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Artif

Rossignol, 1901 : Pain. On dit aussi Gringue, Gringal, Larton, Brignolet.

Hayard, 1907 : Pain.

Chenu

d’Hautel, 1808 : Au propre, blanc de vieillesse ; on s’en sert au figuré pour exprimer le haut degré de bonté d’une chose quelconque.
Ce vin est chenu. Pour, est bon, exquis, excellent.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Bon, excellent, admirable.

Larchey, 1865 : Bon, exquis. — Le Dictionnaire de Leroux (1718) l’emploie dans ce sens : Voilà du vin chenu. Selon d’Hautel (1808), chenu, signifiant au propre blanc de vieillesse (Roquefort), est appliqué au vin que la vieillesse améliore, et par extension à toute chose de première qualité.

Goujeon, une prise de tabac. — Oui-da, t’nez en v’là qu’est ben chenu.

(Vadé, 1755)

As-tu fréquenté les marchandes de modes ? c’est là du chenu !

(P. Lacroix, 1832)

Delvau, 1866 : adj. Bon, exquis, parfait, — dans l’argot des ouvriers.

La Rue, 1894 : Bon, beau. Chenu reluit : bonjour. Chenue sorgue, bonsoir. Chenument, très bien.

France, 1907 : Excellent ; une chose vieille blanchie par l’âge. Chenu pivois, un vin excellent ; chenu reluit, bonjour ; chenu sorgue, bonsoir. Argot des voleurs. Antithèse de chenoc.

Je lui jaspine en bigorne :
« Qu’as-tu donc à morfiller ?
— J’ai du chenu pivois sans lance
Et du larton savonné. »

(Vidocq)

anon., 1907 : Bon.

Fondier

Ansiaume, 1821 : Suif.

Il faut aussi retirer le larton de fondier.

Jaffe

Ansiaume, 1821 : Soupe.

Le larton savonné rend la jaffe mangeable.

Vidocq, 1837 : s. — Potage, soupe.

(Villon)

Delvau, 1866 : s. f. Soufflet, — dans l’argot du peuple, qui s’assimile volontiers les mots des ouvriers provinciaux transplantés à Paris, et qui a certainement emprunté celui-ci au patois normand.

Rigaud, 1881 : Soufflet, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : Soufflet.

Lartie, lartif, larton

Larchey, 1865 : Pain. — On devrait dire l’artie, l’artif, l’arton. — Au moyen âge, artuit signifiait Repas. V. Roquefort. — Il est à remarquer que /artos/ en grec veut dire Pain — Larton brutal : Pain noir. — Larton savonné : Pain blanc. — brutal est un diminutif de brut. Savonné s’explique de lui-même. V. Tremblant. — Lartonnier : boulanger.

Lartif, larton

France, 1907 : Pain. L’article est fondu avec le nom, pour l’artif, l’arton.
On dit aussi briffe, brigadier, bringué, broule, boule de son, bricheton, pierre dure.

— Ah ! nom de Dieu ! Pas seulement deux ronds pour se foutre sous la dent une lichette de lartif, et dire qu’on a des filles qui traînent leur viande dans des sapins à ressorts !

(Les Joyeusetés du régiment)

Lartif, ou lartille, ou larton

Delvau, 1866 : s. m. Pain, — dans l’argot des voleurs qui ne veulent pas dire artie. Larton brut. Pain bis. Larton savonné. Pain blanc. Lartille à plafond. Pâté, — à cause de sa croûte.

Larton

Ansiaume, 1821 : Pain.

Le larton d’aujourd’hui ne vaut pas le cassant d’hier.

Bras-de-Fer, 1829 / un détenu, 1846 : Pain.

Virmaître, 1894 : Pain (Argot des voleurs). V. Bricheton.

Rossignol, 1901 : Pain.

Larton brut ou brutal

Vidocq, 1837 : s. m. — Pain noir.

Larton brutal

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Pain bis.

Clémens, 1840 : Pain noir.

Halbert, 1849 : Pain bis.

France, 1907 : Pain bis. Brutal est l’augmentatif de brut.

Larton brutale

M.D., 1844 : Pain bis.

Larton savoné

M.D., 1844 : Pain blanc.

Larton savonné

Ansiaume, 1821 : Pain blanc.

Aujourd’hui du larton savonné, du picton d’hôpital et deux piqu’en terre pour la tortillade.

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Pain blanc.

Vidocq, 1837 : s. m. — Pain blanc.

Clémens, 1840 / Halbert, 1849 / France, 1907 : Pain blanc.

Larton, lartif

Rigaud, 1881 : Pain, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : Pain. V. Arton.

Hayard, 1907 : Pain.

Lartonnier

Ansiaume, 1821 : Boulanger.

Le lartonnier a du carle, il faudra le jarriller.

Rigaud, 1881 : Boulanger.

Virmaître, 1894 : Voleur qui a pour spécialité de dévaliser les boutiques de boulangers. Lartonnier est impropre ; on devrait dire lartonneur (Argot des voleurs). N.

Hayard, 1907 / France, 1907 : Boulanger.

Lartonnier, -ère

Vidocq, 1837 : s. — Boulanger, boulangère.

Lartonnier, ière

Delvau, 1866 : s. Boulanger, boulangère.

Piole de lartonnier

France, 1907 : Boulangerie.

Potence

Ansiaume, 1821 : Scélérat.

Tu es une vieille potence, tu as grinchi mon larton.

Delvau, 1866 : s. f. Homme ou femme d’une grande rouerie, qui ne vaut pas la corde qu’on achèterait pour les pendre. On dit aussi Roué comme une potence.

Savon

Larchey, 1865 : Réprimande sévère. On dit de même laver la tête pour réprimander quelqu’un.
Savonné : Blanc. — Ce qui est savonné est blanchi. — Pivois savonné : Vin blanc. V. Douille, Larton.

Delvau, 1866 : s. m. Réprimande, — dans l’argot des domestiques malpropres. Foutre un savon. Gronder, objurguer quelqu’un.

Rigaud, 1881 : Semonce. — Recevoir un savon, être réprimandé. — Flanquer un savon, réprimander.

France, 1907 : Argent payé à l’avocat pour vous blanchir ; argot des voleurs.

France, 1907 : Réprimande.

Savonné

Halbert, 1849 : Blanc.

Rigaud, 1881 : Blanc. — Artie savonné, pain blanc ; pivois savonné, vin blanc, — dans l’ancien argot.

France, 1907 : Blanc. Larton savonné, pain blanc ; argot des voleurs.

Tremblant

Ansiaume, 1821 : Lit.

J’étois dans le tremblant, quand les cognes sont venus.

Vidocq, 1837 : s. m. — Lit de sangle.

Larchey, 1865 : Lit. — On comprend le mot en voyant cet exemple.

J’ai du bon pivois sans lance et du larton savonné, une lourde, une tournante, un tremblant pour rivancher (faire l’amour).

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. m. Lit de sangle, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Lit de sangle, mauvais lit.

La Rue, 1894 : Lit de sangle.

France, 1907 : Lit ; il tremble sous les secousses amoureuses ; argot faubourien.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique