays en 1794. En Limousin, rocomaouno.

Truffe de savetier

Delvau, 1866 : s. f. Marron.

Rigaud, 1881 : Marron. Une dinde aux truffes de savetier.

Virmaître, 1894 : Des marrons. Le marron remplace la truffe chez le savetier, comme la pomme de terre remplace l’orange pour le Limousin (Argot du peuple).

France, 1907 : Marrons ; argot populaire.

Uzerche (maison à), château en Limousin

France, 1907 : La situation naturellement fortifiée d’Uzerche, autrefois la seconde ville du bas Limousin, située sur une colline escarpée au pied de laquelle coule la Vézère, a donné lieu à ce vieux dicton.


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