Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Dark horse

France, 1907 : Cheval qui n’a pas couru ; anglicisme ; mot à mot : cheval obscur, c’est-à-dire dont les qualités et les défauts ne se sont pas encore montrés.

Horse-steak

Rigaud, 1881 : Bifteck de cheval ; mot fabriqué pendant le siège de Paris, à l’époque où l’on mangeait tant de cheval.

Race-horse

France, 1907 : Cheval de race ; anglicisme, terme de turf.
Les race-horses étant une gloire nationale et la pureté du sang étant la première qualité chez eux, les Anglais ont apporté une très grande attention dans le peuplement de leurs haras.

Salé

d’Hautel, 1808 : Terme typographique ; payement anticipé ; avance que les ouvriers prennent le samedi sur l’ouvrage qu’ils ont entre les mains, et qu’ils n’ont pu achever dans la semaine ; ce qui les rend débiteurs de leurs bourgeois. Voy. Dessaler.
Bourguignon salé. Sobriquet que l’on donne aux habitans de la Bourgogne, à cause, dit-on, des différends, des procès, que leurs salines leur ont occasionnés.

Delvau, 1866 : s. m. Travail payé d’avance, — dans l’argot des typographes. Morceau de salé. Acompte. Se dit aussi, par une analogie facile à saisir, d’un Enfant venu avant le mariage. Les ouvriers anglais disent : to work for the dead horse (travailler pour le cheval mort).

Rigaud, 1881 : Avance d’argent, — dans le jargon des typographes.

Rigaud, 1881 : Bonne amie, connaissance, — dans l’argot des marins.

Oùs’que tu démarres comme ça, avec ton salé ?

Boutmy, 1883 : s. m. Travail compté sur le bordereau et qui n’est pas terminé. Le compositeur qui prend du salé se fait payer d’avance une composition qu’il n’a pas faite encore et qu’il ne comptera pas quand elle sera finie ; un metteur qui prend du salé compte des feuilles dont il a la copie ou la composition, mais qui ne sont pas mises en pages. Le salé est, on le conçoit, interdit partout. On dit que le salé fait boire, parce qu’il n’encourage pas à travailler, et rien n’est plus juste ; en effet, le compagnon, sachant qu’il n’aura rien à toucher en achevant une composition comptée et qui lui a été payée, n’a pas de courage à la besogne. Loin d’être dans son dur, il a la flème : de là de fréquentes sorties ; de là aussi l’adage.

Fustier, 1889 : Mordant, violent.

Le lendemain, M. Cassemajou écrivait à M. Ventéjoul une lettre un peu salée.

(Armand Silvestre)

Rossignol, 1901 : Jeune enfant.

France, 1907 : Avance de salaire faite à un ouvrier typographe sur un travail à venir. Prendre du salé.

Le compositeur qui prend du salé se fait payer d’avance une composition qu’il n’a pas faite encore et qu’il ne comptera pas quand elle sera finie ; un metteur qui prend du salé compte des feuilles dont il a la copie ou la composition, mais qui ne sont pas mises en pages.

(Eug. Boutmy)

France, 1907 : Cher. « Un compte salé ; une addition salée. »

Rodolphe et sa femme ont diné au restaurant avant d’aller au spectacle :
— Mon Dieu ! quelle soif ! fait Madame pendant un entracte. Qu’est-ce qui a pu ainsi m’altérer ?
— La note, répond Rodolphe avec un soupir… Elle était salée !

France, 1907 : Égrillard. En dire, en écrire, en faire de salés.

Il faut savoir que la comtesse Diane n’était pas du tout une femme de notre époque, mais une femme du siècle dernier. Non pas par l’âge, car elle était à peine sexagénaire ; mais par les façons, l’esprit libre, même libertin, le goût des anecdotes salées, les retroussés impudents (jusqu’à l’impudicité parfois) de son papotage, l’outrageuse hardiesse de ses confessions toujours prêtes à se dévêtir en public, et enfin et surtout par son absolu manque de sens moral pour tout ce qui touche, comme elle disait si gentiment, aux choses de la galanterie.
C’est à tel point que, si on lui eût conté, sous forme d’aventure contemporaine, l’histoire de Loth ou celle d’Œdipe, volontiers elle se fût écriée à l’étourdie, sans insister davantage :
— Se sont-ils bien amusés ?

(Jean Richepin, Le Journal)

France, 1907 : Nouveau-né. Pondre un salé, accoucher.

Quelques semaines plus tard, elle s’aperçut qu’elle était enceinte. La mère Dupuis, qui s’en aperçut aussi, lui administra une nouvelle volée. — Qu’est-ce que nous allons faire de ton salé ? dit-elle, tout en cognant ; y avait donc pas assez de misère ici ? Tu vas aller crever à l’hôpital, sale peau de lapin !

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Si bon cheval qui ne bronche

France, 1907 : Il n’est pas de sage qui ne soit sujet à commettre des fautes, puisque d’après les saints livres, le plus vertueux pèche sept fois par jour. Les Anglais ont le même dicton : It is a good horse that never stumbles! On dit aussi dans le même sens : Il n’est si bon charretier qui ne verse. Le saint-père le pape seul a le don d’infaillibilité, ce qu’a péremptoirement démontré Alexandre III, en couchant avec sa fille.

Si souhaits étaient vrais, pouilleux seraient rois

France, 1907 : Ce dicton, qui n’a pas besoin d’explication, a son équivalent dans toutes les langues. Les Anglais disent : If wishes were horses, beggars would ride. Si les souhaits étaient des chevaux, les mendiants les monteraient. Les Turcs : S’il suffisait de désirer pour obtenir, chaque fakir deviendrait pacha.

Toujours on tape sur le cheval qui tire

France, 1907 : Aux bons et aux patients les coups. Vérité universelle reconnue chez tous les peuples ; ce qui ne prouve pas en faveur de l’humanité. En voici quelques exemples tirés des dictons populaires de diverses nations :
Anglais : All lay load on the wiling horse ; toute la charge pèse sur le cheval de bonne volonté.
Allemands : Wer sich zum Esel macht, dem will jeder seinen Sack auflegen ; fais-toi âne et chacun te chargera de son sac.
Italiens : Se ti lasci metter in spalla il vitello, quindi a poco ti mitteran la vacca ; si tu laisses mettre le veau sur ton dos, on y mettra bientôt la vache.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique