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Faire les cent coups

France, 1907 : Se livrer à toutes sortes d’excès ou de folies ; jeter sa gourme.

— Nous sommes des honnêtes gens, ici. Oui, comparativement à lui, nous sommes des honnêtes gens. Et parce qu’il vient, dans ta boutique à toi, et dans mon hôtel à moi des voyous, des escarpes et des bourgeois en redingote, des fourrures au cou, qui font du mal à des petites filles dont les mères ont faim, je dis tout de même que c’est plus honnête ici que chez lui ! Il que doit trois cent mille francs, qu’il m’a volés ! et il ne croyait pas un mot des choses dont je le payais pour qu’il les dit ! et il trouvait drôle d’être un menteur, un voleur et une crapule ! Vraiment, c’est bien, qu’une fille comme moi, qu’une garce comme moi, qu’une rouleuse comme moi, qui a fait les cent coups, qui n’a jamais rien aimé de beau, ni de bien, — ah ! je me connais, allez ! je sais ce que je vaux ! — puisse dire ça à cet ignoble journaliste, qui n’a rien à y répondre !

(Catulle Mendès, Gog)

On dit aussi dans le même sens : faire les cent dix-neuf coups :

Faites le diable à quatre, faites les cent dix-neuf coups… vous aurez de l’argent, et l’argent, dans notre siècle, il n’y a que ça !… On s’en fiche de la vertu ; la pauvreté, on la méprise…

(J. Patrice)

Gourme

Delvau, 1866 : s. f. La fougue de la jeunesse, — dans l’argot du peuple, qui sait que cet impetigo finit toujours par disparaître avec les années, — malheureusement ! Jeter sa gourme. Vivre follement, en casse-cou, sans souci des périls, des maladies et de la mort.

Jeter sa gourme

France, 1907 : Se dit en parlant d’un jeune homme on d’un adolescent qui se livre à des folies. Un préjugé fort répandu fait considérer la gourme des enfants comme une espèce d’émonctoire, de dépuration nécessaire à la santé. Donc le jeune homme, à ses débuts dans le monde, doit jeter sa gourme, c’est-à-dire son trop-plein de vigueur, sous peine de le jeter dans l’âge mûr, alors que les conséquences peuvent en être terribles.
Il faut en rabattre de ce préjugé né de l’ignorance ou de l’orgueil des mères. Les gourmes ne sont que la marque répugnante, comme dit le docteur Maréchal, d’un organisme taré. Et les mères, loin de se réjouir de leur apparition, ne peuvent considérer cette hideuse éruption chez leur enfant que comme la preuve certaine d’un sang vicié et appauvri et un pronostic de scrofule.

Pognon être (au)

France, 1907 : Avoir de l’argent, être riche.

Quand la pauvrette eut fait ses couches, le mufle avait soupé d’elle et il la plaqua.
Un moment, il avait eu envie de « régulariser sa situation », mais sa famille, qui était au pognon, n’eut pas de peine à faire comprendre au bourgeoisillon qu’on prend une ouvrière pour s’amuser, — histoire de jeter sa gourme — mais non pour le conjugo.

Pour le mariage, c’est pas le caractère et les sympathies qu’il faut assortir : c’est les sacs d’écus !

(Le Père Peinard)

Quand viendra le jour ousque les anarchisses
Auront pris le pognon des capitalisses,
Les capitalisses deviendront anarchos
Et les anarchiss’s auront des capitaux.

(Jules Jouy)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique