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Berner

d’Hautel, 1808 : Berner quelqu’un. Au propre le faire sauter dans une couverture ; au figuré, ridiculiser une personne, la faire servir de jouet et de passe-temps à la société.

Bibelot

Delvau, 1866 : s. m. Havresac, porte-manteau, — dans l’argot des soldats.

Delvau, 1866 : s. m. Objet de fantaisie, qu’il est de mode, depuis une vingtaine d’années, de placer en évidence sur une étagère. Les porcelaines de Saxe, de Chine, du Japon, de Sèvres, les écailles, les laques, les poignards, les bijoux voyants, sont autant de bibelots. Par extension : Objet de peu de valeur. Ce mot est une corruption de Bimbelot, qui signifiait à l’origine jouet d’enfants, et formait un commerce important, celui de la bimbeloterie. Aujourd’hui qu’il n’y a plus d’enfants, ce commerce est mort ; ce sont les marchands de curiosités qui ont succédé aux bimbelotiers.

Rigaud, 1881 : Objet de peu de volume et peu de valeur. Objet de peu de volume et de beaucoup de valeur. En général, tous les menus objets, plus ou moins artistiques, depuis les bijoux anciens jusqu’aux vieilles seringues prétendues historiques, prennent la dénomination très élastique de « bibelots ».

J’ai été aussi fort bousculé par mon propriétaire, auquel je dois deux termes, et il m’a fallu vendre toutes sortes de bibelots pour m’acquitter d’un.

(H. Murger, Lettres)

Les deux peuples les plus passionnés, aujourd’hui, pour les bibelots sont le Français et le Chinois, — signe de décadence, — prétendent les philosophes. Pour satisfaire à toutes les exigences, il s’est établi des fabriques de vieux neuf qui déversent journellement leurs produits à l’hôlel Drouot.

Boutmy, 1883 : s. m. En imprimerie, on donne ce nom aux travaux de peu d’importance, tels que factures, adresses, étiquettes, prospectus, circulaires, lettres de mariage, billets de mort, etc. Ces travaux sont aussi appelés bilboquets, et mieux ouvrages de ville.

Fustier, 1889 : Argot d’imprimerie. Travaux de peu d’importance ; factures, prospectus, têtes de lettre, etc.

France, 1907 : Objet de curiosité ou de fantaisie dont il est de mode, depuis quelques années, d’encombrer ses appartements ; du mot bimbelot, jouet d’enfant.

L’appartement est somptueux. Le temple est digne de l’idole. Le lit est anglais, la commode est russe, l’armoire est italienne, le sofa est turc, les fauteuils sont allemands, les bronzes sont espagnols, mais les bibelots sont parisiens.

(Albert Dubrujeaud)

Ces objets, la plupart de cuir ouvragé, ressemblaient, tous, à ces affreux bibelots connus sous le nom d’article-Paris ; ils en avaient la forme laide et sans art, la destination vague, l’insupportable clinquant.

(Octave Mirabeau, Gil Blas)

Travaux de peu d’importance, dans l’argot des typographes.

Biblot

Vidocq, 1837 : s. m. — Outil d’artisan.

Larchey, 1865 : Objet de fantaisie propre à décorer une étagère. — Abréviation de bimbelot : jouet d’enfant.

Il y a biblot et biblot : celui qu’on gagne à la fête de Saint-Cloud et celui que cent capitaines de navire ont à grands frais rapporté de toutes les îles connues ou inconnues.

(Mornand)

Mon biblot : Dans la bouche d’un soldat, signifie Mon attirail militaire.
Biblot : Bijou.

Trouve-moi des dentelles chouettes ! et donne-moi les plus reluisants biblots.

(Balzac)

Biblot : Outil d’artisan (Vidocq).

Rigaud, 1881 : Les militaires nomment « biblot » tout ce qui leur sert au régiment, depuis l’aiguille à coudre jusqu’au fusil à aiguille. Le biblot, c’est l’attirail du troupier. Quand son biblot est au grand complet dans son sac, qu’il est en tenue de campagne, il dit qu’il porte « tout le tremblement ».

Rigaud, 1881 : Outil d’ouvrier.

Bilboquet

d’Hautel, 1808 : Sobriquet que l’on donne à une femme courte, grosse et mal faite.
On donne aussi ce nom à tout ouvrage frivole, léger, et auquel on n’attache aucune importance.

Delvau, 1866 : s. m. Femme grosse et courte, — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui est le jouet des autres.

Delvau, 1866 : s. m. Menues impressions, telles que prospectus, couvertures, têtes de lettres, etc., — dans l’argot des typographes.

Rigaud, 1881 : Litre de vin.

Une jeune fille à l’œil égrillard qui acceptait un bilboquet à quinze.

(Léon Paillet, Voleurs et Volés)

Rigaud, 1881 : Menues impressions, telles que prospectus, couvertures, têtes de lettres, — dans le jargon des typographes. (A. Delvau)

Rigaud, 1881 : Personne trapue.

Boutmy, 1883 : s. m. V. Bibelot.

Virmaître, 1894 : Grosse femme. Il paraît pourtant impossible de jongler avec elle. C’est sans doute par allusion à la boule du bilboquet (Argot des voleurs).

France, 1907 : Femme grosse et courte ; litre de vin. Dans l’argot des typographes, on appelle bilboquet de petits travaux tels que : prospectus, tête de lettres, etc.

Bouiboui

Delvau, 1866 : s. m. Marionnette, — dans l’argot des fabricants de jouets, qui ont probablement emprunté ce mot au cri guttural de Polichinelle. On écrit aussi Bouis-bouis, — je ne sais pas pourquoi puisque c’est une onomatopée. Bouig-bouig serait plus exact alors. Ensecreter un bouiboui. Attacher tous les fils qui doivent servir à faire mouvoir une marionnette.

Delvau, 1866 : s. m. Petit théâtre, — dans l’argot des comédiens. Endroit mal famé, — dans l’argot des bohèmes.

Camelot

d’Hautel, 1808 : Il est comme le camelot, il a pris son pli. Signifie qu’une personne a contracté des vices ou de mauvaises inclinations dont il ne peut se corriger.

Ansiaume, 1821 : Marchand.

Le camelot est marloux, et puis il a deux gros cabots.

Vidocq, 1837 : s. m. — Marchand.

M.D., 1844 : Marchands des rues.

un détenu, 1846 : Marchand ambulant ou marchand de contre-marques.

Larchey, 1865 : « C’est-à-dire marchand de bimbeloteries dans les foires et fêtes publiques. »

(Privat d’Anglemont)

Delvau, 1866 : s. m. Marchand ambulant, — dans l’argot des faubouriens, qui s’aperçoivent qu’on ne vend plus aujourd’hui que de la camelotte.

Rigaud, 1881 : Marchand ambulant, porte-balle, étalagiste sur la voie publique. Le soir, le camelot ouvre les portières, ramasse les bouts de cigares, mendie des contre-marques, donne du feu, fait le mouchoir et même la montre s’il a de la chance.

La Rue, 1894 : Petit marchand dans les rues. Crieur de journaux. Signifie aussi voleur.

France, 1907 : Marchand d’objets de peu de valeur qui vend dans les villages ou expose sur la voie publique. Le terme vient du grec camelos, chameau, par allusion au sac qu’il porte sur le dos et qui contient sa camelotte.

Depuis quelque temps, une véritable révolution s’accomplit dans les mœurs publiques. Dans les luttes politiques, un facteur nouveau s’est introduit et les procédés de polémique, les moyens de propagande et de conviction sont transformés du tout au tout.
Le camelot a pris dans l’ordre social qui lui est sinon due, au moins payée. L’ère du camelot est venue et les temps sont proches où le revolver sera l’agent le plus actif d’une propagande bien menée.
Le camelot n’a qu’un inconvénient ; il coûte cher. Dans les premiers temps de son accession à la vie publique, c’était à six francs par soirée qu’il débordait d’enthousiasme et fabriquait de la manifestation. Depuis les prix ont un peu baissé, vu l’abondance des sujets. Lors du dernier banquet, c’était à quatre francs la soirée mais on fournissait le revolver.

(La Lanterne, 1888)

Au-dessus de tout le bruit, du roulement des voitures, des grincements des essieux, des galopades des beaux chevaux rués dans le travail comme des ouvriers courageux, — au-dessus de tout, retentissaient les cris des camelots du crépuscule, l’annonce vociférée des crimes de la basse pègre, des vols de la haute, l’essor des derniers scandales.

(Gustave Geffroy)

Le camelot, c’est le Parisien pur sang… c’est lui qui vend les questions, les jouets nouveaux, les drapeaux aux jours de fête, les immortelles aux jours de deuil, les verres noircis aux jours d’éclipse… des cartes obscènes transparentes sur le boulevard et des images pieuses sur la place du Panthéon.

(Jean Richepin, Le Pavé)

Il faisait un peu de tout… c’était un camelot, bricolant aujourd’hui des journaux illustrés, demain des plans de Paris, un autre jour offrant aux amateurs des cartes qualifiées de transparentes, débitant ensuite, coiffé d’un fez, des confiseries dites arabes ou des olives dans les cafés…

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Cerf-volant

Vidocq, 1837 : s. f. — Femme qui dépouille les petits enfans dans une allée ou dans un lieu écarté.

Delvau, 1866 : s. m. Femme qui attire sous une allée ou dans un lieu désert les enfants entrain de jouer pour leur arracher leurs boucles d’oreilles et quelquefois l’oreille avec la boucle — Argot des voleurs.

Virmaître, 1894 : Jouet d’enfant composé de baguettes d’osier, recouvertes de feuilles de papier, que les gamins enlèvent en l’air avec une ficelle. Les voleuses qui dans les jardins publics s’emparent des boucles d’oreilles des jeunes enfants se nomment des cerf-volants parce que le vol accompli elle se sauvent en courant comme un cerf (Argot des voleurs).

France, 1907 : Voleuse dont la spécialité est de dépouiller les enfants dans les promenades et les jardins publics. C’est généralement sur Les broches et les boucles d’oreilles des petites filles qu’elle opère, et, le larcin accompli, disparait comme un cerf.

Claquer

d’Hautel, 1808 : Donner une claque, un soufflet, ou tout autre coup avec la main.
Faire claquer son fouet. Se prévaloir hautement de quelqu’avantage ; faire le glorieux, le vaniteux.

Halbert, 1849 : Manger.

Larchey, 1865 : Manger — Allusion au bruit des mâchoires.

Il faut claquer, vaille que vaille : De par la loi l’on te nourrit.

(Wado, Chanson)

On dit au figuré Claquer : dissiper.

Larchey, 1865 : Mourir. Terme figuré. Ce qui claque, dans le sens ordinaire, est hors de service.

C’est là que j’ai appris, entre autres bizarreries, les dix ou douze manières d’annoncer la mort de quelqu’un : Il a cassé sa pipe, — il a claqué, — il a fui, — il a perdu le goût du pain, — il a avalé sa langue, — il s’est habillé de sapin, — il a glissé, — il a décollé le billard, — il a craché son âme, etc., etc.

(Delvau)

Delvau, 1866 : v. a. Donner des soufflets.

Delvau, 1866 : v. a. Vendre une chose, s’en débarrasser, — dans le même argot [du peuple]. Claquer ses meubles. Vendre son mobilier.

Delvau, 1866 : v. n. Manger, — dans l’argot des voyous, qui font allusion au bruit de la mâchoire pendant la mastication.

Delvau, 1866 : v. n. Mourir. — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Dépenser. — Avoir tout claqué, avoir tout dépensé.

Rigaud, 1881 : Manger ; et claquer des bajouettes, — dans le jargon des blanchisseuses.

Rigaud, 1881 : Mourir.

Boutmy, 1883 : v. intr. Mourir. Ce mot n’est pas particulier aux typographes. Alfred Delvau, dans son Dictionnaire, l’attribue aux faubouriens. Il est aussi bien compris dans le centre de la ville qu’aux faubourgs.

La Rue, 1894 : Mourir.

La Rue, 1894 : Vendre.

Virmaître, 1894 : Donner une claque sur la figure ou sur le contraire. Synonyme de gifle. Allusion au bruit que produit la main (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Mourir. Allusion à un objet qui claque, qui casse (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Mourir. Il est bien malade : il va claquer.

Hayard, 1907 : Mourir.

France, 1907 : Faire retentir.

L’œuvre de Corneille est grande, sévère, admirable en certaines de ses parties où passe un souffle ardent de passion. Le fameux « Qu’il mourut ! » peut trouver son application dans nos récentes épreuves, et certains vers claquent encore sur Bazaine à travers l’histoire. Mais enfin c’est du vieux jeu, c’est du poncif tragique, c’est de l’antinaturel, de l’antivivant poussé à la dernière expression. Et n’est-il pas dans le répertoire moderne de pièce d’une portée aussi haute et dans laquelle on sente vibrer la conscience moderne ?

(Le Mot d’Ordre)

France, 1907 : Manger. Se dit aussi au figuré pour dissiper : « J’ai claqué tout mon argent. »

Quand on est de ceux qui prétendent représenter une nation, élus par la moitié des citoyens, et que de cette moitié on acheta les trois quarts, on reste à boire, au cabaret, le fond des caisses électorales, mais on a la pudeur de se taire.
Quand on chourine, pour les voler, d’humbles épargnistes, on claque leur galette en compagnie de femmes au chignon jaune, mais on ne parle pas d’honnêteté.

(Jean Grave, La Révolte)

Claquer du bec, jeûner ; imitation des cigognes, qui font claquer leur bec.

France, 1907 : Mourir.

— Elle peut traîner un mois, six semaines, comme elle peut s’en aller cette nuit, claquer ce soir, subito, sans même que tu t’en aperçoives.

(Albert Cim)

Léda la laissa débiter son boniment, puis, pressée de questions par tous, dit qu’elle ne savait rien, sinon que la femme assassinée n’était pas morte et que seul l’English était claqué.

(Édouard Ducret, Paris canaille)

— L’hospice ! Non ! non ! je ne veux pas ! J’y ai été, quand j’ai eu la cuisse cassée. Y a des sœurs qui vous font dire des prières… On voit des camarades à côté de vous qui claquent… Les carabins avec leurs tabliers blancs… Non ! non ! je veux pas…

(Oscar Méténier)

France, 1907 : Vendre.

Copain

Larchey, 1865 : « Être copain, c’est se joindre par une union fraternelle avec un camarade, c’est une amitié naïve et vraie qu’on ne trouve guère qu’au collège. » — H. Rolland. — Du vieux mot compain : compagnon. V. Roquefort.

Delvau, 1866 : s. m. Compagnon d’études, — dans l’argot des écoliers. On écrivait et on disait autrefois compaing, mot très expressif que je regrette beaucoup pour ma part, puisqu’il signifiait l’ami, le frère choisi, celui avec qui, aux heures de misère, on partageait son pain, — cum pane. C’est l’ancien nominatif de compagnon.

Rigaud, 1881 : Camarade de collège.

Le vrai mot est compain ou compaing, qui, du temps de nos bons aïeux, signifiait compagnon, qui lui-même vient de cum et panis, qui mange le même pain.

(Albanès, Mystères du collège)

La Rue, 1894 : Compagnon, ami.

Virmaître, 1894 : Camarade de collège, compagnon. Ce mot n’appartient pas à Ed. About, comme le dit M. Lorédan Larchey, c’est un dérivé du vieux mot français compaing. Copaille pour copain (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Camarade, ami.

Hayard, 1907 : Camarade, compagnon.

France, 1907 : Camarade, compagnon d’études, d’atelier. Du vieux mot compaing, nominatif de compagnon, qui vient du latin cum pane, celui avec lequel on partage son pain.

Celui qui ose affronter la tyrannie est généralement estimé de ses condisciples, il est de toutes les parties, de tous les jeux, il a de nombreux copains. Être copain, c’est se joindre par une union fraternelle avec un camarade et mettre en commun jouets, semaines, confidences, tribulations ; c’est une amitié naïve et vraie, sais arrière-pensée d’égoïsme ou d’intérêt, qu’on ne trouve guère qu’au collège.

(Henri Rolland, L’Écolier)

Polyt’ c’est un copain à moi ;
Un chouette, un zigard, un vieux frère,
Mais i’ chahut’ ma ménagère,
Et, par moment, ça m’fout un froid.

(Aristide Bruant)

Espiègle

d’Hautel, 1808 : Un grand espiègle. On donne souvent par raillerie ce nom à une personne d’une très grande simplicité d’esprit, qui fait le jouet de la société où il se trouve.

Monter à l’arbre

Delvau, 1866 : v. n. Être le jouet innocent de quelques farceurs qui font pour vous, homme, ce que d’autres farceurs font pour Martin, ours, au Jardin des Plantes, — sans réfléchir que, furieux d’être ainsi joué, vous pouvez leur casser les reins d’un coup de griffe. On dit aussi Monter à l’échelle.

France, 1907 : Attendre ce qui ne viendra jamais.

Les gens qui montent à l’arbre, c’est-à-dire les naïfs, les crédules à qui on fait croire que la colonne Vendôme a été élevée par les Romains et que l’obélisque compte retourner bientôt en Égypte.

(Aurélien Scholl)

Pattes de lapin

France, 1907 : Petits favoris ne dépassant pas l’oreille.

Ce compagnon semblait avoir dépassé la soixantaine. De petits favoris coupés en patte de lapin hérissaient ses jouets creuses ; au-dessus d’une bouche en coup de sabre, édentée, saillait un grand nez anglais, chevalin et droit.

(Hugues Le Roux)

Pomper le gaz

Delvau, 1866 : v. a. Être le jouet d’une mystification, — dans l’argot des calicots, qui se plaisent à faire monter tout nouveau sur le comptoir et à lui faire manœuvrer des deux mains un mètre à coulisse, la prétendue pompe à gaz.

France, 1907 : Plaisanterie que les employés de magasins font aux nouveaux venus, et qui consiste à les faire monter sur le comptoir et à leur faire manœuvrer une pompe à gaz qui n’est autre qu’un mètre à coulisse, les nouveaux aménagements ont fait tomber en désuétude cette facétie.

Saint-Nicolas de village (faire le)

France, 1907 : Se parer de ses plus beaux atours. On sait que c’est le patron des enfants qui, dans les provinces de l’Est spécialement, attendent de lui des jouets, le 6 décembre, jour de sa fête, comme ils en attendent à Noël.

Saint Nicolas, bon vieillard à face rose et à barbe blanche, s’en est allé, cette nuit, par les grand’routes, suivi de son âne docile qui ploie sous une lourde charge de jouets et de bonbons. Saint Nicolas est vêtu d’or et de soie, une mitre incrustée de pierres précieuses enserre ses cheveux gris, et sa main gantée de violet et baguée d’émeraude tient ferme encore une crosse de bois précieusement sculptée… Il est très beau, saint Nicolas.

(Clément Vautel, L’Événement)

Toupie

d’Hautel, 1808 : Au propre, jouet d’enfant. Au figuré, terme de mépris, qui sert à désigner une femme tombée dans la plus vile prostitution.

Halbert, 1849 : Femme sans mœurs.

Delvau, 1864 : Femme de mauvaise vie, mais de bonne volonté, qu’on fait tourner comme l’on veut — en y mettant le prix.

Misère et corde ! c’est déjà des histoires pour des toupies.

(Gavarni)

Larchey, 1865 : Femme de peu, tournant en toutes mains, comme une toupie. — Usité dès 1808.

L’insolent traite sa grande sœur de toupie.

Colmance.

Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme de mauvaise vie, qui tourne au gré du premier venu, — dans l’argot du peuple, cruel pour les drôlesses, ses filles. Les voyous anglais emploient la même expression (gig) à propos des mêmes créatures.

Delvau, 1866 : s. f. La tête, — dans l’argot des faubouriens. Avoir du vice dans la toupie. Être très malin, savoir se tirer d’affaire.

Rigaud, 1881 : Femme de mauvaise vie. — Elle tourne comme une toupie dans les bras de tous les hommes.

Fustier, 1889 : Dame d’un jeu de cartes.

La Rue, 1894 : La tête. Femme méchante ou de mauvaises mœurs.

Hayard, 1907 : Femme.

France, 1907 : Femme ou fille de mœurs légères ; elle tourne et est livrée aux coups comme une toupie.

Mais le No 1 n’est pas tout seul. Il y a le No 2, il y a le No 3 et il y a le No 4, et il y a le No 5, car ces toupies de femmes, dès que vous n’écrabouillez pas sous leur nez leur premier Roméo, lui trouvent immédiatement des légions de cousins. La mienne, à vrai dire, s’est contentée d’en récolter six, soit sept bonshommes dans le même bonnet, ou la même capote, si cette plaisanterie ne vous parait pas trop déplacée.

(P. Fournier, Don Juan)

France, 1907 : Tête, allusion de forme ; argot faubourien. Avoir du vice dans la toupie, être rusé.

À peine âgée de douze ans, elle faisait déjà voir le tour à père et mère, nous montrant quel vice elle avait dans la toupie.

(Les Joyeusetés du régiment)

Toy-terrier

France, 1907 : Petit chien de la race des carlins, littéralement terrier-jouet. Anglicisme.

On m’a donné un aimable petit chien, gros comme les deux poings, et appartenant, je crois, à l’espèce toy-terrier. Avec ses pattes élégantes et menues, son corps mince, son poil fauve et doré, sa tête fine aux oreilles hautes et moufflues, il ressemble à un chevreuil lilliputien. Ses yeux, pareils à deux cerises noires, son nez couleur de truffe, sa bouche spirituellement fendue, lui donnent une espiègle frimousse d’écureuil.

(André Theuriet)

Triboulet

d’Hautel, 1808 : Servir de triboulet. C’est-à-dire, de bardeau ; être le jouet de la société.

Delvau, 1866 : s. m. Homme grotesque, servant de jouet aux autres, — en souvenir du fou de Louis XII et de François Ier.

Trôleur

Rigaud, 1881 : Vagabond, rôdeur de barrière. — Marchand de peaux de lapins.

La Rue, 1894 : Commissionnaire. Vagabond. Marchand qui fait la trôle. Marchand de peaux de lapin.

France, 1907 : Artisan, marchand qui colporte ses propres produits. Il ne faut pas confondre le trôleur avec le camelot qui débite des journaux, la question ou le jouet du jour et qui n’est qu’un intermédiaire. Le trôleur vend les œuvres dont il est l’auteur. Mais son métier a de dures exigences. Il faut que ce petit fabricant vende de suite et à tout prix sa marchandise. La mère et les enfants attendent souvent pour dîner son retour. Aussi l’ouvrier n’a quelquefois pas le temps de fignoler son travail. Il l’offre tel

Vezou

France, 1907 : Prostituée. Vezzo, en italien, signifie jouet, vice, au pluriel : caresses.

Quant aux filles publiques, les hommes les désignent par un grand nombre d’appellations… Les termes employés avec le plus de grossièreté sont les suivants : toupie, bagasse, calèche, grenouille, tortue, volatile, rouscailleuse, couillère, vessie, vezou.

(Léo Taxil)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique