Manger du prêtre
France, 1907 : Dénoncer en paroles ou en écrits les méfaits du clergé. C’était, il y a quelques années, l’habitude de certains journalistes de manger tous des matins du prêtre. Ils en ont tant donné à manger au public qu’il en a eu une indigestion. Le malaise passé, on y reviendra, car ces Messieurs du clergé nous confectionnent de temps à autre des plats remplis de condiments.
Manger du prêtre doit être évidemment une nourriture aussi répugnante que malsaine. Certains tempéraments cependant en prennent l’habitude et ne s’en trouvent pas plus mal, témoin Voltaire, qui passa le plus clair de son existence à mordre la gent ensoutanée et ne vécut pas moins jusqu’à quatre-vingt-quatre ans.
Il est vrai que le dénommé Mithridate avait longtemps avant lui tellement pris l’habitude des poisons violents, qu’il les absorbait impunément.
(Ch. Perinelle)
Oniomanie
France, 1907 : Il y a des personnes, dit le Cosmos, qui ne peuvent s’empêcher d’acheter tout ce qui les tente : l’un, amateur de vieux livres, dépense pour eux le plus clair de ses revenus ; tel autre aimera les bibelots. Telle femme encombrera ses tiroirs de fourrures ou de dentelles. Lorsque le besoin d’acheter devient absolument impérieux, c’est souvent un premier symptôme de folie, et ce genre de délire se nomme l’oniomanie. Ce néologisme est formé du latin noionem, chose unique, et de manie.
Saint-Lundi
Delvau, 1866 : s. f. Jour choisi chaque semaine par les ouvriers pour aller ripailler aux barrières et dépenser en quelques heures le plus clair de leur gain, celui que la ménagère attend toujours en vain pour faire « bouillir la marmite ». Fêter la Saint-Lundi. Se griser — et même se soûler.
France, 1907 : Saint que l’on fête au cabaret, surtout lorsqu’on a déjà fêté le dimanche.
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