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Escargot

d’Hautel, 1808 : C’est un vrai escargot. Expression fort insultante que l’on applique à un homme mal fait, malbâti, à un sot, à un imbécile.

Vidocq, 1837 : s. m. — Vagabond.

Delvau, 1866 : s. m. Homme mal fait, mal habillé, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi : Vagabond, homme qui se traîne sur les chemins, rampant pour obtenir du pain, et quelquefois montrant les cornes pour obtenir de l’argent.

Rigaud, 1881 : Vagabond. — Lampion, — dans l’ancien argot.

Merlin, 1888 : L’homme et sa tente, en campagne.

La Rue, 1894 : Vagabond, Agent de police.

Virmaître, 1894 : Casquette que portaient les souteneurs avant la david, laquelle fut à son tour détrônée par la casquette à trois ponts (Argot des souteneurs). N.

Virmaître, 1894 : Vagabonds, les habitués des refuges, les gouapeurs des halles, les hirondelles du Pont-Neuf (Argot du peuple). Dans la pièce des Bohémiens de Paris, Colbrun chantait :

Sur mon dos comme un limaçon,
Portant mon bagage,
Mon mobilier et ma maison.

France, 1907 : Lampion que l’on pose le long des plates-bandes des jardins dans les fêtes.

France, 1907 : Lent, paresseux ; rôdeur de grand chemin, vagabond.

Lampion

Halbert, 1849 : Sergent de ville.

Larchey, 1865 : Chapeau à cornes.

Je passe le pantalon du cipal et je coiffe le lampion.

(Bourget)

Larchey, 1865 : Œil. — Allusion à la flamme.

Si j’te vois faire l’œil en tirelire à ton perruquier du bon ton, Calypso, j’suis fâché d’te l’dire, Foi d’homme ! j’te crève un lampion.

(Chanson populaire)

Delvau, 1866 : s. m. Chapeau, — dans l’argot des voyous.

Rigaud, 1881 : Bouteille. — Œil. — Chapeau. — Sergent de ville.

La Rue, 1894 : Chapeau. Œil. Bouteille. Gardien de la paix.

Hayard, 1907 : Verre d’eau-de-vie.

France, 1907 : Bouteille.

France, 1907 : Chapeau, à cause de sa forme.

France, 1907 : Gardien de la paix.

France, 1907 : Œil.

Si j’te vois fair’ l’œil en tir’lire
À ton perruquier du bon ton,
Irma, j’suis fâché de te l’dire,
Foi d’homme, j’te crève un lampion !

(Chanson populaire)

Lampion rouge

Fustier, 1889 : Poste de police. Allusion aux réverbères à vitres rouges qui indiquent les postes et les commissariats de police.

France, 1907 : Poste de police.

Lampions

Delvau, 1866 : s. m. pl. Yeux, — dans l’argot des faubouriens.

Si j’te vois fair’ l’œil en tir’lire
À ton perruquier du bon ton,
Calypso, j’suis fâché d’te l’dire,
Foi d’homme ! j’te crève un lampion !

dit une chanson qui court les rues. Lampions fumeux. Yeux chassieux.

Tubard

Hayard, 1907 : Nez.

France, 1907 : Chapeau haut de forme ; allusion à sa ressemblance avec un tuyau. Les synonymes sont nombreux et la raillerie populaire s’est fort exercée sur ce vilain complément du costume moderne. En voici les principales désignations : blockaus, bloum, boisseau, bolivar, brosselard, cadratin, capsule, couvre-amour, cyclope, décalitre, lampion, tromblon, tube, tube à pression, tuyau de poêle. Voir Tube, Tuyau de poêle.

— Qu’est-ce que vous avez fait au bon Jésus et à ces damnés hommes, chérie de mes entrailles ? Dégoisez ça à votre mignonne maman, mon pauvre petit poulet d’hôpital.
— Rien, dit la petite en pleurnichant… c’est un monsieur à tubard qui m’a raccrochée comme ça parce que je vendais des fleurs à des types. Alors j’ai cru qu’il rabattait dans le truc ; je l’ai suivi dans sa piole. Mais c’était un friquet.

(Hector France, La Taverne de l’Éventreur)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique