Hurler
d’Hautel, 1808 : Il faut hurler avec les loups. Signifie qu’il faut prendre un ton élevé avec les méchans ; ne pas s’en laisser imposer.
Rigaud, 1881 : « Les tailleurs de pierre compagnons étrangers, les menuisiers et les serruriers du devoir de Liberté ne hurlent pas, non plus que les tailleurs de pierre compagnons passants. Les ouvriers de tous les autres corps d’état hurlent, et ils appellent cela chanter, par la raison qu’ils articulent ainsi des mots qu’eux seuls peuvent comprendre. » (Almanach des métiers, 1852)
On apprend à hurler avec les loups
France, 1907 : Le dicton a deux significations : 1o On prend fatalement les habitudes et les mœurs des gens avec lesquels on vit, on subit malgré soi l’influence du milieu. 2o On apprend à se servir contre les êtres malfaisants de leurs propres armes.
Racine emploie ce dicton dans ce dernier sens à la première scène de sa comédie des Plaideurs :
Un juge, l’an passé, me prit à son service,
Il m’avait fait venir d’Amiens pour être suisse.
Tous ces Normands voulaient se divertir de nous :
On apprend à hurler, dit l’autre, avec les loups.
Tous Picard que j’étais, j’étais un bon apôtre…
Savoir hurler avec les loups
France, 1907 : S’accoutumer aux habitudes, aux mœurs des gens avec lesquels on vit ; ne pas heurter leurs usages, suivant le précepte de Corneille :
Une vertu parfaite a besoin de prudence
Et doit considérer, pour son propre intérêt,
Et les temps où l’on vit et les lieux où l’on est.
Cette locution signifie aussi savoir se servir contre les méchants de leurs propres armes.
Tous ces Normands voulaient se divertir de nous ;
On apprend à hurler, dit l’autre, avec les loups !
(Racine, Les Plaideurs)
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