Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Berdouille

Halbert, 1849 : Ventre.

Delvau, 1866 : s. f. Ventre, — dans l’argot des faubouriens.

Virmaître, 1894 : Ventre.
— Que boulottes-tu donc, mon vieux, pour avoir une sacrée berdouille comme ça ?
On dit aussi bedaine (Argot du peuple).

France, 1907 : Ventre.

— T’as bouffé des haricots que t’en as la berdouille gonflée.

(Jean Richepin, Le Pavé)

Bidache ou bidoche

France, 1907 : Viande ; argot populaire.
Bidoche est le nom d’une marchande de soupes qui, vers 1830, tenait, près des Halles, une gargote appelée le Restaurant des Pieds humides.

Pour deux sous, la mère Bidoche donnait une portion de haricots, d’oseille, de pois cassés ou d’épinards. La soupe coûtait un sou ; les riches, pour trois sous, pouvaient s’offrir un bœuf entrelardé ou un ragoût de mouton. Quant au vin, il était gratis ; la Fontaine des Innocents ne tarissait jamais ! C’était un type que la mère Bidoche. Ancienne cantinière, elle avait conservé de son existence au régiment des habitudes militaires. Elle avait horreur de la carotte, et ne l’admettait que dans la soupe.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Boulots

Delvau, 1866 : s. m. pl. Haricots ronds, — dans l’argot des bourgeois.

France, 1907 : Sorte de haricots ronds ; argot populaire.

Bourre-coquin

Virmaître, 1894 : Haricots (Argot des voleurs).

France, 1907 : Haricot.

Bourre-coquins

Delvau, 1866 : s. m. pl. Haricots, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Haricots.

Boustifaille

Delvau, 1866 : s. f. Vivres, nourriture, en un mot ce que Rabelais appelait « le harnois de gueule ». Argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Repas copieux composé de mets vulgaires. — Du lapin sauté, de l’oie aux marrons, du gigot aux haricots, de la dinde bourrée de chair à saucisse, des pommes de terre au lard, voilà de la boustifaille.

France, 1907 : Provisions de bouche, ce que Rabelais appelait harnais de gueule.

Canonnière

d’Hautel, 1808 : Pour dire le postérieur, le derrière.
Décharger sa canonnière, pour dire lâcher un mauvais vent ; faire ses nécessités.

Delvau, 1866 : s. f. Le podex de Juvénal, dans l’argot des faubouriens. Charger la canonnière. Manger. Gargousses de la canonnière. Navets, choux, haricots, etc.

Rigaud, 1881 : Derrière. — Charger la canonnière, manger. — Gargousse de la canonnière, navets, choux, haricots. (A. Delvau)

France, 1907 : Maître Luc, autrement dit : le derrière, qu’on appelle aussi pétard et prussien.

Chiée (une)

Rossignol, 1901 : Beaucoup.

Garçon, j’ai faim, donnez-moi un bifteck large comme mes fesses, avec une chiée de haricots autour.

Farobier

France, 1907 : Grand arbre du Sénégal et de Gambie qui produit des gousses semblables à celles des haricots.

Fayaut, fayot

France, 1907 : Haricot blanc.

Bientôt on fit route pour France : sa peau livide devint plus claire et rosée ; il faisait sa barbe chaque semaine ; il usait à se débarbouiller sa ration d’eau de chaque matin ; il laissait brûler ses fayauts (haricots blancs) ; il avait cessé de fumer, de chiquer.

(Les Baleniers)

La véritable orthographe est fayot, du provençal fayol, haricot.

Mais ces braves gens ne limitent pas à ces cures morales leur intervention aussi vaine que tapageuse. Parfois ils font aussi blanchir les cellules, et s’enquièrent du nombre de mètres cubes d’air indispensables à la vie des prisonniers, ils tonnent contre les fayots en carton-pierre et le pseudo-portelaines, accommodé à l’oléo-blagarine !…

(P. Peltier d’Hampol, La Nation)

Fayots

Delvau, 1866 : s. m. pl. Légumes en général, haricots, lentilles, ou fèves, fayots, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine. Le cap Fayot. Moment de la traversée où l’équipage, ayant épuisé les provisions fraîches, est bien forcé d’entamer les légumes secs. C’est ce qu’on appelle alors Naviguer sous le cap Fayot.

La Rue, 1894 : Haricots.

Fayots (avoir bouffé des)

Rigaud, 1881 : Être enceinte, — dans l’argot des marins. C’est une locution provençale répandue parmi les matelots. Mot à mot : avoir mangé des haricots. Allusion à la réputation qu’ont les haricots de gonfler celui qui en mange.

Garbure

France, 1907 : Soupe épaisse composée de choux hachés, de croûtes de pain et de lard salé que l’on sert dans le Midi ; de l’espagnol garbias, ragoût. On y met aussi, selon la saison, des haricots, des fèves et des pois.

Après nous être réconfortés avec la traditionnelle garbure, potage excellent du reste, surtout quand on a fait à jeun trois heures de chemin de fer, et avec le non moins traditionnel jambon de Bayonne couvert d’un grand nombre d’œufs, nous nous risquâmes à franchir sous un soleil équatorial le pont de l’Adour…

(J. Grison-Poncelet)

On dit aussi garburre.

Gardes nationaux

Rigaud, 1881 : « C’est ainsi qu’à Mazas, on a baptisé les haricots. » (Figaro du 15 sept. 1880)

France, 1907 : On appelait ainsi les haricots au temps où l’on mettait les soldats citoyens manquant à leurs devoirs militaires à la prison qui leur était spécialement destinée dite Hôtel des Haricots.

Gargousses de la canonnière

France, 1907 : Haricots ; argot des marins.

Gonfle-bougres

Rigaud, 1881 : Haricots blancs.

Gourganes

Delvau, 1866 : s. f. pl. Lentilles ou haricots, — dans l’argot des prisons et des ateliers, où les nommes sont nourris comme des bestiaux. Gourganes des prés. Celles qui constituent la nourriture des forçats. Proprement, la gourgane est une petite fève de marais fort douce.

Haligote

France, 1907 : Nous donnons à titre de curiosité ce mot depuis longtemps hors d’usage et qui signifiait petit fragment, petit morceau, d’où le verbe haligoter, mettre en pièces. Dans la bouche du peuple, haligote est devenu haricot, et c’est ainsi qu’une haligote de mouton, c’est-à-dire un plat composé de viande de mouton coupée en menus morceaux et de pommes de terre s’est transformé en haricot de mouton, plat où il n’entre pas de haricots.

Haricot

d’Hautel, 1808 : L’h de ce mot s’aspire au pluriel ; C’est donc un solécisme que de dire à ce nombre des zaricots, comme si la consonne h n’étoit point aspirée dans ce mot.

Rigaud, 1881 : Pied, — dans le jargon des prisons. Je donne le mot sur l’autorité de M. A. Belot. (Le roi des Grecs.) Pour ma part, je ne l’ai jamais entendu prononcer. À coup sûr ce n’est pas de l’argot de voleur parisien.

France, 1907 : « À la bibliothèque Mazarine, les lecteurs portent de temps immémorial le nom de haricots, parce que le gardien chargé de compter les lecteurs a imaginé de jeter un haricot dans une boîte toutes les fois qu’il voit entrer un nouvel individu. » (Lorédan Larchey, Les Excentricités de la Langue française en 1869).

Haricots

Delvau, 1866 : s. m. pl. Maison d’arrêt de la garde nationale, où il est de tradition — fausse — que l’ordinaire de cette prison pour rire se compose de légumes, comme celui des prisons sérieuses. On dit aussi l’Hôtel des Haricots. Aug. Villemot prétend que cette expression est une corruption l’Hôtel Darricau. Il a peut-être raison.

Rossignol, 1901 : Les jambes. On dit d’une personne qui a les jambes torses qu’elle les a en forme de haricots verts.

France, 1907 : Voir Fayots.

Haricots (être condamné aux)

Larchey, 1865 : être condamné à la prison pour manque de service de la garde nationale.

À midi, j’arrive à la prison de la garde nationale, hôtel Darricaud, vulgairement appelé des haricots.

(Villemot)

M. Albert de Lasalle a publié en 1864 une histoire de l’hôtel aujourd’hui démoli.

Haricots (hôtel des)

Rigaud, 1881 : Ancienne prison de l’ancienne garde nationale. — Primitivement ce local, sur l’emplacement duquel a été bâtie, en 1843, la bibliothèque Sainte-Geneviève, fut affecté au collège Montaigu surnommé plaisamment « le collège des haricots » par allusion à la maigre cuisine qu’on y faisait ; car le jeûne y était en permanence. (V. Rabelais, Gargantua, l. 1, ch. XXXVII)

Le collège des Haricots fut supprimé en 1792 et ses bâtiments servirent de prison militaire et de prison de la garde nationale pendant la Révolution.

(A. de Lasalle, l’Hôtel des haricots)

Après la Révolution, l’Hôtel des haricots émigra à l’hôtel Bazancourt, rue des Fossés Saint-Bernard, et fut enfin transféré, vers 1838, rue de Boulainvilliers, en face le pont de Grenelle ; c’est là qu’il s’éteignit avec la garde nationale.

Haricots (les)

Hayard, 1907 : Les orteils.

Hôtel de la modestie

Delvau, 1866 : s. m. Hôtel garni, mauvaise auberge, — dans l’argot des faubouriens, qui savent que les locataires de ces maisons-là n’ont pas le droit de faire les fiers. Ils disent aussi Être logé à l’enseigne des Haricots.

France, 1907 : Mauvaise auberge ouverte aux bourses médiocres.

Hôtel des haricots

France, 1907 : Ancienne prison de la garde nationale parisienne appelée ainsi non de ce qu’on y faisait abus de haricots mais de ce que cette maison d’arrêt occupait l’ancien hôtel Darricaud.

Marche

France, 1907 : Système pour gagner au jeu, appelé ainsi parce qu’il est progressif et procède comme une marche. Il est peu d’habitués des tables de roulette et de trente et quarante qui n’aient une marche spéciale qui doit leur assurer de gros gains à un moment donné ; mais la ruine complète précède généralement ce moment.

— Ma profession n’est pas incompatible avec le goût des beaux-arts : je suis professeur de roulette… j’enseigne une martingale absolument infaillible… Monte-Carlo ne tiendrait pas debout trois semaines si je pouvais l’attaquer avec mon système.
— L’avez-vous essayé, votre système ?
— Cent fois, mille fois !…
— À Monaco !
— Non, Monsieur… c’est trop loin et le voyage coûte trop cher… j’ai expérimenté ma marche absolument certaine chez des amis…
— Et vous jouiez quelle mise ?
— L’unité de départ était de cinq haricots représentant cinq francs…
— Oh ! je la connais votre martingale ; malheureusement, elle ne réussit que lorsqu’on joue des haricots…

(Edmond Lepelletier)

Montagnards

Rigaud, 1881 : Haricots rouges. — Je me suis collé une biture de montagnards au vin.

Musiciens

Larchey, 1865 : Haricots. — Allusion au bruit des vents qu’ils forment dans les entrailles.

Delvau, 1866 : s. m. pl. Les haricots, qui provoquent le crepitus ventris, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 / Hayard, 1907 : Haricots.

France, 1907 : Corrections faites sur les marges l’une page, à cause des traits qui les soulignent.

France, 1907 : Haricots.

Panaché

d’Hautel, 1808 : Ma petite parole panachée. Locution ridicule qui a été long-temps très à la mode parmi les petits-maîtres de Paris, qui s’en servoient continuellement dans un sens affirmatif, pour persuader que ce qu’ils disoient étoit digne de foi, qu’on devoit les en croire sur parole.

Fustier, 1889 : Plat de haricots verts et de flageolets mélangés.

Dans l’estomac de la victime on a trouvé des haricots verts et des flageolets. Si le plat se composait de ces deux légumes, un panaché, comme on dit…

(Figaro, 1882)

Peau courte (avoir la)

Virmaître, 1894 : Accident qui arrive à ceux qui mangent trop de haricots. Mot à mot : péter (Argot du peuple).

France, 1907 : Elle se crève et il en sort un vent ; euphémisme populaire pour péter.

Pétards

Delvau, 1866 : s. m. pl. Haricots.

France, 1907 : Haricots, dénommés aussi musiciens.

Peteux (des)

M.D., 1844 : Des haricots.

Piano du pauvre

France, 1907 : Haricots.

L’abbé possédait en son grenier six sacs énormes de ce légumineux populaire qu’un homme d’esprit a appelé le piano du pauvre.

(Marc Anfossi)

Piano du pauvre (le)

Virmaître, 1894 : Des haricots. Allusion au bruit du lendemain (Argot du peuple).

Soissoné

Larchey, 1865 : Haricot (Vidocq, 1837). — Soissons est la patrie des haricots.

Soissonnais

Delvau, 1866 : s. m. pl. Haricots, — dans l’argot des voleurs, qui savent que Soissons est la patrie de ce farineux.

Virmaître, 1894 : Des haricots (Argot des voleurs).

Soissonné

Vidocq, 1837 : s. m. — Haricot.

Rigaud, 1881 : Haricot. Un souvenir de reconnaissance à l’adresse de la ville de Soissons, patrie des haricots, haricots plus célèbres cent fois que tous les comtes également de Soissons, et qui, plus qu’eux, ont fait du bruit dans le monde, sans compter celui qu’ils feront encore.

Soissons, soissonnais

France, 1907 : Haricots appelés ainsi à cause de l’excellente qualité que fournit l’arrondissement de cette ville du département de l’Aisne.

Systémier

France, 1907 : Joueur qui suit un système pour gagner à la roulette spécialement. On donne aussi ce nom à ceux qui font profession d’enseigner ces systèmes.

J’ai connu à Monte-Carlo nombre de systémiers qui expérimentaient en chambre avec des jetons, des haricots ou de petits cailloux. Ils gagnaient des sommes folles. Mais sur le tapis vert du casino la scène changeait ; et les espèces sonnantes disparaissaient rapidement sous le râteau du croupier.

(Hector France, Au pays de Cocagne)

Tirer l’oreille à Thomas

France, 1907 : Vider le baquet de la salle de police. Voir Thomas.

C’qu’est dégoûtant dans l’mélétaire,
C’est d’tirer l’oreille à Thomas !
Thomas c’est un’manièr’ de tonne
Ousqu’un chacun met ses fricots ;
C’est formidabl’ c’que ça poisonne
Quand c’est un jour à z’haricots !

Trouilloter

Rigaud, 1881 : Puer, répandre une odeur infecte.

Hayard, 1907 : Sentir mauvais.

France, 1907 : Sentir mauvais, infecter. Ça trouillote généralement dans les chambrées après une étape ou une marche militaire, et lorsque les haricots ont été abondants dans le rata, l’adjudant qui fait contre-appel entre onze heures et minuit est obligé de se boucher le nez. Argot populaire.

Ultima ratio

France, 1907 : Raison suprême ; latinisme. Ultima ratio regum, la raison suprême des rois, la guerre, disait le cardinal de Richelieu.

Au café Pouyadou se tenaient, entre autres, les assises d’une de ces associations joviales, particulièrement bruyante celle-là, et dont les affiliés faisaient vœu de manger, avant chaque séance, un bon plat de haricots de Montastruc, le Soissons languedocien, lesquels sont renommés, dans toute la contrée, pour leur virtuosité digestive, leur vacarme posthume et le fumet de leur dernier soupir, véritable providence des longues veillées provinciales en hiver, quand la conversation languit et a besoin d’être ranimée, ultima ratio des discussions familières où l’une des parties tient à avoir le dernier mot ; et va-t-on jusqu’à assurer qu’ils ont délié la langue à un sourd-muet qui l’avait placée beaucoup trop bas.

(Armand Silvestre, Contes gais)

Vestige

un détenu, 1846 : Légumes de prison et de gargotte.

Rigaud, 1881 : Vivacité, vitesse.

La Rue, 1894 : Vivacité. Peur.

Hayard, 1907 : Haricots, pitance de prison.

France, 1907 : Peur. Coquer le vestige, être effrayé. Argot des voleurs.

Vestiges

Delvau, 1866 : s. m. pl. Légumes, — dans l’argot des voleurs.

Virmaître, 1894 : Légumes que mangent les prisonniers. Dans le peuple, on dit d’un passif qui pratique depuis longtemps :
— Tu perds tes légumes.
Dans les prisons :
— Tu perds tes vestiges.
Cette explication suffit (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Légumes secs.

France, 1907 : Haricots, de vesse. On dit aussi vestos. Argot des voleurs.

Vestiges, vestos

Rigaud, 1881 : Légumes secs, — dans le jargon des prisonniers. Allusion à la conduite des légumes secs dans leurs rapports avec messire Gaster.

La Rue, 1894 : Légumes (haricots, pois…). Vesto de la cuisine. Agent de la préfecture.

Vestos

Rossignol, 1901 : Haricots.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique