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Trogne

d’Hautel, 1808 : Pour visage rubicond, jovial et facétieux ; mine de jubilation, comme l’ont ordinairement les bons buveurs.
Une trogne enluminée ; une rouge trogne.

Halbert, 1849 : Figure.

Delvau, 1866 : s. f. Visage, — dans l’argot du peuple, qui le dit surtout de toute tuberosa faciès. Belle trogne. Visage empourpré et embubeletté, comme le sont presque tous les visages d’ivrognes. Le mot a des chevrons :

Il faut être Jean Logne
Pour n’aimer pas le vin ;
Pour moi, dès le matin
J’enlumine ma trogne
De ce jus divin !

a chanté le goinfre Saint-Amand.

Virmaître, 1894 : Le visage. Quand un individu a la trogne couperosée, dans le peuple, on lui lance cette plaisanterie :
— C’est ta femme qui boit, et c’est toi qui a le nez rouge.
Avoir une trogne de vin de Bourgogne, c’est une trogne d’ivrogne (Argot du peuple).

Vino veritas (in)

France, 1907 : La vérité dans le vin. Ce dicton est vieux comme le monde ou mieux comme le jour où Noé tira le jus divin de la vigne. « Lorsque le vin coule, les paroles nagent », disait Hérodote ; et les Romains : Quod est in corde sobrii est in ore ebrii, ce qui est dans le cœur de l’homme sobre est dans la bouche de l’homme ivre. What soberness conceals, drunkeness reveals, ce que cache la sobriété, l’ivresse le révèle. Conclusion : Ne vous saoulez pas, si vous voulez garder un secret. Mais le point est aux Espagnols : El vino anda sin calças, le vin ne porte pas de pantalon.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique