Merlin, 1888 : Schako, — de l’allemand Block et house, ou haus.
Blockhauss
Charbonnier est maitre chez lui
France, 1907 : « François, chassant dans la forêt de Fontainebleau, se sépara de sa suite et s’égara. Surpris par la nuit, il alla frapper à la porte de la cabane d’un charbonnier qui le reçut poliment et lui offrit de partager son souper. Mais quand on se mit à table, le rustique amphitryon, ignorant la qualité de son hôte, se fit donner la chaise sur laquelle le roi s’était assis, disant que, comme elle était la meilleure, il ne la cédait à personne, parce qu’un charbonnier, quoique pauvre, n’en était pas moins le maître chez lui. Apart cela, il traite son convive de son mieux, lui faisant manger un morceau de sanglier tué par lui en dépit des ordonnances royales, ajoutant que si le Grand nez le savait, il le ferait pendre. Le Grand nez soupa gaiement, se coucha dans la cabane et, réveillé au point du jour, sonna du cor. Sa suite, qui l’avait cherché toute la nuit, accourut aussitôt. Le charbonnier, qui n’avait vu de si près pareils seigneurs, fut émerveillé de les trouver à sa porte et le fut plus encore quand il les vit parler à son hôte, tête nue et avec les marques du plus profond respect. Il reconnut bien vite que c’était le roi, le roi à qui il avait fait manger du gibier braconné sur les terres royales, le roi qu’il avait appelé sans façon Grand nez, et à qui il n’avait même pas donné la première place à table, sous prétexte que charbonnier était maître chez lui.
François, riant de la frayeur du bonhomme, le rassura et lui octroya, dit-on, les requêtes qu’il lui adressa. Le mot, souvent répété à la cour, devint proverbe pour exprimer que chacun est maître dans sa maison. »
An Englishman’s house is his castle (La maison d’un Anglais est son château) est la fière devise des sujets de l’empire britannique.
— Homme, comme vous êtes petit ! dit un jour Ferdinand VI an duc de Medina-Cœli, le premier des grands d’Espagne, qui essayait de l’aider à mettre son manteau. — Je suis grand chez moi, répliqua le duc. Et répétant le proverbe espagnol : Dans ma maison, je suis roi.
Mientras en mi casa estoy,
Rey me soy.
Housette
Fustier, 1889 : Botte.
France, 1907 : Bottes ; du gothique hosau, chaussure profonde, d’où nous avons fait houseaux.
Instrument
Delvau, 1864 : Le membre viril, ou la nature de la femme.
Jamais pire homme je ne vis !
Et je crains bien votre instrument.
(Ancien théâtre français)
La soudain sans attendre plus
Je lui happe son instrument,
Et je lui lave doucement.
(Farces et moralités)
Et ci a l’instrument grand et gros, de la longueur du bras.
(Les Cent Nouvelles nouvelles)
Touche du moins, mignonne frêtillarde,
Sur l’instrument le plus doux en amour.
(Théophile)
Il lui dit qu’il savait jouer d’un autre instrument qui ravissait bien davantage.
(Ch. Sorel)
Et puis pensez que l’instrument
Il faudra bien que l’on me prête.
(Farces et moralités)
D’une on dit qu’elle ayme Hutin,
Et a l’instrument compassé
Comme un houseau de biscaïen,
Quand a le ventre deslacé.
(G. Coquillard)
Monsieur l’officier condamna la pauvre fille à prêter son beau et joli instrument à son mari.
(Bonaventure Desperriers)
Rien de nouveau sous le soleil
France, 1907 : C’est ce qu’affrmait déjà, voilà bientôt quatre cents ans, le poète Mellin de Saint-Gelais :
Di je quelque chouse nouvelle,
L’antiquité, toute en cervelle,
Me dict : je l’ai dict avant toy,
C’est une plaisante donzelle !
Que ne venoit elle aprez moy ?
Moy, je l’aurois dict avant elle.
Vous vous récriez que l’une des deux histoires est faite à plaisir pour parodier l’autre. Non, elles sont toutes deux également vraies. Et cela vous prouve que de roi Salomon n’avait pas tort d’assurer, trois mille ans environ avant votre naissance, qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
(Louis Randal)
Traîne-cul-les-housettes
France, 1907 : Individu dont le fond de culotte tombe plus bas que les fesses.
Venez à moi, claquepatins,
Loqueteux, joueurs de musette,
Clampins, loupeurs, voyous, catins,
Et marmousets, et marmousettes,
Tas de traîne-cul-les-housettes,
Je suis du pays dont vous êtes ;
Race d’indépendants fougueux !
Le poète est le Roi des Gueux.
(J. Richepin, La Chanson des gueux)
Argot classique, le livre • Telegram