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Croire que c’est arrivé

France, 1907 : Prendre une chose au sérieux ; s’imaginer qu’une fortune imméritée et passagère va durer toujours. « Les colonels de la Commune, élevés à ce poste par l’ignorance ou la jobarderie, croyaient tous que c’était arrité. »

Mais tout le monde ne jouit pas de cette philosophie délicieuse, de cette bonhomie légèrement goguenarde capable d’enfanter de tels propos. Il est des robins gourmés, austères, pénétrés de la gravité de leur mission ; il est de simples mortels croyant que c’est arrivé, que le Code est dieu et que les procureurs sont ses prophètes, — que la Loi, cette entité majestueuse, règne, gouverne, châtie qui même étend le doigt vers sa robe sacrée.

(Séverine)

Job

Bras-de-Fer, 1829 : Niais.

Vidocq, 1837 : s. m. — Niais.

Larchey, 1865 : Niais. — Abrév. du vieux mot jobelin V. Roquefort.

Si j’étais assez job pour croire que vous me donnez toute une fortune.

(E. Sue)

Jobarder : Duper.

Je ne veux pas être jobardé.

(Balzac)

Joberie : Niaiserie (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. m. Innocent, imbécile, dupe, — dans l’argot des faubouriens, qui parlent comme écrivaient Noël Du Fail en ses Propos rustiques et d’Aubigné en sa Confession de Sancy.

Delvau, 1866 : s. m. Tromperie, mensonge. Monter un job. Monter un coup. Monter le job. Tromper, jouer une farce.

Rigaud, 1881 : Niais, dupe. C’est jobard par apocope. — Se monter le job, se monter la tête, l’imagination. Une femme dit d’un homme qui prétend être aimé pour lui-même qu’il se monte joliment le job.

La Rue, 1894 : Imbécile. Tromperie.

France, 1907 : Niais, imbécile, dupe. Vieille allusion sans doute au biblique Job qui, devenu le pauvre que l’on sait, couvert de plaies et d’ulcères, couché sur son fumier, remerciait le ciel de ses maux. En qualifiant de son nom les niais et les dupes, le bon sens populaire indiquait qu’il se révoltait de celte insanité.

France, 1907 : Tromperie. Se monter le job, s’illusionner, se monter le coup.

France, 1907 : Veau ; argot des chauffeurs de l’an VIII.

Jobarder

Delvau, 1866 : v. a. Tromper, se moquer ; duper. Se faire jobarder. Faire rire à ses dépens.

Rigaud, 1881 : Duper, mystifier, rire aux dépens de.

France, 1907 : Tromper, mystifier. Se faire jobarder, faire rire à ses dépens.
Le nombre de vocables et d’expressions désignant le fait de duper son prochain est très considérable, ce qui prouve combien cet art est devenu commun. Citons-en quelques-uns : affûter, amarrer, allumer, bouler, battre l’antif, conter des mistoufles, donner un pont à faucher, emblèmer, empaumer, enfoncer, entortiller, faire la barbe, faire la queue, faire voir le tour, faire à l’oseille (la), flancher, gourrer, hisser un gandin, juiffer, mener en bateau, monter un bateau, mettre dedans, promener quelqu’un, pigeonner, refaire, refaire au même, rouster, etc.

Jobarderie

Delvau, 1866 : s. f. Confiance par trop excessive en la probité des hommes et la fidélité des femmes.

France, 1907 : Confiance trop marquée en l’honnêteté du prochain.

Jobarderie, joberie

Rigaud, 1881 : Niaiserie, bêtise.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique