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Assis (les)

France, 1907 : Les commis aux écritures, employés de bureau, ronds de cuir, culs de plomb, chieurs d’encre.

Oh ! c’est alors qu’il faut plaindre… les malheureux qu’un travail sédentaire courbe sur un bureau… c’est alors qu’il convient de se lamenter sur le sort des assis.

(Richepin, Le Pavé)

Auverpin

Larchey, 1865 : Auvergnat. V. Charabia.

Delvau, 1866 : s. m. Auvergnat, — dans l’argot des faubouriens, qui donnent ce nom à tous les charbonniers et à tous les commissionnaires.

Virmaître, 1894 : Auvergnat. On dit aussi : Auverplum et Bougnat (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Auvergnat ; il y a un mot plus moderne qui est ploume.

France, 1907 : Auvergnat ; argot populaire.

Et là seulement vous trouverez les bals-musette, les vrais, tenus par des Auverpins à la fois mastroquets et charbonniers, hantés par des Auverpins aussi, porteurs d’eau, commissionnaires, frotteurs, cochers.

(Richepin, Le Pavé)

Calicot

Larchey, 1865 : Commis marchand. Mot à mot : vendeur de calicot.

Triple escadron ! le calicot s’insurrectionne.

(P. Borel, 1833)

Delvau, 1866 : s. m. Commis d’un magasin de nouveautés, — dans l’argot du peuple. Le mot date de la Restauration, de l’époque où les messieurs de l’aune et du rayon portaient des éperons partout, aux talons, au menton et dans les yeux, et où ils étaient si ridicules enfin avec leurs allures militaires, qu’on éprouva le besoin de les mettre au théâtre pour les corriger.

France, 1907 : Commis de nouveauté. Cette qualification fut donnée, vers 1816, aux commis marchands de Paris, qui se faisaient remarquer par leur tenue militaire et leurs prétentions. Il parait, en effet, qu’ils portaient des éperons, des bottes à l’écuyère et qu’ils se rendaient de cette façon si ridicules que, dans un vaudeville, Le Combat des montagnes, ils furent mis en scène sous un personnage grotesque, appelé Calicot. Les commis eux-mêmes ont adopté gaiment ce surnom.

Une troupe de calicots
Va pêcher sous le pont d’Asnière ;
Les femmes — robes printanières —
Se parent de coquelicots.
Avec des boîtes d’asticots
Qu’ils portent à leur boutonnières,
Une troupe de calicot
Va pêcher sous le pont d’Asnière.

Eux, poussent des coquericos —
Qu’elles imitent — garçonnières,
Et que répètent, moutonnières,
Des voix répondant en échos…
Une troupe de calicots
Va pêcher sous le pont d’Asnières.

(Jean Ajalbert)

Capouls

Rigaud, 1881 : Coiffure d’homme, à bandeaux en cœur, inaugurée en 1874 par le ténor Capoul, placée sous son patronage et adoptée par les jeunes élégants, les garçons coiffeurs et les commis de magasin qui visent à l’élégance.

Cœur (joli)

France, 1907 : Bellâtre, coqueluche des dames : l’amant d’Amanda. C’est aussi un mot d’amitié dont se servent les travailleuses de nuit :

— Dites donc, joli cœur, vous ne montez pas… je serai bien gentille.

Ils n’y manquaient pas, les jolis cœurs, vous savez, les commis de magasin, les miroirs à farceuses, qui logent le diable dans leur porte-monnaie et ont, quand même, une cravate fraîche.

(François Coppée, Le Journal)

Faire le joli cœur, prendre des mines, rouler des yeux pâmés, débiter des sornettes pour séduire de naïves jouvencelles. Faire la bouche en cœur, sourire amoureusement.

Dans ce qu’on appelle le beau monde, les femmes qui se détestent le plus ne s’abordent jamais qu’en se faisant la bouche en cœur.

Commissaire

Rigaud, 1881 : Petit broc de vin. S’arrêter pour dire deux mots au commissaire, entrer chez le marchand de vin.

France, 1907 : Pinte de vin. Allusion à la robe noire que portaient autrefois les commissaires de police.

Conservatoire

Vidocq, 1837 : Bureaux de commissionnaires près le Mont-de-Piété.
Plusieurs des directeurs de ces bureaux, pour gagner davantage et recevoir une rétribution de l’emprunteur, prêtent souvent, sur les objets qu’on leur présente, un tiers de plus que ce que pourrait prêter le grand Mont-de-Piété, de cette manière l’objet engagé se trouve estimé à sa juste valeur ; les fripons avec lesquels les commissionnaires s’entendent, reçoivent seulement la somme prêtée par le grand Mont-de-Piété, et paient aux commissionnaires complaisans la prime convenue d’avance.
Porteur d’une reconnaissance émanée des bureaux dont je viens de parler, un individu revêtu d’un costume de militaire ou de matelot accoste sur la voie publique un passant auquel il peint sa misère, et offre sa reconnaissance ; il a besoin d’argent pour continuer sa route, et, si le passant se laisse séduire, il la lui vend 10, 15 fr. et quelquefois plus.
Ces escroqueries n’auraient pas lieu si les commissionnaires n’y donnaient pas les mains en prêtant souvent plus que la valeur réelle de l’objet qui leur est présenté, et il cessera sitôt que l’administration voudra bien surveiller de près ceux qu’elle emploie.

Larchey, 1865 : Mont-de-Piété (Vidocq). — On y conserve les objets mis en gage.

Delvau, 1866 : s. m. Grand Mont-de-piété, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Mont-de-Piété. Le conservatoire des bardes et autres.

France, 1907 : Mont-de-piété. On y conserve en effet si bien les objets que souvent le propriétaire ne les revoit plus.

Danser (ne pas savoir sur quel pied)

France, 1907 : Être embarrassé, ne savoir que faire.

Chaque préfet de police apporte des idées nouvelles, un caractère différent, des plans qui anéantissent tout ce qu’a créé son prédécesseur, et que son successeur mettra de côté comme absurdes. Que d’innovations n’avons-nous pas vu annoncer comme des merveilles, et que ont été reconnues comme impraticables, dès les premiers essais : les commissaires de nuit, les visites de postes, etc. ! Tous les deux ans, cette malheureuse administration est obligée de se métamorphoser de fond en comble… On ne sait jamais, comme on dit, sur quel pied danser.

(Hogier-Grison, Le Monde où l’on flibuste)

Factotum

d’Hautel, 1808 : Et plus vulgairement un Michel Morin, entremetteur, celui qui se mêle de tout dans une maison ; et que l’on charge ordinairement de faire les commissions.

Faire la révision

Rossignol, 1901 : Tous les brocanteurs, ou autres marchands, dans les ventes par autorité de justice ou du mont-de-piété, font la révision ; il y en a qui ne font absolument que cela et qui gagnent de l’argent sans avoir de marchandises. Ils sont par groupes de cinq ou six, jamais ils ne poussent les enchères et achètent pour leur compte personnel. Ils sont tellement connus par les commissaires-priseurs que lorsqu’un lot est adjugé à l’un d’eux on ne lui demande pas son nom pour le transcrire sur le procès verbal, La vente terminée, on fait la révision et la marchandise reste au plus enchérisseur d’entre eux ; le surplus qu’a produit la surenchère est à partager entre le groupe. Dans les monts-de-piété, notamment dans la salle de vente des bijoux, il y a plusieurs groupes qui sont toujours les mêmes marchands, qui ont une place attitrée ; chacun prend note de l’objet acheté, du prix et de la valeur approximative. La révision se fait ensuite le plus souvent d’une autre façon que les brocanteurs ; chacun inscrit en cachette, sur un morceau de papier qu’il plie, ce qu’il offre de tout le lot ; chacun dépose son papier, on en fait le dépouillement et le lot reste au plus enchérisseur, et alors chacun touche au prorata de ce qu’il a offert. Cela se passe rarement en présence des commissaires-priseurs qui n’interviennent pas, quoique cela constitue une escroquerie.

Faire un as de cœur

France, 1907 : « Qnelquefois les clients, principalement les étudiants, les jeunes ouvriers et les commis de magasin, se cotisent pour former la somme destinée au paiement d’une seule fille. On réunit le prix de la passe, la sous-maîtresse arrive avec un jeu de cartes, les visiteurs se rangent autour d’une table, et, après avoir battu le jeu et fait couper, la sous-maîtresse distribue les cartes. Celui à qui le hasard décerne l’as de cœur choisit une dame et monte. Cet usage est très courant ; on appelle cela : faire un as de cœur. Les trois quarts du temps, le plus malin de la bande a eu soin, en entrant, de glisser à la dérobée une pièce de vingt sous à la sous-maîtresse ; il peut être certain que c’est à lui que tombera l’as de cœur, et les camarades n’y auront vu que du feu. »

(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)

Fricoter

Delvau, 1866 : v. a. et n. Dépenser de l’argent, le boire ou le manger ; faire la noce ; se régaler.

Delvau, 1866 : v. n. Se mêler d’affaires véreuses ; pêcher en eau trouble.

Rigaud, 1881 : S’amuser ; tripoter à la Bourse, dans le commerce. — Dans le jargon des typographes, c’est le synonyme de chiquer des sortes. — Fricoter de l’argent, dépenser de l’argent.

Boutmy, 1883 : v. a. Prendre des sortes dans la casse de ses compagnons ; synonyme de piller.

Fustier, 1889 : « Les secrétaires, les commis d’état-major qu’on appelle fricoteurs au régiment, sont assis dans une salle au rez-de-chaussée, autour d’une immense table. »

(Constitutionnel, août 1882)

Rossignol, 1901 : Tripoter. Celui qui a la conscience élastique, qui fait argent de tout, fricote ; c’est un fricoteur.

France, 1907 : Faire.

— Nous avons dans le quartier le boulevard Richard-Lenoir, la place de la Bastille et la gare de Vincennes… Mais là, rien à fricoter… C’est plein de femmes, toutes plus méchantes les unes que les autres, qui sont jalouses chaque fois qu’elles en voient une nouvelle, et qui seraient les premières à la « donner » aux agents… Les premières fois, ça finirait par des batteries. Donc, nisco… D’autant plus que le public n’est pas fameux : des types du faubourg, des artilleurs de Vincennes ou des poivrots… Ça vaut pas la peine qu’on se dérange, et faut laisser ça aux Marie-sans-dents. T’es trop jolie et trop jeune pour eux.

(Oscar Méténier, Madame la Boule)

France, 1907 : S’amuser en noces et festins, boire et manger dans les gargotes.

Gaudissart

France, 1907 : Hâbleur, amusant loustic, d’après le célèbre roman de Balzac qui a pour héros un commis-voyageur de ce nom. Dans le vieux français ou trouve gaudisserie, farce, bouffonnerie, folâtrerie, du latin gaudere, s’amuser, se réjouir. Ce type ne se rencontre plus guère qu’au fond de quelque province. « Les hommes de ma génération, dit Jean Richepin, en ont contemplé encore quelques exemplaires vivants ; mais nous serons les derniers à l’avoir ainsi connu en chair et en os, et désormais l’illustre Gaudissart n’existe plus qu’en effigie dans le prodigieux musée ethnologique de la Comédie humaine. Immortel chez Balzac, Gaudissart, partout ailleurs, est mort…
C’est que les commis-voyageurs d’aujourd’hui non seulement se sont transformés, mais ont à cœur qu’on s’aperçoive de leur transformation. Eux-mêmes font en quelque sorte la police de leur dignité et ne souffrent pas qu’un d’entre eux, mauvais plaisant ou imbécile, les déconsidère. Ils sont une corporation qui a sa valeur, qui le sait et qui tient à ce qu’on le sache. Et ils n’ont pas tort. »

Il débita tout cela d’une haleine, non du ton d’un commis-voyageur, d’un Gaudissart qui fait valoir la marque de la maison pour laquelle il travaille, mais du ton important de quelqu’un qui débite des vérités qu’il faut écouter, et qui sont sérieuses, et sans lesquelles le monde s’en irait dans la débâcle.

(Félicien Champsaur)

Ces Gaudissarts, comme disent quelques orléanistes cléricaux et repus, tournent, paraît-il, aux idées socialistes et ne se gênent pas pour blaguer partout les cocasses doctrines économiques du périmé Paul Leroy-Beaulieu.
Comme tous ceux qui voyagent beaucoup, qui voient sans cesse une foule de gens nouveaux et qui comparent, les voyageurs de commerce sont, en général, fort intelligents, et rien n’est plus naturel que de les entendre prôner les idées de justice sociale.

(Alphonse Allais)

Gomme (la)

Rigaud, 1881 : Manière d’être, état, genre du gommeux. Classification des élégants surnommés gommeux. Il y a la haute et la petite gomme. Les commis de magasin, les seconds clercs de notaires, les collégiens en rupture de bancs… de collège, qui veulent singer les gommeux du High-Life, font partie de la petite gomme.

France, 1907 : Le monde élégant. Ce mot signifiait autrefois excellence et n’était guère employé qu’en parlant des vins.

Mais non pas d’un pareil trésor
Que cette souveraine gomme.

(Parnasse des Muses)

L’Alcazar d’Hiver avait été adopté par la gomme ; dans les loges, les baignoires, en un décor vaguement mauresque, ce n’étaient qu’horizontales et entre-bâillées, toutes les fétarles que nous fêtons encore aujourd’hui (c’est pourquoi je propose pour elles ce nom : les immortelles). Ce n’étaient que boulevardiers en habit, cravate blanche, fleur à la boutonnière ; une fois par semaine, il tenait là ses assises, le chic, le copurchic, le pschutt, le gratin, le v’lan, le flan…
Sur la scène un défilé de femmes… des grosses, des maigres, des brunes et des blondes, des châtaines et des rousses ; elles égrenaient un chapelet de naïvetés lamentables et de turpitudes sanieuses.

(Le Journal, La Vie parisienne)

Puis, les fameuses de la gomme,
Passant tout le jour à chercher,
Ainsi que Diogène… un homme
Avec qui l’on va se… cacher.

(Jacques Rédelsperger, Nos ingénues au Salon)

Gousse ou goussepin

d’Hautel, 1808 : Sobriquet que l’on donne ordinairement à un petit polisson, à un enfant d’humeur dissipée, qui ne fait que jouer dans les rues.
On donne aussi ce nom, par mépris, à celui qui dans une maison est chargé de toutes les commissions ; à un homme de fort basse extraction.

Haus

Delvau, 1866 : s. m. Nom que les commis de nouveautés donnent à toute personne qui entre dans le magasin, y marchande plusieurs choses, et s’en va sans rien acheter.

Haüs

France, 1907 : Sobriquet que les commis de nouveautés donnent à toute personne qui entre dans le magasin, fait déballer des paquets d’étoffes, marchande et s’en va sans rien acheter.
Ce mot relevé par Alfred Delvau est tombé en désuétude et la génération actuelle des « calicots » l’ignore. Il était usité vers la fin de l’empire. On avait même appliqué ce vocable à certains articles de rebut que l’on offrait aux clients difficiles. Une personne se présentait-elle et, après avoir longtemps tâtonné, se préparait-elle à partir sans rien acheter, le chef de rayon intervenait :
« Je vois ce que Madame veut », disait-il. Et faisant signe à un commis ou un garçon de magasin : « Allez donc chercher les dernières nouveautés, l’article haüs. » L’autre rapportait alors les vieux fonds de magasin, les articles passés de mode, les « rossignols » invendables que l’on étalait sous les yeux de la cliente, laquelle finissait alors par se décider et payer fort cher des objets de rebut.
D’après Timmermans, haüs ou aüs viendrait du verbe anglais to oust, évincer, d’où nous avons fait houste, interjection dont on se sert pour chasser les chiens. Dans haüs, on appuyait surtout sur le sifflement de l’s qui marque le bruit du vent, du souffle qui passe : « Va-t’en vite, file comme le vent. » Ce mouvement vif s’exprime en allemand par Husch !

Horresco referens

France, 1907 : Locution latine tirée de l’Énéide de Virgile et passée en dicton dans notre langue. Littéralement : « Je frémis rien qu’en le racontant. »

En Allemagne et en Angleterre, il y a des examens qui ressemblent à s’y méprendre à notre baccalauréat et on ne parle pas d’y renoncer. Seulement, et c’est là le grand point, il y a infiniment moins de bacheliers en Allemagne et en Angleterre qu’en France. L’Allemagne et l’Angleterre sont des pays où il y a des bacheliers, où l’on peut être bachelier ; la France est un pays où l’on ne peut pas ne pas être bachelier : voilà ce qui nous tue.
Il faut être bachelier non seulement pour être avocat, ou médecin, ou professeur, ce qui serait excellent, mais pour être officier en passant par Saint-Cyr, pour être expéditionnaire dans un bureau ; les juges, les avocats, les commis, les inspecteurs, les ingénieurs, les sous-lieutenants, tous bacheliers.
Il en résulte deux conséquences inégalement fâcheuses : la première, c’est que le niveau de l’examen s’abaisse et qu’il se glisse de temps à autre, horresco referens ! un parfait ignorant, âne bâté dans l’immense troupeau des bacheliers ; — et la seconde, beaucoup plus grave, c’est que nous sommes encombrés de bacheliers à qui il faut une place parce qu’ils savent un peu de latin.
Il semble que la société, qui leur a donné un diplôme, doive aussi leur donner des appointments. Elle fait ce qu’elle peut pour cela ; elle s’exténue à créer des pensionnaires inutiles.

(Le Gaulois)

Lampion rouge

Fustier, 1889 : Poste de police. Allusion aux réverbères à vitres rouges qui indiquent les postes et les commissariats de police.

France, 1907 : Poste de police.

Ligne (faire la)

Rigaud, 1881 : Aux heures de la journée où les clientes sont rares, les commis en nouveautés se partagent, à tour de rôle, la vente ; c’est ce qu’ils appellent faire la ligne.

Marmotte

Ansiaume, 1821 : Cassette.

J’ai décarré avec la marmotte.

Delvau, 1864 : Le con, — qui ne dort jamais. — Allusion au poil d’une motte bien garnie.

Un soir, ma sœur me dit : Si nous étions dans le même lit, tu pourrais faire entrer ta petite broquette qui est toujours raide dans la bouche de ma petite marmotte que tu aimes tant.

(Anti-Justine)

Delvau, 1866 : s. f. Boîte ou carton d’échantillons, — dans l’argot des commis-voyageurs.

Delvau, 1866 : s. f. Madras que les femmes du peuple se mettent sur la tête pour dormir.

Rigaud, 1881 : Boîte de placier. Boîte où les commis voyageurs mettent les échantillons.

Rigaud, 1881 : Femme, — dans le jargon des souteneurs ; par altération de marmite.

Virmaître, 1894 : Madras que les marchandes portent encore sur la tête en guise de coiffure. Marmotte : diminutif de marmite.
— Tu n’es qu’une sale marmotte (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Femme qui se prostitue.

France, 1907 : Boîte de commis placier. Allusion aux boîtes où les petits Savoyards enferment leur marmotte.

France, 1907 : Mouchoir de coton ou de soie que les femmes de certaines campagnes et les marchandes des rues portent sur la tête.

Coiffée d’une simple marmotte, un fichu sur les épaules, les seins bombés, la croupe rebondie, elle était plus charmante ainsi que les belles dames avec leurs chapeaux à plumes et leurs manteaux de velours.

(Les Propos du Commandeur)

Ménage à la colle

Fustier, 1889 : V.Delvau : Mariage à la détrempe.

Les commissaires iront-ils vérifier le désintéressement de 60,000 ménages à la colle qui se cachent dans les faubourgs ?

(Télégraphe, 1882)

Monnaie de singe

Rigaud, 1881 : Payement en grimaces, en plaisanteries. Payer en monnaie de singe.

La Rue, 1894 : Grimace.

Virmaître, 1894 : Une monnaie qui n’a pas cours à la Banque de France, car les garçons de recette n’accepteraient pas des grimaces en paiement (Argot du peuple).

France, 1907 : Grimaces.
D’après les étymologistes, cette expression daterait du temps de saint Louis. Ce roi qui avait toujours besoin d’argent, comme d’ailleurs tours les monarques, rendit une ordonnance d’après laquelle tous les animaux introduits dans Paris devaient acquitter un certain droit. Les saltimbanques et les montreux de bêtes exotiques, gens peu cossus d’ordinaire, cherchaient à esquiver cet impôt, et comme généralement ils avaient tous un ou plusieurs singes, ils s’arrêtaient aux barrières et faisaient danser et gambader leurs bêtes devant les commis du fisc, qui, pour les récompenser de ce spectacle gratis, les laissaient passer sans payer.
D’autre part, on cite un tarif de saint Louis qui règle les droits de péage des singes à l’entrée de Paris, ainsi conçu : « Si le singe appartient à un joueur, celui-ci le fera jouer devant le péager qui sera tenu de se contenter de cette monnaie » : autrement on payait quatre deniers.
On dit donc de quelqu’un qu’il paye en monnaie de singe, lorsqu’il s’acquitte de ce qu’il doit par des grimaces, des révérences ou des promesses.

Mort

d’Hautel, 1808 : La mort n’a pas faim. Se dit par pitié et par mépris en parlant d’une personne réduite à la dernière misère, ou pleine d’infirmités, et qui vit cependant malgré toutes ces vicissitudes.
Mourir de sa belle mort. Mourir de mort naturelle.
Avoir la mort dans l’ame ; entre les dents ; sur le bord des lèvres. Être dans un mauvais état de santé, être à l’agonie.
La mort fera un triste repas. Se dit d’un malade maigre et décharné.
Il est bon pour aller chercher la mort. Se dit d’un musard, d’un lambin, d’un homme qui est très long dans toutes les commissions qu’on lui donne.

d’Hautel, 1808 : Les morts ont toujours tort. Pour dire qu’on excuse toujours les vivans aux dépens des morts.
Il a la gueule morte. Se dit d’un fanfaron, d’un médisant, d’un grand parleur à qui il est arrivé quelque mortification.

Delvau, 1866 : s. m. Partner imaginaire à qui l’on réserve des cartes comme s’il était vivant, — dans l’argot des joueurs de whist et de mistigri. Faire un mort. Jouer le whist à trois personnes, en découvrant le jeu de la quatrième — absente. Prendre le mort. Changer les cartes qu’on vous a données, et qu’on trouve mauvaises, contre celles réservées au partner imaginaire.

Rigaud, 1881 : Condamné, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Enjeu augmenté après coup par le procédé de la poussette. (L. Larchey)

Fustier, 1889 : Malade. Argot des élèves de l’École de Saint-Cyr. Se faire porter élève-mort.

Payer en monnaie de singe

France, 1907 : Saint Louis avait toujours besoin d’argent : il rendit une ordonnance soumettant à un droit de péage tout animal entrant dans Paris. Les bateleurs qui presque tous possédaient des singes pour amuser le public dans leurs parades, cherchèrent naturellement à esquiver ce nouvel impôt. Ils s’arrêtaient donc aux barrières et faisaient danser et grimacer leurs singes devant les commis du fisc, qui, pour les récompenser de ce spectacle, les faisaient passer sans payer. Cet usage était tellement enraciné que Louis IX établit un tarif réglant à ce sujet les droits de péage : « Si le singe est à un joueur, celui-ci le fera jouer devant le péager, qui sera tenu de se contenter de cette monnaie x» ; au cas contraire, il payait 4 deniers.
On dit donc de quelqu’un qu’il paye en monnaie de singe lorsqu’il s’acquitte de sa dette par des grimaces, des révérences et des promesses. Une vieille coutume existait en Normandie par laquelle on pouvait défrayer son hôte par un conte ou une chanson :

Usages est en Normandie
Que qui hébergiez est qu’il die
Fable ou chanson die à son oste :
Cette coutume pas n’en oste
Sire Jehan de Chapelain.

(Jean le Chapelain)

Pilier de boutanche

Vidocq, 1837 : s. m. — Commis de magasin. Il faut le dire, puisque l’expérience l’a prouvé, beaucoup de commis volent leur patron, et de mille manières différentes ; Indiquer leurs ruses et les moyens de les combattre, ce sera, du moins je le pense, rendre aux commerçans et aux commis eux-mêmes un important service.
Beaucoup de commis placés aux rayons des grosses marchandises, volent celles des rayons de leurs camarades, et les sortent du magasin soit dans leur chapeau, soit sous leurs vêtemens.
D’autres s’entendent avec des compères auxquels il donnent dix aunes de marchandises lorsqu’ils n’en déclarent que huit à la caisse ; d’autres cachent des foulards, de la dentelle ou d’autres petits articles dans un rouleau d’indienne. S’il est difficile d’acquérir la certitude de la culpabilité des premiers sans s’exposer à blesser la susceptibilité des acheteurs, on peut facilement éclaircir les doutes que les seconds pourraient avoir inspiré. Il ne faudrait, pour cela, que prendre la partie de marchandise qu’ils viendraient de vendre, comme pour la mieux envelopper, et la dérouler sans affectation. Si la personne que l’on croit de connivence avec le commis est une femme, et qu’elle porte un cabas ou un panier, il faut être empressé, complaisant, placer soi-même les paquets dans le cabas ou panier, et laisser à ses yeux le soin d’en inventorier le contenu.
Pour pouvoir accorder une confiance sans réserve aux commis que l’on emploie, il faut connaître leurs fréquentations, leurs habitudes, la fortune de leurs parens, et les sommes qu’ils en reçoivent.
ll est surtout important de savoir s’ils ont des maîtresses, et à quelle classe appartiennent ces femmes, car c’est souvent chez elles que vont s’engloutir les objets volés par les commis. Souvent même elles vendent ce qu’elles ne peuvent employer. Il ne me serait pas difficile de prouver par des faits ce que j’avance ici.
Les marchands de draps ou de soieries et nouveautés envoient souvent chez leurs cliens quelques pièces de marchandises, dans l’espoir de placer quelques articles. Un voleur se donnant la qualité de garçon de magasin, et qui, très-souvent, n’est que l’émissaire de l’homme qui est employé chez le commerçant, se présente le lendemain pour réclamer les marchandises déposées la veille. La plupart du temps on les lui remet sans difficulté.

Delvau, 1866 : s. m. Commis, — dans l’argot des voleurs. Pilier de paclin. Commis voyageur. Pilier du creux. Patron, maître du logis.

France, 1907 : Boutiquier ; argot des voleurs.

Police (se mettre à la)

Rigaud, 1881 : Se faire inscrire sur le registre des filles soumises.

Elle donna ensuite dans les employés, dans les commis, quitta le théâtre par paresse et se mit à la police.

(Paris-vivant, La Fille, 1858)

Premier

d’Hautel, 1808 : Le premier qui entrera sera cocu. Voyez Cocu.

Rigaud, 1881 : Chef de rayon, premier commis de rayon dans un magasin de nouveautés.

C’est le premier, qui les enrôle et les congédie (les commis).

(Eug. Muller, La Boutique du marchand de nouveautés)

Proh pudor !

France, 1907 : « Ô honte ! » Latinisme.

Les commissaires, gens tarés pour la plupart, des avocats sans causes, des bohémiens littéraires, des marchands faillis, et, proh pudor ! — jusqu’à d’anciens forçats — harnachés de gilets à la Robespierre, de chapeaux pointus à rouges panaches et de ceintures tachées de vin, s’étalèrent en poste pour aller, munis de pouvoirs illimités et de quarante francs par jour, sans les tours de bâton, démocratiser et administrer révolutionnairement nos départements stupéfiés.

(Charles de la Varenne)

Rossignol

d’Hautel, 1808 : Rossignol à gland. Pour dire un pourceau, un cochon.
Rossignol d’Arcadie. Et plus souvent roussin d’Arcadie, un âne.

Halbert, 1849 : Haut-bois. On appelle ainsi un outil d’un casseur de porte.

Delvau, 1864 : Le membre viril.

Aussitôt qu’elle eut aperçu
Le rossignol que tenait Catherine.

(La Fontaine)

Larchey, 1865 : « Ce sobriquet de rossignol était donné par les libraires aux ouvrages qui restent perchés sur les casiers dans les profondes solitudes de leur magasin. » — Balzac. — Les marchands de nouveautés donnent le même nom aux étoffes passées de mode.

Larchey, 1865 : Fausse clé.

Après, j’ne manquerai pas de raisons Pour rossignoler les maisons.

(Festeau, 1832)

Delvau, 1866 : s. f. Fausse clé, — dans le même argot [des voleurs].

Delvau, 1866 : s. m. Livre qui ne se vend pas, — dans l’argot des libraires. Marchandise qui n’est pas de bonne défaite, — dans l’argot des boutiquiers.

Rigaud, 1881 : Marchandise défraîchie, passée de mode.

La Rue, 1894 : Fausse clé. Marchandise démodée et depuis longtemps en magasin.

Virmaître, 1894 : Fausse clef (Argot des voleurs).

Virmaître, 1894 : Marchandises défraîchies ou hors de saison. Dans les magasins, les commis qui écoulent les rossignols touchent une prime qui se nomme la guelte (Argot des bourgeois).

Rossignol, 1901 : Fonds de magasin, marchandises défraîchies.

Hayard, 1907 : Fausse clef.

Hayard, 1907 : Marchandise défraîchie.

France, 1907 : Fausse clé.

L’un d’eux fit briller une allumette. Ils se trouvaient dans la cuisine. Ils ouvrirent, à l’aide d’un rossignol, la porte de la salle à manger. Les tiroirs des buffets furent aussitôt allégés de leur argenterie, qui passa dans un sac.

(Yveling-Rambaud, Haine à mort)

France, 1907 : Hautbois.

France, 1907 : Mauvaise marchandise ; objet démodé ou de rebut, reste de magasin.

La tenue des troupes allemandes est d’une correction remarquable. Nous constatons la solidité du fourniment, la coupe des effets, la qualité du drap, etc., etc., et nous nous demandons dans quelles proportions scandaleuses les fournisseurs de notre armée doivent encaisser des bénéfices. Quelle camelotte chez nous que ces havresacs, ceinturons, gibernes, bidons, souliers, casqueittes, etc., hors de service après quinze jours de campagne !… Après cela, rien dans les magasins, et une nation comme la France forcée de demander au monde entier ses rossignols pour habiller, chausser et armer ses soldats. J’entends encore M. Rouher disant avec emphase : « Sire, la France est prête… » Oui, prête pour le sacrifice de son sang et de son honneur militaire.

(Lieut.-colonel Meyret, Carnet d’un prisonnier de guerre)

Sans chagrin ou batteur de dig-dig

Vidocq, 1837 : Des fripons ont jeté leur dévolu sur un joaillier, un bijoutier, un horloger, un marchand de diamans ou de tous autres objets de grande valeur ; ils cherchent à acquérir une parfaite connaissance des êtres de la maison, ils s’attachent à connaître le maître de la maison afin de pouvoir le suivre le jour fixé pour commettre le vol. Les voies bien préparées, un affidé se présente au magasin soi-disant pour faire une emplette importante. Il est, dit-il, de la province, et tantôt il se fait passer pour un domestique, tantôt pour un homme chargé de commissions ; il se fait présenter des marchandises qu’il examine attentivement, qui paraissent lui convenir sous tous les rapports, mais que cependant il n’achète pas, car il reviendra, dit-il, avec son maître ou la personne dont il n’est que le mandataire. Après cette première visite, le fripon rend à ses complices un compte exact de tout ce qu’il a vu, et peu de jours après les voleurs qui doivent opérer se présentent à leur tour chez le marchand qui doit être volé ; ils se font présenter des marchandises, montres, bijoux ou diamans, qu’ils examinent avec attention. Tout-à-coup l’un d’eux affecte de se trouver mal, il demande une chaise, et prie qu’on ouvre les fenêtres afin de renouveler l’air. Les femmes ou les commis qui se trouvent dans la boutique s’empressent d’obéir, ils préparent un verre d’eau sucrée que le malade accepte avec la plus vive reconnaissance, mais qui cependant ne calme point les souffrances qu’il éprouve. Le Batteur de Dig Dig dit qu’il ne peut calmer ces crises, auxquelles il est très-sujet, qu’avec de l’absinthe ; une des personnes du magasin va chercher ce qu’il désire. Le fripon, qui n’a pas plus besoin d’absinthe que d’autre chose, n’en demande pas davantage ; pendant ce temps tout le monde s’occupe autour de lui, les voleurs, de leur côté, ne perdent pas leur temps, et tandis que personne ne les remarque, ils font main basse sur tous les objets qui se trouvent à leur portée ; lorsque le vol a été consommé, le Batteur de Dig Dig, qui a été averti par un signe de ses camarades, et qui malgré les soins qui lui ont été prodigués ne va pas mieux, dit qu’il a besoin pour se remettre d’aller faire un tour et qu’il reviendra ; puis il disparaît accompagné de ses compagnons, et, comme on le pense bien, il ne revient plus.
Tandis que les voleurs dont je viens de parler opèrent, celui qui est venu la première fois marchander des objets qu’il n’a pas achetés, file le malheureux qu’on doit voler, et s’il le voyait revenir du côté de son domicile, il ferait en sorte de l’accoster pour le retenir quelques instans, ou bien, il prendrait les devans afin de prévenir ses compagnons par un grand coup de sonnette.
Dans le courant du mois de novembre dernier, M. Keffer, marchand horloger, rue Jean-Jacques Rousseau, no 18, vint me trouver après avoir été victime d’un vol commis par des Batteurs de Dig Dig, et accompagné de toutes les circonstances détaillées plus haut. Deux jours après la visite du sieur Keffer, j’étais parvenu à découvrir les coupables, qui furent mis immédiatement entre les mains de la justice.
Il est malheureux d’être forcé de recommander de ne se montrer humain qu’à bon escient. Mais les Batteurs de Dig Dig sont en même temps si adroits et si audacieux, qu’on ne saurait prendre de trop minutieuses précautions pour se mettre à l’abri de leurs atteintes.

Surin

Clémens, 1840 : Sabre.

un détenu, 1846 / Halbert, 1849 : Couteau.

Larchey, 1865 : Couteau. V. Chemin.

Les artistes en surin commencent à s’expatrier.

(Delvau)

Delvau, 1866 : s. m. Couteau, — dans le même argot [des voleurs]. Surin muet. Canne plombée ; casse-tête.

Rigaud, 1881 : Couteau. — Suriner, tuer à coups de couteau. — Surineur, assassin qui travaille au couteau. Ce sont des dérivés de suer, suage.

La Rue, 1894 : Couteau. Suriner, tuer à coups de couteau.

Virmaître, 1894 : Couteau. Surin muet : canne plombée ; elle surine sans bruit.

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Couteau.

France, 1907 : Couteau, poignard.

Après dix heures, tous les commissariats sont définitivement fermés jusqu’au lendemain matin… Et c’est à ce moment, quand les filous sortent, quand les filles encombrent le trottoir, quand les escarpes aiguisent leurs surins, que la police ferme sa porte !

(Hogier-Grison, La Police)

Dans c’t’auberge lamentable,
À coups de surins,
On égorge sur la table
De fameux lapins.

(Victor Meusy, Chansons d’hier et d’aujourd’hui)

Tante (ma)

anon., 1827 : Mont-de-piété.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Mont-de-Piété.

Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Mont-de-piété.

Delvau, 1866 : Mont-de-Piété, — dans l’argot des petites dames et des bohèmes qui croient avoir inventé la une expression bien ingénieuse, et qui se sont contentés de contrefaire une expression belge : car au XIIe siècle, dans le pays wallon, on appelait un usurier mon oncle. On dit aussi Casino.

Rigaud, 1881 : Nom donné, plus particulièrement, par les étudiants et les commis, au Mont-de-Piété. Comme l’argent qu’ils retirent d’un gage est presque toujours destiné à une partie de plaisir, c’est ma tante, la femme à mon oncle, qui est censée l’avoir fourni. Les ouvriers qui ne s’adressent à cet établissement que pour pouvoir subvenir aux besoins les plus impérieux, lui ont donné le sombre nom de « clou ».

La Rue, 1894 : Le Mont-de-Piété.

France, 1907 : Le Mont-de-Piété.

— Oui, tout cavale, et moi avec ; les meubles retournent au tapissier qui les reprend pour le dixième de leur valeur ; les robes, sauf une ou deux indispensables, s’en vont chez la marchande à la toilette ; les bijoux en vrai sont placés en famille, chez ma tante, et la reconnaissance est bientôt vendue.

(Jules Davray, L’Amour à Paris)

En somm’, pour un seul créancier
Qui possédait un bon huissier,
Tous deux n’étant guère endurants,
J’dépensai deux cents francs.
Après l’protet, l’assignation,
Pour un dett’ de cinq francs cinquante,
M’fir’nt engager tout Chez Ma Tante,
Après la signification.

(É. Blédort, Chansons du faubourg)

En Angleterre on dit mon oncle (my uncle).

Trimbaleur de piliers de boutanche

Rigaud, 1881 : Filou qui exploite les commis de magasin porteurs de paquets. Après avoir fait une acquisition qu’il doit payer à domicile contre livraison, le trimbaleur de piliers de boutanche se fait accompagner par un commis. Chemin faisant il saura, en usant de ruse, s’approprier la marchandise.

France, 1907 : Voleur qui exploite la crédulité des garçons de magasin.

Trotte-menu

France, 1907 : Petite servante ; qui fait les commissions : expression berrichonne.

En ce temps-là, Mme Sand avait une cuisinière et une petite trotte-menu, amenées de Nohant. La petite trotte-menu se nommait Éléonore ; c’était une fillette bien éveillée qui ne doutait de rien. On faisait un doigt de cour à sa jolie moue, à ses beaux yeux et à ses belles dents ; mais invariablement elle répondait : « Il est trop tard : j’ai donné mon cœur. »

(Arsène Houssaye)

Trottin de modiste

Delvau, 1866 : s. m. Jeune garçon ou jeune fille, domestique ou apprentie, qui va porter les chapeaux et faire les commissions des modistes. Argot des bourgeois. Il y a longtemps que ce mot signifie petit domestique, car Scarron a dit :

Ensuite il appelle un trottin,
Fait amener son guilledin
Orné d’une belle fontange.

Valtreusier

Vidocq, 1837 : s. m. — Voleur de portemanteau, valise et malle.
Les étrangers qui arrivent à Paris par la malle-poste, les diligences ou toutes autres voitures publiques, ne sauraient trop se méfier de ces individus qui ne manqueront pas de venir leur faire des offres de services à leur descente de la voiture, car il est rare qu’il n’y ait parmi eux quelques Valtreusiers. Les Valtreusiers, comme les commissionnaires dont ils ont emprunté le costume, se chargent de porter à l’hôtel les mailles et bagages du voyageur qui a bien voulu les charger de ce soin. Pour se mettre à l’abri de leurs atteintes, il ne faut pas perdre de vue un seul instant celui que l’on a chargé de ses bagages, surtout au détour des rues, et s’il survient un embarras de voitures. Les Valtreusiers connaissent toutes les sinuosités, tous les passages de Paris, aussi ils savent disparaître comme l’éclair.
Si l’on ne veut pas être volé par les Valtreusiers, il ne faut se servir que des commissionnaires spécialement attachés à l’administration des voitures que l’on vient de quitter, ou, ce qui vaut mieux encore, prendre un fiacre.

Delvau, 1866 : s. m. Voleur de valises.

Rigaud, 1881 : Voleur de malles.

Virmaître, 1894 : Voleur de valise. Ce vol est pratiqué sur une grande échelle dans les salles d’attente des gares de chemins de fer. Il est des plus simples : Le valtreusier a une valise à la main qui paraît gonflée ; pour compléter son apparence de voyageur, il porte une couverture de voyage. Il se promène ayant l’air indifférent, mais en réalité il guigne un voyageur assis à côté d’une valise respectable. Sans affectation, il s’assied à ses côtés et engage la conversation. Au moment de prendre un billet, le voyageur se dirige vers le guichet et laisse sa valise à la garde de son compagnon ; aussitôt celui-ci se lève, change de valise et s’en va tranquillement. Neuf fois sur dix, le volé ne s’aperçoit de la substitution qu’à son arrivée à destination : la valise ne contient en fait de linge que des cailloux (Argot des voleurs).

France, 1907 : Voleur de valises.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique