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Champ

d’Hautel, 1808 : Il y a long-temps que son honneur court les champs. Se dit malignement d’une fille sans pudeur et sans mœurs ; pour faire entendre qu’elle a commencé de bonne heure à s’adonner au libertinage et au vice. On dit aussi d’un écervelé, d’un fou, d’un homme sans jugement, que son esprit court les champs.
Prendre la clef des champs.
Pour s’échapper, prendre l’essor.
Il a un œil au champ et l’autre à la ville. Se dit d’un homme vigilant, qui voit ce qui se passe de près et de loin.
Il y a assez de champ pour faire glane. Signifie que quel que soit l’état où le sort nous a placés, avec une bonne conduite et de l’activité, on peut toujours trouver de l’emploi.
À tout bout de champ. Pour dire à tout propos ; à tout moment.

Delvau, 1864 : La nature de la femme, que Dieu a condamné l’homme à labourer et à ensemencer, ce à quoi il ne manque pas.

Si pour cueillir tu veux donques semer,
Trouve autre champt et du mien te retire.

(Marot)

De manière que son champ ne demeurât point en friche.

(Ch. Sorel)

Larchey, 1865 : Champagne.

Maria. Oh !… du champ !… — Eole… agne. — Maria. Qu’est-ce que vous avez donc ? — Eole. On dit du champagne. — Maria. Ah bah ! où avez-vous vu ça ?

(Th. Barrière)

Rigaud, 1881 : Vin de Champagne ; par abréviation. — Voulez-vous un verre de champ ? — Je m’en sens Montebello à la bouche…

Fustier, 1889 : Argot de sport. L’ensemble des chevaux qui se présentent pour figurer dans la même épreuve. Parier pour un cheval contre le champ, c’est parier pour un cheval contre tous ses concurrents. (Littré)

Donner du mal (se)

Delvau, 1864 : Dans l’argot des filles publiques, c’est raccrocher fréquemment sur le trottoir, c’est monter souvent avec de nouveaux michés.

Mais, va, c’est égal,
Je m’ donnerai du mal,
Je veux c’ soir, bravant Saint-Lazare.
Labourer l’ persil.

(Dumoulin)

Labourer

d’Hautel, 1808 : Labourer sa vie. Pour gagner péniblement sa vie.
Il faut diablement labourer pour se retirer sur cet ouvrage. Se dit d’un ouvrage peu lucratif, où il faut travailler beaucoup pour ne pas faire grand bénéfice.
Labourer. Remuer la terre. Ce peuple change l’initiale de ce mot en r, et prononce rabourer. Il en fait de même pour tous les composés de ce verbe.

France, 1907 : Préparer.

Laboureur (le)

Delvau, 1864 : Le membre viril, qui est chargé de défricher les vagins vierges avec le soc de sa petite charrue, et de féconder les vagins stériles en déchargeant dedans.

Combien pourtant que bien faible me semble
Pour labourer à deux terres ensemble.

(Cl. Marot)

Quoi faisant, j’appliquerai dorénavant mes dix mille écus à une terre que je labourerai tout seul.

(La France galante)

Les autres enflaient en longueur par le manche que l’on nomme le laboureur de nature.

(Rabelais)

Un demi-pied de la ressemblance au laboureur de nature.

(Tabarin)

Mer

d’Hautel, 1808 : C’est la mer à boire. Pour dire qu’une affaire, qu’une entreprise offre de grandes difficultés ; qu’elle présente de grands obstacles pour son exécution ; qu’un ouvrage est ennuyeux, ou que l’on n’en peut venir à bout ; qu’il traîne en longueur.
On dit aussi dans le sens opposé. Ce n’est pas la mer à boire. Pour dire qu’on vaincra les difficultés quelles qu’elles soient.
Il avaleroit la mer et les poissons. Se dit d’un affamé, d’un grand mangeur ; d’un homme qui a une grande altération.
Salé comme mer. Se dit d’un ragoût, d’une sauce, d’un mets quelconque qui est très-salé.
C’est une goutte d’eau dans la mer. Pour exprimer que les secours que l’on reçoit dans un grand denûment, sont trop foibles pour vous tirer d’embarras.
Porter de l’eau à la mer. Faire des présens à des gens plus riches que soi ; porter une chose dans un lieu où elle abonde.
Labourer le rivage de la mer. Se donner des peines inutiles.
Voguer en pleine mer. Avoir des affaires bien établies ; être en chemin de faire fortune.
Qui craint le danger.ne doit point aller en mer. Pour dire que lorsqu’on est peureux, il nef aut pas s’exposer dans une affaire dangereuse.

Delvau, 1866 : s. f. Le fond du théâtre, quel que soit le décor. Argot des coulisses. Aller voir la mer. Remonter la scène jusqu’au dernier plan.

Rigaud, 1881 : Décor du fond, au théâtre.

Sombrer

France, 1907 : Labourer. Donner le premier labour.

Vénus (jardin de)

France, 1907 : La nature de la femme : vieille expression.

Il m’ayme beaucoup, comme tout bon cocqu doibt aymer celluy qui l’ayde à bescher, arronzer, cultiver, labourer le jardin naturel de Vénus, et il ne faict rien sans moy.

(Balzac, Contes drôlatiques)

On dit aussi champ de Vénus.

Voilà comment ce jeune pucelaige s’empara de ce vieillard et l’asservit ; pour ce que, au nom de ce ioly champ de Vénus, qui estoit en frische, Blanche faisoyt, par la malice naturelle aux femmes, aller et venir son vieulx Bruyn comme ung mulet de meusnier.

(Balzac, Contes drôlatiques : le Péché véniel)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique