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Faubourien

Larchey, 1865 : Ouvrier des faubourgs de Palis.

Ces combats que la jeunesse dorée livrait non sans succès aux farouches faubouriens, aux septembriseurs endurcis.

(Roqueplan)

Delvau, 1866 : s. m. Homme mal élevé, grossier, dans l’argot des bourgeois, qui voudraient bien être un peu plus respectés du peuple qu’ils ne le sont.

France, 1907 : Individu mal élevé, turbulent et batailleur, qui grasseye en parlant. Un accent faubourien, des matières faubouriennes.

Merveilleux

France, 1907 : Surnom des ancêtres, sous le Directoire, de nos boudinés et gommeux actuels, ce qu’on appelait la jeunesse dorée et qui n’est plus que la jeunesse demi-dorée. Théophile Gautier a décrit ainsi le merveilleux :

À l’avant-scène se prélassait un jeune merveilleux, agitant avec nonchalance un binocle d’or émaillé. Un habit de coupe singulière. hardiment débraillé et doublé de velours, laissait voir un gilet d’une couleur éclatante et taillé en manière de pourpoint ; un pantalon noir collant dessinait exactement ses hanches : une chaine d’or pareille à un ordre de chevalerie chatoyait sur sa poitrine ; sa tête sortait immédiatement de sa cravate de satin sous le liséré blanc de rigueur à cette époque… Les cheveux rasés à la Henri III, la bouche en éventail, les sourcils troussés vers les tempes, la main longue et blanche, avec une large chevalière ornée à la gothique, rien n’y manquait.

Muscadin

d’Hautel, 1808 : Pour dire fat, olibrius, fanfaron ; faquin rempli de musc, parfumé de toutes sortes d’odeurs.

Delvau, 1866 : s. m. Fat, dandy plus ou moins authentique, — dans l’argot du peuple, qui a conservé le souvenir des gandins du Directoire.

France, 1907 : On donne encore ce nom, dans les campagnes, aux farauds de village, aux fils de gros fermiers qui singent les jeunes gens de la ville, aux élèves d’huissier ou de notaire aux manières prétentieuses. C’est une réminiscence du 9 thermidor, de ce qu’on appelait alors la jeunesse dorée, et des modes du Directoire : de musc, à cause des parfums dont ils se couvraient.

Oreilles de chien

France, 1907 : Un des sobriquets donnés aux petits jeunes gens appartenant à la jeunesse, dite dorée, du Directoire.

Au commencement de l’an III, quand les patriotes furent écrases et qu’il n’y eut plus qu’à piétiner sur les vaincus, les crevés sortirent de leurs trous et promenèrent dans les sections leurs faces blêmies par la débauche et la peur, cette peur implacable du lâche et du corrompu ; ils se joignirent aux petits émigrés cachés chez les filles, aux élégants de contrebande travestis en aristocrates sous le sobriquet de jeunesse dorée… et toute cette canaille élégante régna sur Paris, au nom de la modération et du bâton plombé, assommant les patriotes quand ils étaient vingt contre un, et fouettant leurs femmes, aux applaudissements des nymphes… Dès cette époque, et bien avant déjà, la petite coterie s’était renforcée de l’élément plébéien dans une forte proportion ; car les petits du bourgeois ont toujours aimé jouer au gentilhomme. Cette coalition forma ce bataillon de singes qu’on a tour à tour nommés : muscadins, jeunes gens, jeunesse dorées, cadenettes, peignes retroussés, incroyables, merveilleux, oreilles de chien, et, sous le Directoire, pourris (ce mot-ci est bien aussi pittoresque que les nôtres).

(Louis Combes, Curiosités révolutionnaires)

Peignes retroussés

France, 1907 : Sobriquet donné à la jeunesse dorée du Directoire. Voir Oreilles de chien.

Ruolzé

Delvau, 1866 : adj. Ce qui brille sans avoir de valeur intrinsèque, ce qui a une élégance ou une richesse de surface, — par allusion au procédé de dorure et d’argenture découvert par Ruolz. Existence ruolzée. Vie factice, composée de fêtes bruyantes, de soupers galants, d’amis d’emprunt et de femmes d’occasion, mais dont le bonheur est absent. Jeunesse ruolzée. C’est notre Jeunesse dorée, et elle vaut moins, quoiqu’elle soit aussi corrompue.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique