France, 1907 : Être au fait d’une chose, la connaître.
S’il avait été au courant, à la coule, il aurait su que le premier truc du camelot, c’est de s’établir au cœur même de la foule.
(Jean Richepin)
À la coule (être)
France, 1907 : Être au fait d’une chose, la connaître.
S’il avait été au courant, à la coule, il aurait su que le premier truc du camelot, c’est de s’établir au cœur même de la foule.
(Jean Richepin)
Cambriole
d’Hautel, 1808 : Pour dire petite chambre.
La cambriole du milord. Signifie, en terme d’argot, la chambre d’une personne riche et fortunée.
Ansiaume, 1821 : Chambre.
Tandis qu’elle est à la fourmillante, il faut faire la cambriole de la girofle madame.
Ansiaume, 1821 : Vol.
Huet et Lozai ne faisoient que la cambriole, ce sont de mauvais pègres.
Bras-de-Fer, 1829 : Chambre.
M.D., 1844 : Une chambre.
Halbert, 1849 : Chambre.
Delvau, 1866 : s. f. Chambre, — dans l’argot des voleurs. Cambriole de Milord. Appartement somptueux. Rincer une cambriole. Dévaliser une chambre.
Fustier, 1889 : Boutique. (Richepin)
La Rue, 1894 : Chambre.
Rossignol, 1901 : Logement.
Hayard, 1907 : Domicile.
France, 1907 : Chambre, boutique ; argot des voleurs. Être maître d’une cambriole, c’est la connaître et savoir comment s’y prendre pour la dévaliser. Rincer une cambriole, enlever les meubles et tout ce qui s’y trouve.
— On voit que pour le quart d’heure tu n’es pas heureux.
— Oh ! oui ; j’ai fièrement besoin de me recaler.
— En ce cas, viens avec moi, je suis maître d’une cambriole que je rincerai ce soir.
(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)
Connaître (la)
Rigaud, 1881 : Être au courant de, au fait de. Les anciens du régiment disent proverbialement :
Il ne suffit pas de la connaître, il faut la pratiquer.
Primitivement l’expression signifiait : connaître la théorie ; par la suite on a abrégé et on a dit : la connaître. Le mot a pris de l’extension et s’applique à beaucoup d’autres choses.
Diligence (la) de Lyon
Delvau, 1864 : C’est une des postures (voir ce mot) les plus curieuses et les plus rares. Nombre de grands amateurs de Vénus sont morts sans la connaître ; c’est que, pour l’exécuter, il faut trouver une femme qui réunisse deux qualités rares : l’ardeur, d’abord. Nombre de femmes feignent d’être ardentes pour plaire à l’homme qu’elles veulent séduire, mais ne sont au fond que de simples patients et non des agents, et ici il faut que la femme soit agent et que l’homme soit patient. Ensuite, il faut qu’elle ne soit pas neutralisée par une sotte pudeur, résultat de la tyrannie des hommes exercée continuellement jusqu’ici sur les femmes. Quand une femme donc est ardente et libre, elle prend un homme qui lui plaise sous tous les rapports ; elle le met nu comme un ver, l’étend sur un lit en lui mettant des coussins sous la tête et sous les reins, et toute nue elle-même, elle se met à cheval à cru sur lui, s’embrochant sur le pivot naturel, c’est-à-dire sur son vit. Alors, elle fait comme le postillon sur un des chevaux des anciennes diligences de Lyon. S’appuyant un peu sur les épaules de son amant, elle s’avance en chevauchant et le vit se relève près du ventre de l’homme. Elle recule et le vit se renfonce dans son con jusqu’à la garde. Elle s’anime ; elle va de plus fort en plus fort, comme si la diligence parcourait un chemin raboteux. Ses yeux s’égarent, ses cheveux se dénouent. Elle jouit, elle jouit, mais elle va toujours ; elle va jusqu’à ce qu’elle soit tout à fait exténuée de décharge spermatique ; car il faut remarquer que l’homme, étendu sur ses coussins, ne pouvant pas bouger, bande de plus en plus, jusqu’à la fin, mais ne décharge pas. La femme tombe alors comme morte dans les bras de son amant, lequel, tout enflammé, finit de son côté comme il peut.
Je serai bien aimable, je me mettrai toute nue, dit-elle insidieusement. — Passe ton chemin, répond le fidèle époux, ayant encore présente à la pensée l’image des charmes de sa jeune moitié. — Je te ferai le grand jeu ! — Non — Feuille de rose ! — Non. — Le tire-bouchon américain ? — Connu… tu m’ennuies. — Eh bien, tiens, tu me plais, viens, tu ne payeras pas et nous ferons la diligence de Lyon…
(Fantaisiste, I, 177.)
Vieux beau
France, 1907 : Galantin.
Cette révolte contre la nature, les hommes ne sont pas seuls à la connaitre. Les femmes en éprouvent aussi la désespérance, plus profonde encore que celle des hommes qui, en somme, prolongent plus aisément l’âge d’aimer. Quand je vois passer les vieux beaux, soupçonnant la ceinture hygiénique sur leur ventre rebelle, redressant leur taille, portant une main inquiète sur la barbe noircie ; et aussi quand je vois défiler celles qui furent belles, les cheveux teints, la joue fardée, la gorge s’évadant de la prison insuffisante du corset, une grande pitié me prend.
(Colomba, Écho de Paris)
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