Larchey, 1865 : Tireur de carottes.
Allons, adieu, carotteur !
(Balzac)
Joyeux vivant, mais point grugeur et carottier.
(Vidal, 1833)
Carotteur, carottier
Larchey, 1865 : Tireur de carottes.
Allons, adieu, carotteur !
(Balzac)
Joyeux vivant, mais point grugeur et carottier.
(Vidal, 1833)
Égrugeoir
Delvau, 1866 : s. m. Chaire à prêcher, — dans l’argot des voleurs, par allusion à sa forme et à celle du bonnet du prédicateur qui ressemble assez à un pilon.
Rigaud, 1881 : Chaire à prêcher, — dans le jargon du peuple.
Lorsque dans son égrugeoir,
Ce champion de l’éteignoir
Fait à la foule béante,
Des histoires de servante.
(L. Festeau, Les Ânes)
France, 1907 : Tribune, chaire, confessionnal. Allusion aux égrugeoires où l’on pile le sel.
Égrugeoir (l’)
Virmaître, 1894 : Une tribune quelconque. L’orateur égruge ses paroles. Égrugeoir : la chaire à prêcher. Égrugeoir : les petites boîtes qui ressemblent à un comptoir dans lequel se tiennent les sœurs qui font la lecture aux prisonnières de Saint-Lazare. Allusion à l’antique égrugeoir qui sert à piler le sel (Argot du peuple). N.
Égrugeoire
Vidocq, 1837 : s. f. — Chaire à prêcher.
Égruger
France, 1907 : Piller.
Grapiller
d’Hautel, 1808 : Faire des petits larcins, amasser en dérobant quelque petite chose.
France, 1907 : Commettre de petits larcins, faire de petits profits illicites.
L’on gruge, l’on pille
La veuve et la fille,
Majeure ou pupille ;
Sur tout on grapille
Et Thémis va
Cahin-caha.
(Panard)
Grugeon
d’Hautel, 1808 : Dépensier, prodigue ; monopoleur qui vit sur le bien d’autrui ; qui s’engraisse des malheurs publics.
Gruger
d’Hautel, 1808 : Pour, rapiner, voler, manger ; être aux crocs de quelqu’un ; lui soutirer de l’argent.
Il le gruge d’une belle manière. Pour, il le vole, il le ruine secrètement.
Delvau, 1866 : v. a. Manger le bien de quelqu’un, — dans l’argot du peuple. Les gens de lettres écrivent grue-ger, par allusion aux mœurs des grues, — ces Ruine-maison !
France, 1907 : Manger ; du bas allemand grusen, écraser, broyer avec les dents. Gruger quelqu’un, le piller, lui manger son bien.
Certes, ce monde circonscrit, brillant et mêlé, qui va du turf au Jockey, en passant par les foyers de théâtres, nous montre plus de princes tombés aux maquignonnages louches qu’aspirant aux hautes vertus démocratiques. Plus d’un, parmi ces brillants, à mis son grain air, sa renommée d’élégance au service de quelque cocotte, ambitieuse de gruger de jeunes bourgeois vaniteux.
(Francis Chevassu)
Dans Nos Intimes, Victorien Sardou essaye de faire le dénombrement des variétés d’amis. « Nous avons, dit l’illustre académicien, l’ami despote qui nous fait faire ses commissions, l’ami spirituel qui fait des mots à nos dépens, l’ami indiscret qui raconte aux hommes nos petites faiblesses et aux dames nos petites infirmités !… l’ami gêné qui est encore bien plus gênant, l’ami parasite qui nous mange, l’ami spéculateur qui nous gruge, enfin mille espèces d’amis dont le dénombrement serait éternel, depuis celui qui nous emprunte nos livres … qu’il ne nous rend pas, jusqu’à celui qui nous emprunte notre femme… qu’il nous rend ! »
Grugeur
d’Hautel, 1808 : Dépensier, mangeur de tout bien ; dissipateur ; fripon qui vit de ce qu’il escroque.
Delvau, 1866 : s. m. Parasite, faux ami qui vous aide à vous ruiner, comme si on avait besoin d’être aidé dans cette agréable besogne.
Rigaud, 1881 : Parasite. Celui qui vit aux dépens de quelqu’un ou de plusieurs.
Mastroquet
Larchey, 1865 : Marchand de vins. Mot à mot : l’homme du demi-setier. — Vient de demi-stroc : demi-setier.
Delvau, 1866 : s. m. Marchand de vin, — dans l’argot des faubouriens. Ne serait-ce pas une corruption de mastoquet, homme mastoc, le marchand de vin étant ordinairement d’une forte corpulence ?
Virmaître, 1894 : Marchand de vin. Dernière transformation du mot mannezingue. Mann, homme, zinc, par corruption zingue, comptoir (Argot du peuple). V. Bistro.
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Marchand de vin.
France, 1907 : Cabaretier, marchand de vin au détail. On attribue à Louis Veuillot, le célèbre rédacteur en chef de l’Univers, la paternité de ce mot bizarre.
Celles qui se trainent depuis la chute du jour jusques au milieu de la nuit, s’usant les jambes jusques aux genoux en arpentant les distances, se morfondant sur les trottoirs, aux coins des rues, toujours à l’affût, se portant sans cesse d’un point à un autre, et quêteuses poussives du rentrant attardé, toujours inquiètes de la rousse, fuyant l’argousin et marchant de longues heures, trempées d’humidité, transies de froid à travers les ténèbres et les brouillards, et n’ayant pour tout refuge, après la petite pièce si péniblement gagnée, que le comptoir du mastroquet où l’on boit ce qui met le vert-de-gris dans le ventre et oxyde l’estomac.
(Louis Davyl)
Les scènes scandaleuses, renouvelées de Lesbos, dont on peut être témoin dans ces maisons tolérées jusqu’à 3 heures du matin, alors qu’on fait contravention au mastroquet du coin s’il dépasse minuit…
(La Nation)
Les ouvriers ont toujours eu un faible pour les farceurs qui les grugent, et quand ces farceurs sont par-dessus le marché des mastroquets, ils les adorent.
(L’Avenir de Calais)
Au tribunal.
— Accusé, vous avez eu un passé quelque peu orageux ?
— C’est vrai, mon président.
— Cependant, vous paraissiez avoir mis un peu d’eau dans votre vin ?
— Fallait bien, mon président, j’étais devenu mastroquet.
(L’Écho de Paris)
Comme un nigaud, j’ai cherché noise
Aux patrons, à l’autorité :
Aujourd’hui, je n’ai qu’une ardoise
Chez le mastroquet d’à côté.
(Alfred Capus)
Pante, pantre
Rigaud, 1881 : Particulier à l’air bête. — Tout individu dont la figure, les manières ou les procédés déplaisent, est un pante pour le peuple. — Dans le jargon des cochers, un pante est un voyageur qui a donné un bon pourboire ; c’est celui qu’ils appellent tout haut « patron ou bourgeois ». — Autrefois « pante, pantre » — dans l’argot des voleurs et des camelots, signifiait dupe. Le pantre arnau, était un imbécile qui jetait les hauts cris dès qu’il s’apercevait qu’il était grugé ; le pantre argoté, une dupe de bonne composition et le pantre désargoté, un particulier difficile à duper. Aujourd’hui les voleurs et les camelots emploient très peu le mot « pante » qu’ils ont remplacé, les premiers, par client, les seconds, par girondin.
La Rue, 1894 : Homme, dupe. Pante argoté, niais. Pante désargoté, homme malin.
Hayard, 1907 : Bourgeois qui se laisse duper.
Hayard, 1907 : Victime, individu.
Ronfler
d’Hautel, 1808 : Entendre ronfler le canon. Pour dire entendre le bruit du canon.
M.D., 1844 : Réussite complète.
Rigaud, 1881 : C’est appuyer dans la déclamation fortement sur les R, surtout quand ces lettres sont redoublées. Frenoy et Tautin étaient des ronfleurs de premier ordre. — Ronfler a pour synonyme, faire la roue. (Petit dict. des coulisses)
France, 1907 : Faire du bruit.
Quand donc la Sociale remettra-t-elle tout en son lieu et place ? Quand donc les richards donneront-ils la démission de grugeurs du pauvre monde ?
Ça ne serait que temps, et il faudrait s’aligner pour leur faire prendre le plus tôt possible une détermination si galbeuse !
Quand nous en serons là, viédaze ! quand l’État — cette sacrée pieuvre — ne sera plus qu’un mauvais souvenir et les richards un cauchemar évanoui, alors, oui !… ça ronflera !
(Le Père Peinard)
« Poche qui ronfle », poche pleine d’argent.
À cette époque, quand un voleur avait fait un coup, quand la poche ronflait, toute sa bande se rendait au Lapin Blanc, boire, manger, faire la noce aux frais du meg.
(Mémoires de M. Claude)
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