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Connaître dans les coins (la)

Merlin, 1888 : Être au courant des ficelles du métier. On dit également : être à la coule.

Fustier, 1889 : C’est la variante de l’expression citée par Delvau : Connaître le numéro.

France, 1907 : Être habile, pas se laisser duper et savoir attraper les autres.

Est-ce naturel qu’un vieux garçon qui la connait dans les coins, comme on disait au régiment, qui en a vu de toutes les couleurs, qui considère la femme comme un joujou un peu plus perfectionné que les poupées, s’énerve, compte les heures et les minutes, se surmène en des courses vertigineuses …

(Champaubert, Le Journal)

Ensecreter

Rigaud, 1881 : Introduire dans un joujou le mécanisme qui le fait mouvoir.

Fêteur, fêteuse

Rigaud, 1881 : Celui, celle qui fête un anniversaire, qui souhaite une fête.

Et quel spectacle joyeux que tout ce monde de fêteurs pressés, sillonnant le boulevard avec des bouquets éclatants, des joujoux enluminés et des paquets soigneusement ficelés.

(Petit Parisien du 17 août 1877)

Guigne

Delvau, 1866 : s. f. Mauvaise chance, — dans l’argot des cochers qui ne veulent pas dire guignon. Porter la guigne. Porter malheur.

Rigaud, 1881 : Guignon. — Guignasse, guignon énorme. — Guignolant, guignolante, désespérant, désespérante.

Rossignol, 1901 : Avoir la guigne est ne pas avoir de réussite. Il est né sous une mauvaise étoile, il a une guigne insensée : tout ce qu’il entreprend ne lui réussit pas.

France, 1907 : Mauvaise chance.

Elle surprit mon regard sur sa robe : — Vous regardez mes frusques ? Ah ! c’est la guigne, voyez-vous, et la guigne ça rend timide ; alors, telle que vous me voyez, je bois pour me donner de l’aplomb.

(Alphonse Allais)

— Allons, mes enfants, il ne faut pas se faire de bile… Ça ne sert à rien d’abord, et puis ça vous flanque la guigne pour l’avenir… Moi le premier, est-ce que vous croyez que je n’ai pas eu mes moments difficiles ?… On les surmonte, parbleu ! et un jour vient où l’on a l’assiette au beurre à son tour…

(Paul Alexis)

On regrette de n’avoir pas
Consommé ce premier repas,
Le cœur plus digne.
Et de notre fleur au trépas
Alphonse s’offre les appas…
Voilà la guigne.
Ils vous disent : « Faisons joujou,
Je te mettrai dans l’acajou… »
On se résigne.
Et bien souvent le sapajou
En est quitte pour un bijou…
Et vient la guigne.

(Blédort)

Joujou

Delvau, 1864 : Celui de l’homme est son vit.

Vive ce beau joujou
Bijou
Que la tendresse
Dresse…
Celui de la femme est son con
Ah ! permets que je pose
Le petit bout
de ma langue amoureuse
Qui serait bien heureuse
Dans ton joujou

(Marc Constantin)

Quand je n’aurais pas su d’avance que mon orifice était fait pour être pénétré, la nature et notre position m’auraient à l’instant révélé que nos deux joujoux étaient faits l’un pour l’autre.

(Mon noviciat)

Delvau, 1866 : s. m. Jouer, — dans l’argot des enfants. Faire joujou. S’amuser, — au propre et au figuré.

Delvau, 1866 : s. m. La croix d’honneur, — dans l’argot du peuple. On se rappelle les tempêtes soulevées par Clément Thomas, employant cette expression en pleine Assemblée nationale.

Joujouter

Delvau, 1866 : v. n. Jouer, faire joujou, — dans l’argot des faubouriens, qui emploient ce verbe au propre et au figuré.

France, 1907 : Jouer, faire joujou. « Le petit Anatole, précoce en diable et déjà vicieux comme un singe, essaye de joujouter avec sa bonne. »

Pitre

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Paillasse. Faire le pitre, faire le paillasse ou la parade.

Vidocq, 1837 : s. m. — Paillasse d’escamoteur ou de saltimbanque.

Larchey, 1865 : « Qui ça, Giroflée ! — Notre pitre donc, notre paillasse. » — E. Sue.

Delvau, 1866 : s. m. Paillasse de saltimbanque ; bouffon de place publique. Par extension on donne ce nom à tout Farceur de société, à tout homme qui amuse les autres — sans être payé pour cela.

Rigaud, 1881 : Farceur en chambre ; amuseur de société ; celui qui, dans une réunion, dans un dîner, remplit l’office d’un pitre de foire, fait rire les enfants et qu’on invite parce qu’il coûte moins cher qu’un joujou. — Servir de pitre, amuser les autres en faisant rire de soi.

Style-joujou

France, 1907 : Style semi-gothique dit de la reine Anne.

Baudelaire, qui n’aimait ni la Belgique ni les Belges, ainsi que ses œuvres posthumes l’attestent, range un peu dédaigneusement tout cela dans ce qu’il baptise le style-joujou. L’expression est d’un maître et fait image. Va pour style-joujou ! Mais le style-joujou ne me semble pas si déplaisant, et je le préfère à tout prendre au style-caisse d’emballage — maisons carrées toutes pareilles — qui attristent le Paris moderne.

(Paul Arène, Routes blanches et bleues)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique