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Dégommer (se)

Delvau, 1866 : v. réfl. Vieillir, perdre de ses cheveux, de son élégance, de sa fraîcheur, — au propre et au figuré.

France, 1907 : S’entre-tuer.

Napoléon, c’vieux grognard,
D’ces jeux où l’on se dégomme,
En queuqu’s mots résumait l’art.

(Vieille chanson)

Se dit aussi pour vieillir, perdre ses cheveux, ses dents, sa fraîcheur.

Grognard

d’Hautel, 1808 : Homme de mauvais caractère, qui trouve à redire à tout, qui murmure sur toutes choses.

Larchey, 1865 : « Le grognard d’aujourd’hui et le vieux grognard d’autrefois, ce vieux de la vieille, comme on dit encore en parlant des nestors de la garde impériale. » — M. Saint-Hilaire. — Allusion à l’humeur grognonne des vétérans.

Delvau, 1866 : s. m. Homme chagrin, mécontent, qui gronde sans cesse. L’expression (qui vient de grundire, grogner) ne date pas de l’empire, comme on serait tenté de le croire : elle se trouve dans le Dictionnaire de Richelet, édition de 1709. On dit aussi grognon.

Grognard (vieux)

Merlin, 1888 : Vieux soldat.

Rata

Vidocq, 1837 : s. f. — Fricassée.

Larchey, 1865 : Abréviation de ratatouille.

Pour le rata : faites bouillir de l’eau, prenez des pommes de terre, jetez le légume choisi dans la bassine, ajoutez 3 kilogr. de lard par cent hommes, remuez et servez.

(La Bédollière)

Delvau, 1866 : s. m. Ragoût de pommes de terre et de lard, — dans l’argot des troupiers.

Rigaud, 1881 : C’est le ragoût servi aux troupiers les jeudis et les dimanches ; pour ratatouille, mauvais ragoût. Rata aux pommes, ragoût aux pommes de terre que les restaurateurs des grands boulevards appellent pompeusement : « Un navarin », et qu’ils font payer en conséquence.

Merlin, 1888 : Ragoût composé de toute espèce de viande et légumes.

France, 1907 : Ragoût que l’on sert journellement aux soldats et qu’on ne donnait autrefois à leurs devanciers qu’aux grandes occasions, ou au plus le dimanche. Ce n’est pas, comme on pourrait le croire, l’apocope de ratatouille. Rata vient du grec ratos, ragoût fait de lait de chèvre, de miel et d’andouilles, et c’est de ce dernier mot combiné avec rata qu’on a fait ratatouille.

Homère raconte que les grognards de son temps veillaient à ce que leurs troupiers fussent toujours suffisamment repus. Aussi un festin suivait-il immédiatement un combat. Ajax tournait la broche gigantesque d’Agamemnon. Diomède, après avoir bouchonné ses chevaux, préludait à l’enfoncement complet des Troyens en confectionnant, dans une lèchefrite d’or, ce brouet noir appelé ratos, dont les Grecs étaient si friands, et Achille lui-même, le tendre et vaillant Achille, ne dédaignait pas de mettre la main à la pâte sous la tente de la sensible Briséis.

(Émile Marco de Saint-Hilaire)

Se dégommer

Larchey, 1865 : S’entre-tuer.

Napoléon, c’vieux grognard, D’ces jeux où l’on se dégomme En queuqu’s mots résumait l’art.

(Festeau)

Tondre

d’Hautel, 1808 : Il tondroit un pou pour en avoir la peau. Se dit d’un avare, d’un ladre, d’un égoïste, d’un fesse-mathieu.
Je veux être tondu. Espèce de jurement, pour affirmer que l’on ne fera, ou que l’on n’a pas fait quelque chose.

Delvau, 1866 : v. a. Tailleries cheveux, les raser, — dans l’argot du peuple, qui prend les hommes pour des chiens et les industriels à sellette du Pont-Neuf pour des Figaros. C’est ainsi que les vieux grognards, par une sorte d’irrévérence amicale, appelaient Napoléon le Petit Tondu…
La Fontaine a employé cette expression dans un de ses Contes :

Incontinent de la main du monarque
Il se sent tondre…

Au fait, pourquoi rougirait-on de dire Tondre, puisque l’on ne rougit pas de dire Tonsure ?

Rigaud, 1881 : Prendre une carte à son adversaire, couper, — dans le jargon des joueurs.

France, 1907 : Exploiter, voler ; argot populaire.

France, 1907 : Prendre ; argot des joueurs de cartes.

Truffard

Delvau, 1866 : s. m. Soldat, — dans l’argot des faubouriens.

Merlin, 1888 : Synonyme de grognard.

France, 1907 : Soldat, appelé ainsi à cause des truffes ou pommes de terre dont son ordinuire était autrefois plus garni que de viande.

— Cette pauvre Pucelle, disait-il, ne trouvera jamais l’occasion de dérouiller son bancal. Il faudra qu’il se décide à dégommer quelqu’un de nous. Quand tu retourneras au pays et qu’on dira : « Ah ! arrivez les farauds, voici le bourreau des crânes, le fameux Daniel, le terrible pourfendeur qui revient d’Afrique, combien as-tu estourbi de Bédouins, mon fils ? » qu’est ce que tu répondras ? Tu seras obligé, ou de passer pour ne seringue, ou de conter des balançoires, ce qui est humiliant pour un vrai truffard.

(Hector France, L’Homme qui tue)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique