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Borgne

d’Hautel, 1808 : Jaser comme une pie borgne. Babiller, caqueter continuellement.
Cabaret borgne. Trou ; méchant petit cabaret.
Faire des contes borgnes. Raconter des histoires surannées, des fariboles.
Un méchant borgne. Homme caustique et mordant ; d’un fort mauvais caractère.
Troquer son cheval borgne contre un âne aveugle. Voy. Aveugle.
Un compte borgne. Compte embrouillé et peu clair ; cote mal taillée.

Larchey, 1865 : Derrière. — Comparaison de l’anus à l’œil.

V’là moi que je me retourne et que j’li fais baiser, sauf votre respect… mon gros visage… Ce qui a fait dire aux mauvaises langues qu’il a vu mon borgne.

(Rétif, 1783)

Delvau, 1866 : s. m. Le derrière de l’homme et de la femme. — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : As d’un jeu de cartes.

Rigaud, 1881 : Le fondement.

France, 1907 : Le derrière, le cul ; argot des faubouriens. L’as dans les jeux de cartes. « L’hôtel avait pour enseigne l’as de pique, ce qui était suffisamment indiquer les plaisirs qu’on y pouvait trouver. »

Boudin

d’Hautel, 1808 : Clair comme du boudin. Se dit d’une affaire obscure effort embrouillée.
Faire du boudin. Minauder, bouder, faire l’enfant ; signifie aussi dormir la grasse matinée.
Cette affaire tournera en eau de boudin. Pour dire qu’elle n’aura aucun succès.
Souffleur de boudin. Homme qui a un gros visage, une figure grotesque.

Vidocq, 1837 : s. m. — Verrou.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Larchey, 1865 : Verrou (Vidocq). — Allusion à la forme des verrous ronds qui ferment les grandes portes.

Delvau, 1866 : s. m. Verrou, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Doigt épais et rouge.

Rigaud, 1881 : Verrou.

La Rue, 1894 : Verrou. Estomac.

France, 1907 : Verrou, estomac. En avoir plein le boudin. Sac à boudin, ventre. L’expression est vieille, on la trouve dans Scarron :

Énéas de sa grande épée,
Plus fier que ne fut un Pompée,
Éventa le sac à boudin
De ce désespéré blondin.

(Le Virgile travesti)

Moufflard

d’Hautel, 1808 : Qui a un gros visage, qui a la figure pleine, bouffie.

Visage

d’Hautel, 1808 : Un visage de plâtre. Pour dire une mine fardée, plâtrée de blanc et de rouge.
Visage de prospérité. Un visage enjoué, bien, rempli, et frais.
Cela ne paroit pas plus que le net au milieu du visage. Pour dire que quelque chose que l’on cherche à cacher, est très-ostensible.
Le gros visage. Le postérieur, le derrière.
Un visage à cracher contre. Une figure laide, revêche et rebutante.
Trouver visage de bois. Se dit, lorsqu’on a été pour visiter quelqu’un ; et qu’on n’a trouvé personne.


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