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Culot

d’Hautel, 1808 : Le culot. Pour dire le cadet ; le dernier né.

Hayard, 1907 : Effronterie, le dernier, la fin.

France, 1907 : Dernier, du latin culus, cul, extrémité. Le dernier d’une couvée, d’une famille, le dernier promu dans un grade, le dernier arrivé. En Berry, culot signifie croupion.

Des sept officiers, il ne reste plus que moi, claquant de fièvre, avec deux blessures, l’une à l’épaule et l’autre au bras gauche. Et lorsque je prends l’aigle, moi le culot du régiment, qui n’ai pas trois poils de moustache, qui porte encore mon pantalon à bande bleue de « fine galette », je me sens ragaillardi comme si je venais de boire quelque longue lampée de vieille eau-de-vie.

(René Maizeroy)

Une grande, Glaé, noire de crin et de peau, les yeux comme des myrtilles sous sa taroupe, déjà poitrinait quand à peine le culot s’éssayait à téter son suçon. Elle touchait à ses quinze ans.

(Oscar Méténier)

France, 1907 : Résidu laissé au fond d’une pipe.

Près des théâtres, dans les gares,
Entre les arpions des sergots,
C’est moi que j’cueill’ les bouts d’cigares,
Les culots d’pipe et les mégots.

(Jean Richepin)

France, 1907 : Toupet, audace, dans l’argot des polytechniciens ; Avoir du culot à la planche, ne pas se troubler au tableau.

Lampée

d’Hautel, 1808 : Une lampée. Terme d’ivrogne qui signifie un grand verre de vin.
Boire tout d’une lampée. Avaler un verre de vin d’un seul trait.

Delvau, 1866 : s. f. Grand coup de vin, — dans l’argot du peuple.

Paff

un détenu, 1846 : Un Ivrogne. Être paff : être ivre.

France, 1907 : Eau-de-vie.

On l’attire dans la chambre, et le brigadier, à qui sa payse venait de faire parvenir un litre de mêlé-cassis, lui en fit boire une telle lampée, qu’elle se mit à débiter toutes sortes de gaudrioles, et à lever la jambe d’une façon si drôlette que tout le monde se tenait les côtes. Quand elle rentra au logis, elle tenait à peine sur ses quilles. Sa mère, éberluée, l’apostropha : « Comment, salope, est-il Dieu possible ! Tu as donc liché ? Tu as donc bu du paff ? »

(Les Joyeusetés du régiment)

Pompe

Delvau, 1866 : s. f. Retouche, — dans l’argot des tailleurs. Petite pompe. Retouche des pantalons et des gilets. Grande pompe. Retouche des habits et des redingotes.

Rigaud, 1881 : Botte. — Faire les pompes au prix-courant, voler des bottes à l’étalage. Le voleur à l’étalage, aussitôt le coup fait, part en courant.

Rigaud, 1881 : Officier attaché à l’instruction générale, en terme d’École de Saint-Cyr.

Ils remplissent un peu les fonctions de pion.

(Saint-Patrice)

Corps de pompe, les professeurs.

Ceux qui savent quelques bribes de dessin pochent en quatre traits la caricature du général ou du corps de pompe.

(R. Maizeroy, Souvenirs d’un Saint-Cyrien, 1880)

Rigaud, 1881 : Retouche faite à un vêtement.

Rigaud, 1881 : Travail suivi, — dans le jargon des typographes. — Avoir de la pompe, avoir beaucoup d’ouvrage pressé à faire.

Fustier, 1889 : Étude. Cours. Argot des Élèves de l’École de Saumur.

La Pompe ! A ce grand mot votre intellect se tend
Et cherche à deviner… La Pompe, c’est l’étude,
La Pompe, c’est la longue et funeste habitude
De puiser chaque jour chez messieurs les auteurs
Le suc et l’élixir de leurs doctes labeurs.

(Nos farces à Saumur)

France, 1907 : Atelier de tailleurs. C’est aussi la retouche des vêtements.

France, 1907 : Beignet ; patois de l’Auvergne.

Quant à nos vendangeurs, ils ne se contentent pas de mastiquer le gigot, la fourme et la pompe aux pommes. Tout cela ne serait point succulent sans l’eau bénite de cave dont ils s’administrent des lampées, à qui mieux mieux, sans danses ni bourrées finales, et aussi sans taquineries amoureuses entre filles et garçons.

(Jacques d’Aurelle)

France, 1907 : Étude, travail ; argot des écoles militaires.

La pompe ! à ce grand mot votre intellect se tend
Et cherche à deviner… La pompe c’est l’étude,
La pompe, c’est la longue et funeste habitude
De puiser chaque jour chez messieurs les auteurs
Le suc et l’élixir de leurs doctes labeurs…

(Théo-Critt, Nos farces à Saumur)

France, 1907 : Seringue, plus généralement appelée, dans l’argot militaire, pièce humide, d’où le nom d’artilleurs de la pièce humide donné aux infirmiers militaires.

On a prôné les pompiers et pourquoi ?
C’est peut-êtr’ bien pour leurs jeux hydrauliques
Aux mêm’s honneurs nous avons un peu droit
Et même mieux, j’vais l’prouver sans réplique ;
Quand les pompiers au feu s’en vont encore,
C’est pour l’éteindr’, si je n’me trompe ;
Quand un pompier à le feu dans le corps,
C’est nous qui manœuvrons la pompe.

France, 1907 : Soulier. Il aspire l’eau lorsqu’il est troué. « Refiler un coup de pompe dans l’oignon », donner un coup de soulier au derrière. On appelle encore un soulier troué pompe aspirante.

Shnaps

France, 1907 : Eau-de-vie. Voir Schnaps.

Les sous-officiers étant entrés à l’auberge ; quelques soldats baguenaudaient devant la vitrine de l’horloger et guignait avec convoitise les montres de l’étalage ; d’autres, se bousculant autour d’un barillet d’eau-de-vie de marc, s’administraient de copieuses lampées de shnaps.

(André Theuriet)

Siffler

d’Hautel, 1808 : Faire siffler la linote à quelqu’un. Le faire attendre en plein air ; lui faire croquer le marmot.
Il n’a qu’à siffler. Pour dire, il est obéi à la parole.
Il n’y a qu’à siffler et remuer les doigts. Pour dire, c’est une chose fort aisée.

Larchey, 1865 : Boire.

Il a sifflé pour dire : il a bu, parce que les lèvres ont à peu près le même mouvement.

(Le Duchat, 1738)

Tiens, vieux chéri, siffle-moi ça, ça va te remettre.

(E. Sue)

Delvau, 1866 : v. a. et n. Boire ou manger, mais surtout boire, — dans l’argot du peuple, qui emploie ce verbe depuis plus d’un siècle, comme le prouvent ces vers d’une chanson du commencement du XVIIe siècle :

Lorsque je tiens une lampée
Pleine de vin, le long de la journée,
Je siffle autant que trois.

Delvau, 1866 : v. a. Dépenser. Avoir tout sifflé. Être ruiné.

Rigaud, 1881 : Boire d’un coup, boire promptement.

La Rue, 1894 : Boire. Dépenser. Siffler au disque, attendre, se morfondre.

France, 1907 : Boire.

J’avais ma place réservée à une table de bois blanc dans l’angle de la grande salle commune, et je restais là à fumer pipe, en rêvassant, en regardant les gens du bourg qui, près de moi, sifflaient des bouteilles ou jouaient au billard.

(Fernand Vandérem)

Sifflet

d’Hautel, 1808 : Couper le sifflet à quelqu’un. Pour dire, le rendre muet et confus ; l’interdire, le mettre hors d’état de répondre.

Larchey, 1865 : Gosier. — Comparaison facile à deviner. Vidocq donne aussi siffle pour voix.

Qu’en te coupant le sifflet, quelqu’un délivre le royaume.

(La Nouvelle Mazarinade, 1652)

Se rincer, s’affuter le sifflet : Boire.

Là, plus d’un buveur bon apôtre, Venait se rincer le sifflet.

(Colmance, Ch)

Faut pas aller chez Paul Niquet Six fois l’jour s’affuter le sifflet.

(P. Durand, Ch. 1836)

Delvau, 1866 : s. m. Gorge, gosier, — entonnoir à air et à vin. S’affûter le sifflet. Boire. On dit aussi Se rincer le sifflet. Couper le sifflet à quelqu’un. Le forcer à se taire, soit en lui coupant le cou, ce qui est un moyen extrême, soit en lui prouvant éloquemment qu’il a tort de parler, ce qui vaut mieux.

Rigaud, 1881 : Voix, gosier. — Couper le sifflet, tuer, interrompre, faire taire. Étonner au point de rendre l’interlocuteur muet. — Raboter le sifflet, brûler le gosier.

Hein ! ça rabote le sifflet ! Avale d’une lampée.

(É. Zola)

Se rincer le sifflet, boire.

Merlin, 1888 : Canon. — Il en a tant soit peu la forme, et sa détonation peut être comparée à un sifflement gigantesque. L’un et l’autre servent, d’ailleurs, de signal de combat.

Rossignol, 1901 : Habit de cérémonie.

Rossignol, 1901 : Le cou.

Hayard, 1907 : Habit à queue de morue.

France, 1907 : Canon ; argot militaire.

France, 1907 : Cou, gosier, gorge. Se rincer le sifflet, boire. Couper le sifflet, égorger, guillotiner.

Les aminches et les gigolettes,
Ceux de Belleville et de la Villette,
Viendront nous voir couper le sifflet
Si ça leur fait pas trop d’effet.

(Sellier, dit le Manchot de Montmartre)

Se dit aussi pour surprendre, étonner ; même sens que couper la chique.

France, 1907 : L’habit noir, appelé ainsi à cause de la forme.

Derrière Harimina, formant un groupe sympathique, voici le père, en sifflet, la mère, en robe de velours à traine, les quatre demoiselles d’honneur, essaim bourdonnant de petites demi-vierges, aux grands yeux luisant de prometteuses précocités.

(Émile Blavet)

On dit aussi sifflet d’ébène.
Dans une invitation à un dîner de la Société nationale des professeurs de français en Angleterre, on lit ce nota bene :

N. B. — On est prié de ne pas endosser le « sifflet d’ébène », alias habit noir — evening dress, comme disent les Anglais.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique