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Chat, chatte

Delvau, 1864 : Nom que les femmes donnent à la divine cicatrice qu’elles ont au bas du ventre, — à cause de son épaisse fourrure, et aussi parfois à cause des griffes avec les quelles elle déchire la pine des honnêtes gens qui s’y frottent.

Elle aime tous les rats
Et voudrait, la Lesbienne,
Qu’à sa langue de chienne
Elles livrent leurs chats.

(Joachim Duflot)

Chipette

Vidocq, 1837 : s. f. — Tribade.

Delvau, 1866 : s. f. Lesbienne, — dans l’argot des voleurs, qui ne connaissent pas le grec, mais dont les ancêtres ont connu le rouchi.

Delvau, 1866 : s. f. Rien ou peu de chose, — dans l’argot du peuple.

France, 1907 : Bagatelle. Employé surtout dans ce sens : « Ça ne vaut pas chipette. »

France, 1907 : Lesbienne.

Emproseur

Vidocq, 1837 : s. m. — Pédéraste.

Delvau, 1866 : s. m. Lesbien, — dans l’argot des voleurs.

La Rue, 1894 : Le troisième sexe.

Virmaître, 1894 : Variété de pédéraste (Argot des voleurs).

France, 1907 : Pédéraste.

Fleur du mal

Delvau, 1866 : s. f. Femme à propos de laquelle on peut dire ce que, dans une de ses épigrammes, Martial dit d’une nommée Bassa, chez laquelle on ne voyait jamais venir d’hommes : Hic ubi vir non est, ut sit adulterium.
Fleur du mal
est une expression toute moderne ; elle appartient à l’argot des gens de lettres depuis l’apparition du volume de poésies de Charles Baudelaire.

France, 1907 : Lesbienne. Le mot a été mis à la mode par Charles Baudelaire qui consacra aux émules de Sapho plusieurs poèmes dans un volume intitulé Fleurs du mal. Dans un de ses chants il apostrophe ainsi les Lesbiennes :

Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l’enfer éternel !
Plongez au plus profond du gouffre où tous les crimes,
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,
Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d’orage ;
Ombres folles, courez au but de vos désirs ;
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.

Fricarelle

France, 1907 : Lesbienne ; du latin fricare, frotter.

Gougnotte

Delvau, 1864 : « Fille ou femme qui abuse des personnes de son sexe », dit M. Francisque Michel — qui, par pudeur, manque de clarté ; la gougnotte est une fille qui ne jouit qu’avec les filles, qu’elle gamahuche ou qui la branlent ; une gougnotte préfère Sapho à Phaon, le clitoris de sa voisine à la pine de son voisin.

Delvau, 1866 : s. f. « Femme ou fille qui abuse des personnes de son sexe, — d’où le verbe gougnotter, » dit Francisque Michel. On dit aussi Gusse.

La Rue, 1894 : Lesbienne, disciple de Sapho. Femme dégradée qui recherche les individus de son sexe. Synonymes : Gusse ou gousse, magnuce, chipette, puce travailleuse ponifle, satin, etc.

Virmaître, 1894 : Femme qui déteste les hommes et qui a des mœurs à part. On dit aussi gousse (Argot des filles). V. Accouplées.

France, 1907 : Créature adonnée au vice qui rendit les Lesbiennes célébres ; on dit aussi gousse.

Les personnes qui ont vu les choses de près sont unanimes à déclarer que, dans les lupanars de la plus haute classe, l’espèce des marlous jouant le rôle d’amants des pensionnaires est totalement inconnue, et que toutes les filles, sans exception, sont des tribades ; c’est le nom qu’on donne aux femmes qui se signalent par cette passion contre nature ; on dit aussi gougnottes, mais en style familier.

(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)

Sur sa lèvre un sourire essayant d’être acerbe
Passe niaisement rêveur ;
Une gougnotte, en ce tambour-major imberbe,
Seule trouve quelque saveur.

(A. Glatigny, Joyeusetés galantes)

L’autre soir, deux cocottes de grande marque se sont prises au chignon dans un cabaret de nuit.
Et savez-vous la cause de cette bataille ? Vous croirez peut-être que ces dames se sont battues pour un jeune homme brun ou blond, ou bien pour un « boïard » enlevé par l’une des deux à sa camarade ?
Nullement. La cause en est beaucoup plus compliquée. Ces dames sont amoureuses, toutes deux, d’une blonde enfant pleine de charmes qui s’appelle Jeanne.
La petite Jeanne, qui n’a aucun goût pour visiter Lesbos, envoya promener ses aspirantes peu platoniques, ce qui ne les a pas empêchées de se jeter des carafes sur la tête et de se crier l’une à l’autre : « Oui, tu n’es qu’une g… ! »

(Gil Blas)

Gousse

Larchey, 1865 : Voir Gougnotte. — Mot à mot chienne.

Rossignol, 1901 : Tribade. On dit aussi vrille, gougniotte, marchande d’ail.

France, 1907 : Lesbienne ; du vieux mot gousse, chienne.

Gusse

France, 1907 : Lesbienne. Voir Gousse.

Jeu renouvelé des grecs

Delvau, 1864 : La pédérastie, qui était le vice de Socrate ; ou le gougnottisme, qui était le vice de Sapho.

Socrate et Sapho la Lesbienne
Ont eu des goûts assez suspects :
Tous les jours en France on ramène
Leurs jeux renouvelés des Grecs.

(Collé)

Lesbien

Delvau, 1866 : s. m. Ce que les voleurs anglais appellent un gentleman of the back-door. Argot de gens de lettres.

France, 1907 : Sodomite.
On disait autrelois lesbin, ainsi qu’on le voit dans le passage suivant de Dictionnaire de Le Roux : « Lesbin, pour dire un jeune homme qui sert de succube à un autre et qui souffre qu’on commette la sodomie sur lui. »

Lesbienne

Delvau, 1864 : Femme qui préfère Sapho à Phaon, le clitoris à la pine ; Parisienne qui semble née à Lesbos, « terre des nuits chaudes et langoureuses. »

Elle aime tout les rats,
Et voudrait, la lesbienne,
Qu’à sa langue de chienne
Elles livrent leurs chats.

(J. Duflot)

Delvau, 1866 : s. f. Fleur du mal, et non du mâle.

Rigaud, 1881 : Femme qui suit les errements de Sapho ; celle qui cultive le genre de dépravation attribué à Sapho la Lesbienne.

France, 1907 : Femme on fille adonnée aux plaisirs hors nature, de Lesbos, aujourd’hui Métélin, île de la mer Égée, célèbre dans l’antiquité grecque par la beauté et la corruption de ses femmes.

Magneuse

Delvau, 1866 : s. f. « Femme oui se déprave avec des individus de son sexe, » dit M. Francisque Michel, qui va bien loin chercher l’étymologie de ce mot, — dans lequel il veut voir une allusion malveillante à une communauté religieuse, tandis qu’il l’a sous la main, cette étymologie.

France, 1907 : Lesbienne. Voir Manieuse.

Magnusse, magnuce

France, 1907 : Lesbienne. On dit aussi manieuse ou magneuse. Voir Gougnotte.

Moineau de Lesbie (le)

Delvau, 1864 : Le membre viril — qui est le moineau affectionné de toutes les femmes, excepté des Lesbiennes.

Puce travailleuse

Delvau, 1866 : s. f. Lesbienne, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Femme qui en impose matériellement à son sexe.

Virmaître, 1894 : C’est l’ancienne expression pour désigner les femmes pour femme. C’est dans les maisons de rendez-vous, où il y a des voyeurs (voyez ce mot), que ce travail s’accomplit, à la grande satisfaction des vieux érotomanes qui viennent là, chercher par les yeux un spectacle écœurant pour émoustiller ce qui leur reste de sens. Les femmes qui opèrent dans ces maisons sont payées à la séance (Argot du peuple).

France, 1907 : Lesbienne.

Saphisme

France, 1907 : Vice hors nature, auquel se livrent certaines femmes dépravées, et auquel s’adonnait, dit-on, la poétesse Sapho, à l’exemple des Lesbiennes en général.

Satin

La Rue, 1894 : Tribade. V. Gougnotte.

France, 1907 : Lesbienne. Ce néologisme d’ailleurs peu usité est tiré d’un roman d’Émile Zola, Nana, où une tribade porte le nom de Satin.

Tata

Delvau, 1866 : s. f. Femme plus bavarde que ne le permet son sexe ; belle diseuse de riens ; précieuse ; mijaurée. Faire sa tata. Se donner de l’importance ; être une commère écoutée.

Delvau, 1866 : s. f. Tante, — dans l’argot des enfants. C’est également le mot qu’ils répètent le plus souvent pour appeler leur père. On le retrouve jusque dans les épigrammes de Martial.

Virmaître, 1894 : Les enfants, les petites filles disent de l’une d’elles qui fait des manières :
— Elle fait sa tata.
Dans le monde des équivoques une tata, c’est le passif.
Il existe une chanson sur ce sujet :
C’est nous qui sommes les tatas (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Voir chatte.

France, 1907 : Mijaurée. Faire sa tata, se donner des airs importants.

France, 1907 : Pédéraste passif. Voir Tante.

Pour les tenanciers du Lapin Couronné… les meilleures aubaines arrivaient des « chambres de passe ». Horizontales de grande ou petite marque, pierreuses, lesbiennes et tatas y faisaient mourir voluptueusement des hommes et des femmes, des vieillards et même la jeunesse des lycées et des ateliers.

(Dubut de Laforest, Les Derniers Scandales de Paris)

Dans l’argot des salles d’armes, le mot tata désignait autrefois un ferrailleur. Voir le Dictionnaire philosophique de Voltaire article T.

Vrille

Delvau, 1866 : s. f. Lesbienne, — dans l’argot des souteneurs.

Virmaître, 1894 : Femme pour femme. Pourquoi vrille ? Elle ne perce rien (Argot des souteneurs).

Rossignol, 1901 : Voir gousse.

Hayard, 1907 : Tribade.

France, 1907 : Lesbienne.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique