France, 1907 : C’était une association de laïques et de prêtres qui s’engageaient à vivre le plus simplement possible, à renoncer au luxe, à toutes les mollesses de la vie ; et l’on prétendait que les membres de cette association s’interdisaient tout autre mobilier que celui de bois blanc. Cette association avait été fondée par le curé de la Madeleine, l’abbé Le Rebours, mort de chagrin, dit-on, en avril 1894, à la suite de l’explosion de la bombe de l’anarchiste Pauwel. Elle n’eut pas grand succès ; les mondaines se refusèrent à l’introduction du bois blanc dans leur salon.
Bois blanc (société des)
Bouillon chaud
Delvau, 1864 : Sperme, au moment de son introduction dans le vagin de la femme.
Faire une pince au bonnet de grenadier
Delvau, 1864 : Se dit des femmes qui, lorsqu’on les baise, se placent de façon à rendre l’introduction du membre moins facile et à faire supposer — aux imbéciles — qu’elles sont étroites.
V’là pourtant qu’un jeune vélite,
Malgré sa taille tout’ petite,
Un soir voulut en essayer.
À ses désirs je m’ prête
Mais je n’ perds pas la tête :
Pour qu’il n’y entr’ pas tout entier,
Je fis un’ pince — au bonnet d’ guernadier.
(Henri Simon)
Général Macadam
Delvau, 1866 : s. m. Le public, qui est le Salomon de toutes les filles. On disait le général Pavé, avant l’introduction en France du système d’empierrement des rues dû à l’ingénieur anglais Mac Adam.
France, 1907 : Le public ; se disait du temps où la composition boueuse inventée par Mac Adam transformait en dépotoir les rues de Paris. Une fille publique était entretenue par le général Macadam ou le général Pavé.
Jésuite
d’Hautel, 1808 : Nom donné aux religieux d’un ordre célèbre. On appelle vulgairement un dindon un jésuite, parce qu’on attribue l’introduction de cet oiseau en Europe aux Jésuites, envoyés comme missionnaires dans l’Inde.
Ansiaume, 1821 : Dindon.
Je donnerais 30 jacques pour tortiller ma part d’un jésuite.
Vidocq, 1837 : s. m. — Dindon.
Larchey, 1865 : Dindon (Vidocq). — C’est aux jésuites qu’on doit l’acclimatation du dindon.
Delvau, 1866 : s. m. Dindon, — dans l’argot des voleurs, qui doivent employer cette expression depuis l’introduction en France, par les missionnaires, de ce précieux gallinacé, c’est-à-dire depuis 1570.
Virmaître, 1894 : Dindon. Ce sont les jésuites qui, en 1570, ont introduit le dindon en France ; mais tous ceux qui ont été leurs victimes ne pensent pas comme les voleurs (Argot des voleurs).
France, 1907 : Cafard, dénonciateur, espions.
France, 1907 : Dindon. Le jésuite ne l’est pourtant pas ; mais il faut se rappeler que ce précieux gallinacé a été introduit en France au XVIe siècle par des missionnaires de la Compagnie de Jésus.
Monseigneur
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Levier ou pince en fer.
Bras-de-Fer, 1829 : Pince.
Vidocq, 1837 : s. f. — Pince qui sert aux voleurs pour enfoncer les portes.
Larchey, 1865 : Pince à forcer les portes. — Jeu de mots. — Quelle est la porte ne s’ouvrant pas lorsqu’on annonce monseigneur ? — Si, comme l’affirme M. Fr. Michel, on a dit autrefois Monseigneur le Dauphin et par abréviation Dauffe, nous voyons encore là un calembour sur le dos fin de la pince qui permet son introduction. Caroubleur. V. Caroubleur.
Delvau, 1866 : s. m. Pince de voleur, qui sert à crocheter les portes. Les voleurs anglais disent de même Bess ou Betty.
Rigaud, 1881 : Pince à effraction. Ainsi nommée parce que jadis rien ne résistait à celui à qui l’on donnait du « monseigneur ».
La Rue, 1894 : Pince à effraction.
Rossignol, 1901 : Pince en fer à l’usage des voleurs.
France, 1907 : Pince dont se servent les voleurs pour forcer les portes.
Arrive la nuit. Avec les bonnes dispositions de la population actuelle, avec cette armée, sans cesse croissante, de rôdeurs de nuit, souteneurs, caroubleurs, casseurs de portes, vagabonds, ivrognes, poivriers et escarpes, qui se répand dans Paris, cherchant fortune à la force du monseigneur ou à la pointe du surin, il n’est pas prudent de laisser sortir seul un gardien en uniforme. On est donc obligé de les faire circuler par deux.
(Hogier-Grison, La Police)
On appelle aussi monseigneur la barre de fer en forme de pince dont se servent les paveurs.
Rouchi
Larchey, 1865 : Personne méprisable.
Veux-tu te cacher, vilain rouchi. Tu reviendras quand tu seras blanchi.
(1844. Catalogue poissard)
Du vieux mot rouchi : mauvais cheval. V. Roquefort.
Delvau, 1866 : s. m. Homme sans morale et sans honnêteté, voyou, — dans l’argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Gredin ; homme de rien.
La Rue, 1894 : Gredin. Rouchie, vile prostituée.
Virmaître, 1894 : Homme sans conscience, pour qui le Code est un bréviaire. Terme méprisant très en usage (Argot du peuple).
France, 1907 : On norme ainsi le patois du Hainaut.
C’est au cabaret, maintenant, que les ouvriers se réunissent, pour s’entretenir des questions à l’ordre du jour, pour parler des salaires, des grèves, des fluctuations commerciales, pour discuter les problèmes sans cesse renaissants de la politique et des affaires. Là, on n’entend plus qu’un jargon informe, dégénéré, abâtardi,, mélangé de français, de picard, de rouchi, assaisonné d’un grand nombre de termes empruntés à l’argot des villes et des ateliers.
(Chanoine D. Haigneré, Introduction à l’étude du patois du Bas-Boulonnais)
Sermone pedestri
France, 1907 :
Pour le vulgaire des citadins, la construction de la phraséologie rurale est quelque chose de tellement insolite et de si apparemment confus qu’on n’y voit pas autre chose qu’un obscur charabia. Et pourtant, il n’y a rien de plus simple, de plus logique que la trame grammaticale de ce vieux langage traditionnel, je ne dis pas tel qu’il est écrit dans les livres ni tel que nous le présentent les versificateurs trop souvent disposés à en altérer la contexture, pour arriver plus aisément à former leurs hémistiches, mais tel qu’on peut l’entendre dans la bouche de ceux qui le parlent sermone pedestri, sans aucun mélange du français classique.
(Chanoine D. Haigneré, Introduction à l’étude du patois bas-boulonnais)
Sui generis
France, 1907 : De sa propre espèce, spécial. Une odeur sui generis.
Le langage de nos paysans est constitué d’après une syntaxe grammaticale sui generis, composée de règles très simples, très rapprochées de celles des langues primitives, phénomène curieux qui achève de les placer dans une catégorie toute spéciale, en les distinguant tout à fait du milieu linguistique au centre duquel ils se sont formés…
(Chanoine D. Haignere, Introduction à l’étude du patois du Bas-Boulonnais)
Tu te sus désirable et belle ;
Dès lors, le parfum des Laïs
Chassa l’odeur de la femelle
Et son relent sui generis.
(Max Guerrier, La Chanson des gueux)
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