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Gueuler

d’Hautel, 1808 : Crier à tue-tête, hurler à la manière des bêtes.

Delvau, 1866 : v. n. Crier, gronder. Signifie aussi Parler.

France, 1907 : Crier, invectiver.

Le drôle parlait de me faire passer au conseil pour refus de service. Il gueulait à faire crouler les murs. Des sergents vinrent, je m’expliquai, et tout rentra dans l’ordre.

(Sutter-Laumann, Histoire d’un Trente sous)

— Deux litres tout de suite, chacun le sien ! gueula Jésus-Christ.

(Émile Zola, La Terre)

Et quand il sut jacter nature,
L’entraver comme un marloupin,
Il fit de la littérature ;
Et l’on entendit Montépin
Et Collas et d’autres rengaines
Hurler, crier, sur tous les tons,
Et gueuler comme des baleines…
… Et ce que nous nous en foutons !…

(Aristide Bruant)

Jacqueter, jacter

France, 1907 : Parler, bavarder.

Donc, à l’époque, on parlait d’un tas de choses… Turellement, les idées n’étaient pas aussi avancées qu’aujourd’hui. Dans les ateliers, on jacquetait, et pas mal de pauvres bougres traitaient de loufoques les copains qui parlaient de la journée de huit heures.
Faut voir ce qu’on rigolait du zigue qui gobait que huit heures de turbin c’est assez pour un ouvrier, — il était tout au plus bon à foutre à Charenton…

(Le Père Peinard)

La véritable orthographe est jacter, puisque le mot vient du latin jactare, vanter.
Il signifie aussi prier.

Sainte Lariemuche, jacte pour nosorgues !
Sainte daronne du Dabuche,
Daronne très larepoque,
Daronne gironde,
Daronne épatante,
Marmite remplie des thunes de la Sainte-Essence,
Jacte pour nosorgues,
Casserole très bat,
Cafetière rupine de la vraie ratichonnerie,
Turne de toc,
Jacte pour nosorgues,
Lourde de tielcème,
Dabuche des vieux gonzes,
Dabuche des ratichons,
Jacte pour nosorgues !
Morne du grand Dabe qui nettoie les léchés du pé du londemuche, lardonne pème à nosorgues, Dabuche !

(Catulle Mendès, Gog)

Jactance

Rigaud, 1881 : Bavardage. — Jacter, bavarder. — Jacteur, bavard, dans le jargon du peuple.

France, 1907 : Parole.

Jacter

Ansiaume, 1821 : Parler.

Pendant que vous jactés, j’ai grinchi deux rondines à la buque.

Clémens, 1840 : Crier.

un détenu, 1846 : Dire, proclamer, crier.

Delvau, 1866 : v. n. Parler, — dans l’argot des voleurs, qui ont emprunté ce verbe à la vieille langue des honnêtes gens (jactare, vanter, prôner).

La Rue, 1894 : Parler. Crier. Jaquette, bavard.

Virmaître, 1894 : Parler, crier.

Si quelque pante
Se glisse et entre
Et se permet
Chez nous de faire du pet
On l’saigne, on l’frotte,
Et c’est fini par là.
S’il se cacale et jacte dans la rue
Pour ameuter tous les daims contre nous.

dit une des plus vieilles chansons d’argot connue.
Jacter vient sûrement de jacare (Argot des voleurs).

Jacter, jaspiner

anon., 1907 : Causer.

Marloupin

Virmaître, 1894 : Jeune marlou qui fait son apprentissage dans les bals publics. On dit aussi goussepin : petit vagabond dont la première étape est la petite Roquette et la dernière souvent, la grande. Goussepin gouspiné : voler (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Jeune marlou.

France, 1907 : Jeune marlou.

Quand on paie en monnaie d’singe
Nous aut’ marloupins,
Les sal’s michetons qu’a pas d’linge,
On les pass’ chez paings.

(Jean Richepin)

Et quand il sut jacter nature,
L’entraver comme un marloupin,
Il fit de la littérature,
Et l’on entendit Montépin
Et Collas et d’autres rengaines
Hurler, crier, sur tous les tons,
Et gueuler comme des baleines,
… Et ce que nous nous en foutons !…

(Aristide Bruant)

Rejacter

France, 1907 : Répéter, redire ; argot des voleurs.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique