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Bijou

d’Hautel, 1808 : Mon bijou. Nom flatteur et carressant dont on se sert en parlant à un enfant.

Delvau, 1864 : La nature de la femme, pour l’homme ; le membre viril, pour la femme, — deux choses précieuses.

Qu’il soit pauvre, avare ou brutal
Un père du moins donne à sa fille
Pour en jouir, soit bien, soit mal,
Un petit bijou de famille.

(É. Debraux)

Non, je l’avoue ; aussi je te rends grâce,
Lui dit-il, en tirant un vigoureux bijou.

(Vadé)

Répondez-moi, tendres amis des dames,
Si vous me manquiez du plus beau des bijoux.
Par quels moyens, hélàs ! leur plairiez-vous ?

(E.T. Simon)

Delvau, 1866 : s. m. Ornement particulier, — dans l’argot des francs-maçons. Bijou de loge. Celui qui se porte au côté gauche. Bijou de l’ordre. L’équerre attachée au cordon du Vénérable, le niveau attaché au cordon du premier surveillant, et la perpendiculaire attachée au cordon du second surveillant.

Fustier, 1889 : Nom donné, par antiphrase, chez les restaurateurs de Paris, à toutes les dessertes des plats et des assiettes ; c’est le profit des laveurs de vaisselle.

(Journal des Débats, 1876, cité par Littré.)

France, 1907 : Décoration de loge maçonnique. Nom donné dans les restaurants de Paris aux dessertes des tables, profit des laveurs de vaisselle (ceux qu’on appelle plongeurs) quand on ne le sert pas de nouveau aux clients.

Cuistre

d’Hautel, 1808 : Au propre, laveur de vaisselle ; ouvrier chargé des plus bas détails de la cuisine. Au figuré, homme sale et dégoûtant, d’une ignorance grossière.
Fait comme un cuistre. Mal vêtu ; malproprement habillé.

Laveur

Virmaître, 1894 : Complice qui vend aux receleurs les effets volés (Argot des voleurs).

Piquer un arlequin

France, 1907 : Prendre au hasard de la fourchette un morceau quelconque, côtelette ou tête de poisson. L’arlequin est un plat composé de rogatons de toutes sortes, restes des assiettes des clients des restaurants et que les laveurs de vaisselle vendent par seaux à des gargotiers de misérables. « On y trouve de tout, dit Privat d’Anglemont, depuis le poulet truffé et le gibier, jusqu’au bœuf aux choux. » Chaque coup de fourchette dans la marmite, quel que soit le morceau qu’on ramène, coûtait autrefois un sou. Il est probable que depuis la cherté des vivres le prix est augmenté.

Notre littérature a pris le goût des ragoûts épicés, et nous sommes de ces civilisés qui trouvent un plaisir exquis à aller piquer un arlequin dans un bouge.

(Nestor, Gil Blas)

Plongeur

Larchey, 1865 : Misérable, déguenillé (Vidocq). — Allusion au costume primitif du plongeur. V. Paffe.

Delvau, 1866 : adj. et s. Homme misérable, déguenillé, — dans l’argot des voleurs. Celui qui lave la vaisselle, — dans l’argot des cuisiniers.

Rigaud, 1881 : Pauvre, misérable, — dans le jargon des voleurs. — Laveur de vaisselle, — dans l’argot des limonadiers et des restaurateurs.

La Rue, 1894 : Misérable, gueux.

Rossignol, 1901 : Employé qui, dans les cuisines de restaurants, lave la vaisselle.

France, 1907 : Garçon de vaisselle d’un café ou d’un restaurant.

Comment, au prix de quels efforts et de quelle patiente industrie, a-t-il pu, d’abord plongeur, chasseur peut-être, gravir un par un les degrés d’une jalouse hiérarchie, conquérir la veste courte et ceindre le tablier blanc ? Comment son ardente ambition a-t-elle, en six ans, parcouru la distance énorme qui sépare un honorable café de province d’un grand café des boulevards ?

(Paul Arène)

France, 1907 : Misérable, gueux déguenillé ; argot des voleurs.

Souillard

France, 1907 : Laveur de vaisselle, aide de cuisine. Vieux français.

Si l’on en croit la tradition, certains pédants ne trouvant pas toujours le mot propre, farcissent leur latin de mots dérobés à celui des marmitons et des souillards…

(Charles Nisard, Curiosités de l’étymologie)

France, 1907 : Trou percé dans une pierre pour livrer passage aux eaux sales.

Tout

d’Hautel, 1808 : C’est le tout-tout, le petit chien de madame. Phrase facétieuse et triviale, pour dire, que c’est le reste, la totalité d’une chose. Par allusion avec le mot toutou, nom que les enfans donnent aux chiens.
Tout plein. Expression vicieuse pour dire beaucoup, extrêmement, abondamment.
À tout seigneur tout honneur. Se dit lorsqu’on rend les premiers honneurs à qui ils sont dus.
Il fourre son nez partout. Se dit d’un homme indiscret, importun, qui s’entremêle dans toutes les affaires.
Tout fait ventre. Se dit en plaisantant de quelqu’un qui ne se montre pas délicat sur le manger.

France, 1907 : (Prononcez taout). On appelle ainsi, dans le monde des courses, une sorte d’espion généralement très bien renseigné et qui vend ses tuyaux aux parieurs et aux entraîneurs.

Ancien laveur de vaisselle ou ex-frotteur des appartements du château de Chantilly, le tout ou espion est une sorte de champignon spécial aux grands centres d’entraînement ; son métier consiste à lutter de ruses avec les propriétaires et les entraîneurs ; caché derrière les haies, grimpé sur les arbres, déguisé en paysan, il vient surveiller les salops des chevaux entraînés pour les grandes courses.

(F. Laffon, Le Monde des courses)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique