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Gouine

d’Hautel, 1808 : C’est une franche gouine. Nom injurieux que l’on donne à une femme qui s’adonne au vice, à la crapule ; à une prostituée.

Delvau, 1864 : Nom qu’on donne à toute fille ou femme de mœurs trop légères, et que le Pornographe fait venir de l’anglais queen, reine — de l’immoralité ; mais qui vient plutôt de Nelly Gwinn, célèbre actrice anglaise qui avait commencé par être bouquetière, et qui, d’amant en amant, est devenue la maîtresse favorite de Charles II.

Delvau, 1866 : s. f. Coureuse, — dans l’argot du peuple, qui a un arsenal d’injures à sa disposition pour foudroyer les drôlesses, ses filles. À qui a-t-il emprunté ce carreau ? A ses ennemis les Anglais, probablement. Il y a eu une Nell Gwynn, maîtresse de je ne sais plus quel Charles II. Il y a aussi la queen, qu’on respecte si fort de l’autre côté du détroit et si peu de ce côté-ci. Choisissez !

Rigaud, 1881 : Guenon. Méchante femme.

Rossignol, 1901 : Prostituée.

France, 1907 : Fille de mauvaises mœurs, prostituée de bas étage.
Ce mot, d’origine anglaise, vient-il de la fameuse maîtresse de Charles II, la jolie Nelly Gwin, dont la basse extraction lui attira les sarcasmes haineux des dames de la cour ? Vient-il de queen, reine ? ou de l’anglo-saxon cwen, femme ? Nous laissons à de plus érudits le soin de le décider.

Mais une fois qu’ils ont conquis la palme désirée, ils t’oublient, vieille nourrice dont le lait leur sortirait encore du nez si on le pressait ; ils oublient qu’ils sont tes enfants, et ils te crachent joyeusement au visage pour complaire à cette gouine de Paris qui leur a laissé retrousser sa jupe sale et baiser sa bouche aux puanteurs d’égout !…
Oui, oui, tu n’es qu’une gouine, Paris de malheur ! Et une antique gouine, qui n’a même jamais été que cela !

(Jean Richepin)

Partageux

Delvau, 1866 : s. m. Républicain, — dans l’argot des paysans de la banlieue.

France, 1907 : Nom donné par les paysans aux républicains.

Ainsi fit jadis Bonaparte quand il préparait son coup d’État. Tandis qu’il affichait, pour séduire les ouvriers des grandes villes, des tendances socialistes, les comités qui recevaient ses instigations faisaient répandre à profusion par les campagnes de petits livres haineux prêchant aux paysans l’horreur et l’effroi des partageux.

(Marcel Sembat, Le Souverain)

Voici comment l’on entend d’ordinaire le partage. Un Parisien disait à un vieux paysan : « Comment, voilà que vous devenez partageux ? Mais vous ne savez donc pas que le jour où l’on mettrait tout en commun, vous n’auriez pas cent écus pour votre part ?
— Eh ben ?… avec ce que j’ai déjà ! »

(Dr Grégoire, Turlulaines)

Rocher

d’Hautel, 1808 : Parler aux rochers. Pour dire à des gens qui ont le cœur dur, haineux, inflexible, impitoyable.

Tarabistouiller

France, 1907 : Importuner, molester ; déformation de tarabuster. Argot populaire.

Sur les routes blanches,
C’est des avalanches
D’autos et de pneus
Qui vous écrabouillent,
Vous tarabistouillent,
Tant ils sont haineux.

(Raoul Ponchon)

Triplicien

France, 1907 : Partisan de la triplice.

Il suffit qu’un triplicien imbécile publie sur les bords de la Spree un bouquin haineux où il nous éreinte, pour qu’on le traduise aux bords de la Seine et qu’on le célébre dans nos organes.

(Émile Bergerat)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique