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Argotier

Vidocq, 1837 : s. m. — Celui qui parle argot, sujet du grand Coësré. (Voir ce mot.)

Delvau, 1866 : s. m. Voleur, — dont l’argot est la langue naturelle.

France, 1907 : L’antiquité nous apprend, et les docteurs de l’argot nous enseignent qu’un roi de France ayant établi des foires à Niort, Fontenay et autres lieux du Poitou, plusieurs personnes se voulurent mêler de la mercerie ; pour remédier à cela, les vieux mercies s’assemblèrent, et ordonnèrent que ceux qui voudraient, à l’avenir, être merciers, se feraient recevoir par les anciens, nommant et appelant les petits marcelots, pêchons, les autres melotiers-hure. Puis ordonnèrent un certain langage entre eux, avec quelques cérémonies pour être tenues par les professeurs de la mercerie. Il arriva que plusieurs merciers mangèrent leurs balles ; néanmoins ils ne laissèrent pas d’aller aux susdites foires, où ils trouvèrent grande quantité de pauvres gueux et de gens sans aveu, desquels ils s’accostèrent, et leur apprirent leur langage et cérémonies. Des gueux, réciproquement, leur enseignèrent charitablement à mendier. Voilà d’où sont sortis tant de braves et fameux Argotiers, qui établirent l’ordre qui suit :
Premièrement, ordonnèrent et établirent un chef ou général qu’ils nommèrent Grand-Coëre ; quelques-uns le nommèrent roi des Tunes, qui est une erreur : c’est qu’il y a eu un homme qui a été Grand-Coëre trois ans, qu’on appelait roi de Tunes, qui se faisait trainer par deux grands chiens dans une petite charrette, lequel a été exécuté dans Bordeaux pour ses méfaits. Et après ordonnèrent dans chaque province un lieutenant qu’ils nommèrent Cagou, les Archisuppôts de l’Argot, les Narquois, les Orphelins, les Milliards, les Marcandiers, les Riffodes, les Malingreux, les Capons, les Piètres, les Polissons, les Francs-Migoux, les Callots, les Sabuleux, les Hubins, les Coquillards, les Courtaux de Boutanches et les Convertis, tous sujets du Grand-Coëre, excepté les Narquois, qui ont secoué le joug de l’obéissance.

J’aime un argotier au mufle de fauve,
Aux yeux de vieil or, aux reins embrasés,
Qui seul fait craquer mon lit dans l’alcôve
Et mon petit corps sous ses grands baisers.

(Jean Richepin)

Habin

Vidocq, 1837 : s. m. — Chien.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Delvau, 1866 : Chien, — dans l’argot des voleurs, qui ont emprunté ce mot au vieux langage des honnêtes gens. On dit aussi Happin et Hubin. Habin ergamé. Chien enragé.

Hubin

France, 1907 : Chien, du nom de saint Hubert à qui l’on attribuait le pouvoir de guérir de la rage.

France, 1907 : Pèlerin de Saint-Hubert prétendant avoir été mordu pur un chien enragé et mendiant sur la route.

Les hubins triment ordinairement avec une luque comme ils bient à Saint-Hubert.

(Le Jargon de l’argot)

Hubins

anon., 1827 / Halbert, 1849 : Ceux qui se disent mordus de chiens enragés.

Hubins

Vidocq, 1837 : s. m. — Anciens sujets du grand Coësré, qui mendiaient avec des certificats qui attestaient qu’ils avaient été guéris de la rage, et qu’ils allaient en pélerinage à Saint-Hubert.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)


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