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Mal blanchi

Larchey, 1865 : Nègre.

Va donc ! mal blanchi, avec ta figure de réglisse.

(Bourget)

Delvau, 1866 : s. et adj. Nègre, — dans l’argot des faubouriens.

Virmaître, 1894 : Nègre. Une plaisanterie populaire très usitée consiste à dire à un nègre :
— Si on te conduit chez le commissaire, je ne te vois pas blanc (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Celui qui a la peau noire.

Hayard, 1907 / France, 1907 : Nègre.

France, 1907 : Sobriquet infamant donné aux députés et aux sénateurs compromis dans des affaires véreuses et avant bénéficié d’une ordonnance de non-lieu. Dans les tripotages du Panama, le nombre des mal blanchis fut considérable. On prétendit que, s’il avait fallu poursuivre, les trois quarts des députés et des sénateurs eussent été mis à Mazas.

Ce serait une injustice historique de méconnaître en Grévy un patron, un précurseur. Certes, avant lui, nous avions eu pas mal de députés et sénateurs pris en flagrant délit de vol ; c’est un risque professionnel ; mais il a créé un genre, le genre des non-lieu.
Comme l’honorable M. Schœlcher fut surnommé « le père des nègres », le peu honorable Grévy peut être dit « le père des mal blanchis ».

(Maurice Barrès, La Cocarde)

Merde (avoir chié les trois quarts de sa)

Rigaud, 1881 : Être vieux et usé, avoir perdu à jamais la santé, être très malade. — Eh ! dis donc, ma vieille, comme t’es décati ! on dirait que t’as chié les trois quarts de ta merde.

Moitié

d’Hautel, 1808 : Il faut en rabattre la moitié. Pour exprimer qu’un récit est exagéré ; qu’il est entremêlé de mensonges.
Moitié chair, moitié poisson. Se dit d’un homme dont on ne peut définir le naturel ; ce qu’il aime ou ce qu’il hait ; ce qu’il veut, ce qu’il ne veut pas.

Delvau, 1864 : Épouse légitime, avec qui l’on ne fait qu’un, grâce au nœud qui sert de trait d’union.

Peters, dis-moi, par amitié,
Pourquoi que l’usage réclame
Qu’à Paris on nomme moitié
Ce qu’au village on nomme femme
— C’est que Paris est un pays
Où se prodiguent tant les dames,
Que là, les trois quarts des maris
N’ont que ta moitié de leurs femmes.

(Ancien Vaudeville — des Variétés)

Delvau, 1866 : s. f. Épouse, — dans l’argot des bourgeois, qui ne disent pas cela avec le même respect que les Anglais disant the better half.

Pion de brasserie

France, 1907 : Vaniteux, gendelettres infatué d’une célébrité gagnée à l’aide d’un mince talent et d’une grosse réclame, qui, assis à une table de café ou de brasserie, régit comme du haut du Parnasse le monde littéraire.

Contentons-nous de plaindre, un peu (il ne faut d’excès en rien), les arbitres de l’esprit national, au monocle implacablement parisien, régents de boulevard et pions de brasserie, inconsolables depuis que la disparition du perron de Tortoni leur a supprimé les trois quarts de leur précaire raison d’être.

(Joseph Montel)

Pistache

Rigaud, 1881 : Légère ivresse. Pincer sa pistache, être légèrement ivre. Pourquoi pistache ? — Est-ce que l’ivrogne de la première heure arborerait les tons verts de la pistache ?

La Rue, 1894 : Ivresse.

Rossignol, 1901 : Celui qui est gai d’avoir un peu bu a sa pistache.

France, 1907 : Saoulerie. Prendre une pistache, s’enivrer.

— Sûr et certain, belle dame, attendu qu’il est rentré ce matin à 8 heures, nanti d’une pistache qui n’était pas ordinaire… Il faisait tant de bouzin que j’ai pénétré dans sa chambre, qui était contiguë à mes appartements particuliers, et il s’est enfin endormi sur sa descente de lit où je l’ai pieusement laissé…

(Simon Boubée)

Pour les trois quarts des ouvriers, un enterrement est, ni plus ni moins, une occasion de prendre un jour de congé, de faire une ballade, et de se flanquer une légère pistache. « On est mieux là qu’en face », dit l’enseigne du mastroquet qui a eu le bon nez de s’installer devant le cimetière ; et chacun de répondre : Allons-y.


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