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Être de la haute

Delvau, 1864 : Appartenir au dessus du panier de la galanterie, être dame aux camélias et non simple gourgandine, se faire payer cinq cents francs et non cent sous.

Il y a lorette et lorette : Mademoiselle de Saint-Pharamond était de la haute.

(Paul Féval)

Delvau, 1866 : Appartenir à l’aristocratie du mal, — dans le même argot [du peuple]. Faire partie de l’aristocratie du vice, — dans l’argot des filles.

France, 1907 : Apporter aux classes dites supérieures.

Les pant’s doiv’nt me prend’ pour un pitre,
Quand avec les zigs, sur eul’zing,
J’ai pas d’brais’ pour me fend’ d’un litre,
Pas mêm’ d’un mêlé-cass à cinq.
Mais crottas ! si j’suis pas d’la haute,
Quoi qu’en jaspin’nt les médisants,
Faut pas dir’ qu’ça soye d’ma faute :
— Ma sœur a pa’ encor’ dix ans.

(Jean Richepin)

Faramineux ou pharamineux

France, 1907 : Étonnant, stupéfiant.

Y a pas jusqu’aux prolos qui, à vous entendre, perdraient au change avec la Sociale : il leur serait impossible de travailler sans patrons, — comme à cet autre de vivre sans coups de pied au cul… Et puis, y a l’argument faramineux : il faudrait nourrir les feignants à rien foutre.

(Le Père Peinard)

Haute (la)

Larchey, 1865 : La partie riche de chaque classe sociale. Il y a des bourgeois de la haute, des lorettes de la haute, des voleurs de la haute. — L’homme du peuple qui se trouve en fonds dit en plaisantant : Je suis de la haute.

Pour les menus plaisirs d’un monsieur de la haute.

(Ricard)

Jamais aussi le sportman n’a couru les salons et la haute, comme on dit au club.

(Rod. d’Ornano)

Des dames de la haute ? — Non, des étudiantes.

(Carmouche)

Il y a lorette et lorette. Mlle de Saint-Pharamon était de la haute.

(P. Féval)

Si nous ne soupons pas dans la haute (dans un restaurant fashionable), je ne sais guère où nous irons à cette heure-ci.

(G. de Nerval)

Rigaud, 1881 : La haute société, le grand monde. — Homme, femme de la haute. — Être de la haute, faire partie de la haute société. Être de la haute, être à la haute, être riche, heureux.

France, 1907 : La haute société ; la partie élevée d’une classe ou d’une caste. Il y a les voleurs de la haute, qui sont généralement les gens d’affaires, les tripoteurs à la Bourse. Dans le monde des filous, il y a la haute et la basse pègre.

Regardez-les, braves gens, ceux que vous appelez de la haute. Tous cosmopolites ! Non seulement ils parlent anglais, mais ils s’habillent anglais, ils mangent anglais, et quand on les presse, on finit par voir qu’ils pensent anglais. Sous leur jargon, insensiblement, l’âme de notre ville agonise.

(Georges d’Esparbès)

L’auditoire était composé, en majeure partie, des élèves qui avaient suivi les cours et de leurs familles ; et ce personnel, vous le savez, ne se recrute pas dans la haute. Il y avait là des gens du peuple et de la plus médiocre bourgeoisie, de modestes employés, des ouvriers, des ouvrières, un soldat, même quelques servantes.

(François Coppée)

Parcourez les dictionnaires d’argot connus : ils subsistent du peuple, de l’armée, des professions, du monde des malfaiteurs… Aujourd’hui, c’est la haute qui fournit à la langue verte la plupart de ses termes. L’échelle sociale est renversée : elle a ses degrés supérieurs dans le ruisseau.

(Le Journal)

Matagrabolique

France, 1907 : « J’oserai dire encore que peu de nos contemporains ont feuilleté les Deux Cadavres dont s’honora Frédéric Soulié,

Auteur néfaste à la grammaire.

Le genre truculent, féroce et romantique n’a rien fourni de plus pharamineux que cette effroyable rapsodie. Entre autres sornettes, un fils de Cromwell (autant qu’il m’en souvienne) assassine et viole, sur le cercueil paternel, une fille de Charles Ier. Toutes gentillesses écrites, au surplus, dans un auverpin matagrabolique, prudhommesque et grandiloquent : le Sinaï chez l’épicier ! »

(Tybalt, Écho de Paris)

Pharamineux

Larchey, 1865 : Éblouissant comme un phare.

Delvau, 1866 : adj. Étonnant, prodigieux, inouï, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Fameux, merveilleux, éblouissant ; c’est-à-dire lumineux comme un phare.

France, 1907 : Étonnant, extraordinaire ; argot populaire. C’est l’adjectif appliqué dans les campagnes bourguignonnes aux loups-garous et autres bêtes fantastiques. On trouve également cette expression dans le patois saintongeais. Ce n’est peut-être que la corruption du grec phénomenon.


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