Larchey, 1865 : Pain.
En cette piolle
On vit chenument ;
Arton, pivois et criolle
On a gourdement.
(Grandval, 1723)
La Rue, 1894 : Pain. Arton savonné, pain blanc. Arton brutal, pain noir.
Artie, arton
Larchey, 1865 : Pain.
En cette piolle
On vit chenument ;
Arton, pivois et criolle
On a gourdement.
(Grandval, 1723)
La Rue, 1894 : Pain. Arton savonné, pain blanc. Arton brutal, pain noir.
Baite
Vidocq, 1837 : s. f. — Maison.
France, 1907 : Maison ; argot des voleurs.
Un seul sentiment t’animera,
Celui de grinchir gourdement ;
Jorne et sorgue tu poisseras,
Boucart et baite chenument.
(Commandements des voleurs)
Bâton
d’Hautel, 1808 : C’est un bâton merdeux, on ne sert par où, le prendre. Locution, basse et grossière pour dire qu’un homme est revêche et acariâtre ; qu’on ne peut l’aborder sans en recevoir quelques duretés, quelques malhonnêtetés.
Le tour du bâton. Espèce de correctif que l’on aux monopoles, aux exactions, aux friponneries que se permettent certaines gens dans leur emploi. L’homme probe a en horreur le Tour du bâton.
Faire quelque chose à bâtons rompus. C’est-à-dire, après de fréquentes interruptions.
S’en aller le bâton blanc à la main. Se ruiner dans une entreprise, dans une spéculation ; se retirer sans aucune ressource.
C’est son bâton de vieillesse. Pour dire le soutien de ses vieux jours.
Martin bâton. Bâton avec lequel on frappe les ânes.
Avoir le bâton haut à la main. C’est-à-dire être pourvu d’une grande autorité, d’un grand pouvoir.
C’est un aveugle sans bâton. Se dit d’un homme inhabile dans son métier, ou qui manque des choses nécessaires à sa profession.
Tirer au court bâton. Disputer, contester quelque chose avec vigueur et opiniâtreté ; ne céder qu’à la dernière extrémité.
Il crie comme un aveugle qui a perdu son bâton. Voy. Aveugle.
Delvau, 1864 : Le membre viril, à cause de ses fréquentes érections qui lui donnent la dureté du bois — dont on fait les cocus. Les femmes s’appuient si fort dessus qu’elles finissent par le casser.
Vous connaissez, j’en suis certaine,
Derrière un petit bois touffu,
Dans le département de l’Aisne,
Le village de Confoutu.
Par suite d’un ancien usage
Qui remonte au premier humain,
Tout homme y fait pèlerinage,
La gourde et le bâton en main.
(Eugène Vachette)
Virmaître, 1894 : Juge de paix (Argot des voleurs). N.
Chic
Larchey, 1865 : Élégance.
Vous serez ficelé dans le chic.
(Montépin)
L’officier qui a du chic est celui qui serre son ceinturon de manière à ressembler à une gourde.
(Noriac)
À l’École de Saint-Cyr, sous le premier Empire, chic était déjà synonyme d’Élégance militaire. Une esquisse qui a du chic a un bon cachet artistique.
Il lui révéla le sens intime de l’argot en usage cette semaine-là, il lui dit ce que c’était que chic, galbe.
(Th. Gautier, 1838)
Une tête faite de chic, tout au contraire, n’a rien de sérieusement étudié. ici, chic est à l’art ce que ponsif est à la littérature.
C’étaient là de fameux peintres. comme ils soignaient la ligne et les contours ! comme ils calculaient les proportions ! ils ne faisaient rien de chic ou d’après le mannequin.
(La Bédollière)
Chic, quelquefois, veut dire mauvais genre, genre trop accusé.
C’était ce chic que le tripol colle à l’épiderme des gens et qui résiste à toute lessive comme le masque des ramoneurs.
(P. Féval)
Chic est, on le voit, un mot d’acceptions fort diverses et fort répandues dans toutes les classes. — Vient du vieux mot Chic : finesse, subtilité. V. Roquefort. — C’est donc, mot à mot, le fin du fin en tout genre, et les exemples les plus anciens confirment cette étymologie, car ils prennent tous chic en ce sens.
Delvau, 1866 : s. m. Goût, façon pittoresque de s’habiller ou d’arranger les choses, — dans l’argot des petites dames et des gandins. Avoir du chic. Être arrangé avec une originalité de bon — ou de mauvais — goût. Avoir le chic. Posséder une habileté particulière pour faire une chose.
Delvau, 1866 : s. m. Habileté de main, ou plutôt de patte, — dans l’argot des artistes, qui ont emprunté ce mot au XVIIe siècle. Faire de chic. Dessiner ou peindre sans modèle, d’imagination, de souvenir.
La Rue, 1894 : Distinction, élégance, cachet. Facilité banale ou bon goût en art. Signifie aussi mauvais genre en art.
Virmaître, 1894 : Il a du chic, il est bien.
C’est une femme chic, un beau porte-manteau, sa toilette est bien accrochée. L’origine de cette expression n’est pas éloignée. Un ministre de l’Empire, habitué des coulisses de l’Opéra, envoya deux danseuses du corps de ballet souper à ses frais chez le restaurateur Maire. Très modestes, elles ne dépensèrent à elles deux que quinze francs. Quand le ministre demanda la note, il lit la moue. Le soir même il leur en lit le reproche et leur dit : Vous manquez de chic, pas de chic. Quelques jours plus tard il renvoya deux autres danseuses souper au même restaurant. Elles dépensèrent cinq cents francs. Quand il paya il lit une grimace sérieuse : Trop de chic, trop de chic, fit-il. Le mot fit fortune dans les coulisses et est resté (Argot des filles).
Cliquettes
Rigaud, 1881 : Yeux, — dans le jargon des bouchers.
Virmaître, 1894 : Oreilles (Argot du peuple). V. Esgourdes.
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Oreilles.
France, 1907 : Jambes. Se dit aussi pour oreilles.
Conobler ou connobrer
France, 1907 : Connaître. L’origine latine cognoscere est ici visible.
— Eh bien ! esgourdes-nous… Ton patron, ce vieux poteau, est, comme tu le conobles, un de nos faisandiers les plus costeaux.
(Edmond Lepelletier)
Montron drogue à sa largue ;
Bonnis-moi donc girofle ;
Qui sont ces pègres-là
Des grinchisseurs de bogues,
Esquinteurs de boutoques ;
Les connobre-tu pas !
(Chanson en argot)
Enterver, entraver
Larchey, 1865 : Savoir. — Du vieux mot entrever, entrevoir. V. Roquefort. V. Bigorne.
Électre le parlait, dit-on, divinement, Iphigénie aussi l’entravait gourdement.
Entraver
Ansiaume, 1821 : Comprendre.
Reprenons le trimard, exbalançons-nous, car le messière vient de nous entraver.
Clémens, 1840 : Comprendre.
M.D., 1844 : Entendre.
un détenu, 1846 : Comprendre. Il entrave l’argus : il comprend l’argot.
Larchey, 1865 : Voir enterver.
Delvau, 1866 : v. a. Comprendre, entendre, — dans l’argot des voleurs, qui emploient là un des plus vieux mots de la langue des honnêtes gens, car ils disent aussi Enterver comme Rutebeuf et l’auteur d’Ogier le Danois. Entraver bigorne ou arguche. Comprendre et parler l’argot. Signifie aussi : Embarrasser la police. Entraver nibergue ou niente. N’y entendre rien.
Rigaud, 1881 : Parler, comprendre, — dans le jargon des voleurs. — Entraver le jars, parler argot.
La Rue, 1894 : Parler, comprendre. Entraver le jars, parler argot.
Virmaître, 1894 : Empêcher une affaire. Mettre des bâtons dans les roues. Entraver : comprendre.
— J’entrave bigorne.
Mot à mot : Je comprends l’argot et non pas je le parle.
Entraver a un double sens :
— J’entrave nibergue ou niente.
Je n’entends rien, je ne comprends pas (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Comprendre.
France, 1907 : Comprendre, parler, entendre. Entraver bigorne, comprendre l’argot. J’entrave pas ton flanche, je ne sais ce que tu dis.
… Le grand Agamemnon
Fit fleurir dans Argot cet éloquent jargon,
Comme la Cour était alors des plus brillantes,
Les dames de son temps s’y rendirent savantes ;
Électre le parloit, dit-on, divinement,
Iphigénie aussi l’entravoit gourdement.
(Nicolas R. de Grandval)
Esgourde
Rigaud, 1881 : Oreille. — Débrider l’esgourde, esgourder, écouter.
La Rue, 1894 : Oreille.
Hayard, 1907 : Oreilles.
Esgourde ou esgourne
France, 1907 : Oreille. Débrider l’esgourde, écouter.
— Je vais te tirer les oreilles, attends !
Mais, agile comme un singe, le gamin s’échappa, zigzaguant derrière les tables.
— De quoi ! cria-t-il, plus souvent que vous me les pincerez mes esgourdes. Mince ! n’avez pas encore les spatules assez longues, hé !
(Paul Pourot, Les Ventres)
Ouvrez vos esgourdes et tenez vos battants…
(Edmond Lepelletier)
Esgourder
Rossignol, 1901 : Écouter.
Hayard, 1907 : Écouter, entendre.
France, 1907 : Écouter.
— Nous sommes au ressort et nous t’esgourdons ! dit Peau-de-Zébi, portant ironiquement la main à sa chéchia comme au temps du bat’ d’Af’ devant le double donnant la consigne.
(Edmond Lepelletier, Les Secrets de Paris)
anon., 1907 : Écouter.
Esgourdes
Rossignol, 1901 / anon., 1907 : Oreilles.
Esgourdes ou esgournes
Virmaître, 1894 : Oreilles. Quand elles sont démesurées on dit : Ah ! quelles feuilles de chou. On dit également : plat à barbe. Les voleurs disent : cliquettes.
Falourde
Delvau, 1866 : s. f. Le double-six, — dans l’argot des joueurs de dominos. On l’appelle aussi le Bateau à charbon et l’Ami.
Rigaud, 1881 : Double six d’un jeu de dominos.
Rigaud, 1881 : Repris de justice, malfaiteur. — Falourde engourdie, cadavre d’un malfaiteur.
Fustier, 1889 : Réclusionnaire. Argot des malfaiteurs.
Tous ces filous font partie d’une bande parfaitement organisée, embrigadée ; une véritable association avec ses chefs, ses banquiers, ses professeurs dont le maître suprême est un falourde répondant au surnom de Dragon.
(Temps, 1886)
La Rue, 1894 : Malfaiteur. Réclusionnaire. Forçat libéré. Falourde engourdie, cadavre.
Rossignol, 1901 : Imbécile.
France, 1907 : Double six, aux dominos.
France, 1907 : Forçat libéré.
France, 1907 : Imbécile.
Le mond’ qui fait ces questions-là
C’est un’ falourde !
Par hasard, est-c’ qui prendrait la
Femm’ pour un’ gourde ?
Les gringalets qu’on fait su’ l’tas,
Ça nous méprise…
Qu’on soy’ fait’ au plat par un gas,
Vite, on est prise.
(Blédort)
Farfouiller dans ses esgourdes (se)
Virmaître, 1894 : Nettoyer ses oreilles pour en enlever les mucosités (Argot du peuple).
Feuilles de chou
Delvau, 1866 : s. f. pl. Les oreilles, — dans l’argot des bouchers. On dit aussi Esgourdes et Maquantes.
Hayard, 1907 : Oreilles, journal sans importance.
France, 1907 : Les oreilles.
Feuilles de choux
Merlin, 1888 : Guêtres de cuir.
Virmaître, 1894 : Oreilles (Argot du peuple). V. Esgourdes.
Ficher la colle gourdement
Halbert, 1849 : Être bon trucheur en perfection.
Fil-en-quatre
Delvau, 1866 : s. m. Eau-de-vie très forte, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Fil-en-trois.
Rigaud, 1881 : Apprenti commis mercier.
Rigaud, 1881 : Eau-de-vie.
France, 1907 : Eau-de-vie. On dit aussi fil-en-trois et fil-en-six.
Le patron, affairé, debout, ne faisait que passer la main derrière l’étagère appendue au mur pour y prendre les bouteilles dont il versait le contenu aux clients et clientes alignés devant le comptoir.
Très peu de vin était demandé, le petit cognac, le marc, le rhum, le mêlé et le fil-en-quatre faisaient l’objet des commandes. Naturellement on payait avant d’être servi.
(Edmond Lepelletier)
Mais retourne à ton rang, conscrit, on va se battre,
Tu vaudras quelque chose et tu seras quelqu’un,
Tiens, siffle dans ma gourde un peu de fil-en-quatre.
(Paul Déroulède, Nouveaux Chants du soldat)
Galettard
France, 1907 : Riche, qui a de la galette.
— Oh ! là, là ! Mais regardez-vous donc dans la glace. Sans être un Apollon, n’empêche que Jean vous fait encore rudement la pige à tous les trois. Et puis, il est moins gourde que vous, qui ne fichez rien de vos dix doigts.
— Parbleu ! il n’a pas le sou.
— La voilà bien, la grande raison. Parce que vous êtes très galettards, vous vous croyez des malins. La belle affaire ! Est-ce vous qui l’avez gagnée, votre belle galette ou bien vos papas ?
(Yvan Bouvier)
Godan, godant
France, 1907 : Niaiserie, bêtise, mensonge, piège.
Ô Muse ! idéale amoureuse,
Va-t-en ! Je ne donne plus dans
Ces ponts vieillis et ces godans !
Ô Muse ! assez de viande creuse
Est venue agacer mes dents !
(A. Glatigny, Joyeusetés galantes)
— Ce matin, c’était le mystère de la Sainte Trinité… Te souviens-tu du mystère de la sainte Trinité ?
— Brumeusement.
— C’est crevant !… Le Père, le Saint-Esprit, le Fils !… Le Père a engendré le Saint-Esprit en se contemplant lui-même… Toi, qui commences à être un vieux type, tu comprends pas grand’chose à ça, déjà ? Alors, quoi, nous, les mômes !…. Et après, le Père a contemplé le Saint-Esprit, et ils ont engendré le Fils !… C’est dommage, dis donc, qu’on n’ait pas organisé des trains de plaisir pour assister à ça, hein ?… Ils sont trois et ils ne sont qu’un… Ils ne sont qu’un et ils sont trois !… Arrange ça… Moi, encore, je ne suis pas trop bête, j’en prends et j’en laisse ; mais, autour de moi, au catéchisme, il y a un tas de pauvres petites gourdes qui en deviennent gaga. Tiens, veux-tu que je te dise ? Seulement, tu le répréteras pas à p’tite mère, qui coupe un peu dans ces godants-là ?
(Alphonse Allais)
Gourd
d’Hautel, 1808 : C’est un gaillard qui n’a pas les mains gourdes. C’est-à-dire, c’est un garçon qui travaille avec ardeur ; ou auquel il ne faut pas chercher dispute.
Se prend aussi en mauvaise part, et se dit d’un homme qui aime beaucoup à prendre, et dont il faut se méfier.
Rigaud, 1881 : Tromperie, mensonge, filouterie. D’où l’ancien verbe gourrer.
Pour gourrer les pauvres gens
Qui leur babil veulent croira.
(Parnasse des Muses)
La Rue, 1894 : Pot.
Gourde
d’Hautel, 1808 : Une gourde. Calebasse dans laquelle on met du vin ou des liqueurs pour se réconforter en voyage.
Un gros gourdin. Pour tricot, gros bâton.
Fustier, 1889 : Niais, imbécile.
La Rue, 1894 : Boucle d’oreille. Benêt.
Virmaître, 1894 : Homme pâteux, paysan mal dégrossi. Au superlatif : crème de gourde (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Boucle d’oreille.
France, 1907 : Sot.
Georgette continue de se lamenter ! Dame ! le vicomte représentait vingt-cinq mille francs par an ; et solide, le Breton ! Leur liaison avait débuté par de la passion, et regrets de l’argent et regrets de l’amant, Georgette mêle tout dans une seule exclamation…
— Faut-il que je sois gourde… Faut-il que je sois gourde !
(Jean Ajalbert)
— Quand par malheur je hasardais une timide observation, j’étais immédiatement gratifié d’une foule de qualificatifs empruntés, pour la plupart, au règne végétal.
Les plus doux étaient ceux de gros melon, de cornichon, de gourde, etc., quand elle ne prétendait pas que je n’étais bon qu’à manger du foin.
(Marc Mario)
Gourdé
France, 1907 : Sot, benêt.
A n’est pas pus gironde qu’ça,
Mais, vrai, ça travaill’ comme eun’ reine.
Je n’m’occup’ pas mêm’ d’ousqu’a va ;
J’s’rais gourdé d’m’en donner la peine !
A m’fait mon prêt tous les matins
Quand a’ radine à la condisse ;
A porvoye à mes p’tits besoins…
Ben, quoi qu’vous voulez que j’bonisse ?
(É. Blédort)
Gourde ou gourdée
Rossignol, 1901 : Bête, imbécile.
Gourde, goudiflot
Hayard, 1907 : Simple, naïf.
Gourdement
anon., 1827 : Beaucoup, bien.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Beaucoup.
Bras-de-Fer, 1829 : Beaucoup, bien.
Vidocq, 1837 : adv. — Beaucoup.
(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)
Halbert, 1849 : Beaucoup.
Larchey, 1865 : Bien, beaucoup. V. Pavillonner, Artie.
Delvau, 1866 : adv. Beaucoup, — dans l’argot des voyous.
Rigaud, 1881 : Beaucoup, très bien, — dans l’ancien argot.
La Rue, 1894 : Beaucoup.
France, 1907 : Bien, beaucoup.
Gourderie
France, 1907 : Bêtise.
Il fut un temps, vingt dieux ! où l’on se battait d’un petit patelin à un autre — sans savoir pourquoi ! C’était d’une gourderie carabinée, mais pas plus que de se battre de peuple à peuple. Ainsi, on voit ça dans l’histoire sainte : la Judée était un pays guère plus grand qu’un département — et le sacré peuple de Dieu qui perchait là était toujours à batailler avec les communes voisines.
(Le Père Peinard)
Gourdes (les)
Delvau, 1864 : Les testicules, dans lesquels il y a une provision du cordial qui réchauffe les femmes malades de langueur.
Le troupier : mes roustons, le cocher : mes roupettes ;
Le marchand de coco : des gourdes ; les grisettes :
Des machines…
(Louis Protat)
Gourdifflot
Virmaître, 1894 : Petite gourde (Argot du peuple).
France, 1907 : Petite gourde.
Gourdin
Delvau, 1866 : s. m. Gros bâton, — dans l’argot du peuple, qui pour le manœuvrer ne doit pas avoir les mains gourdes.
Gros bonnet
France, 1907 : Personnage important, haut fonctionnaire, budgétivore de marque. Que de gros bonnets coiffant des cerveaux vides, que de crétins chamarrés et couverts de distinctions honorifiques, que de gourdes mitrées !
Tous les gros bonnets, dont on n’imprime le nom dans les journaux qu’avec l’épithète d’éminent ou de distingué, — des économistes qui étaient artivés à l’Institut pour avoir visité toutes les geôles de l’Europe et des deux Amériques, des statisticiens qui vous auraient dit, à un haricot près, ce qui se consomme dans les bagnes du monde entier, — tous les gens graves et compétents étaient d’accord sur ce point que, pour transformer en petits saints les enfants voleurs et vagabonds, il n’y a rien de tel que la vie pastorale, que les travaux de la campagne.
(François Coppée, Le Coupable)
Loche
d’Hautel, 1808 : Sorte de petit poisson très-gras.
Elle est grasse comme une loche. Se dit d’une femme de petite stature, et qui a un embonpoint appétissant.
Bras-de-Fer, 1829 : Oreille.
Vidocq, 1837 : s. f. — Oreille.
Larchey, 1865 : Oreille. — Locher : Écouter (Vidocq).
Delvau, 1866 : s. f. Oreille, — dans l’argot des voleurs.
Delvau, 1866 : s. f. Paresseux, gras, mou, — dans l’argot du peuple, qui emploie ce mot au propre et au figuré, par allusion à la limace, grise ou rouge, qu’on voit se traîner, visqueuse, par les sentiers.
Rigaud, 1881 : Oreille. — Locher, écouter, entendre.
La Rue, 1894 : Oreille. Paresseux.
Virmaître, 1894 : Oreilles (Argot des voleurs). V. Esgourdes.
Virmaître, 1894 : Paresseux, fainéant. Allusion à la loche qui se traîne péniblement. On dit également Paresseux comme un loir. Le loir dort au soleil (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Paresseux, gras, mou ; allusion à la loche ou limace.
France, 1907 : Taloche, Coup.
Loches
Hayard, 1907 : Oreilles.
France, 1907 : Oreilles ; argot des voleurs. On dit aussi esgourdes.
Pégriots, mes bons camarluches,
Vous tous qui n’êtes pas des bûches,
Dans vot’ loche entrez les conseils
D’un vieux roumard, un d’vos pareils.
Pour assurer de très bon carmes,
Malgré mess, gerbier et gendarme,
Dans l’esgourde entrez mes avis,
Sur le tas vous n’s’rez jamais pris.
(Hogier-Grison, Pigeons et Vautours)
Pavillon
Ansiaume, 1821 : Fou.
Il est pavillon ou je ne m’y connois pas.
un détenu, 1846 : Fou.
Larchey, 1865 : Fou, homme dont les idées flottent tous les vents comme un pavillon. — Pavillonner : Deviser joyeusement, plaisanter, déraisonner.
On renquillera dans la taule a mesigue pour refaiter gourdement, et chenument pavillonner, et picter du pivois sans lance.
(Vidocq)
Delvau, 1866 : s. et adj. Fou, — dans l’argot des faubouriens.
La Rue, 1894 : Fou. Mensonge fait sans nécessité.
France, 1907 : Évaporé, tête folle, cerveau versatile qui n’a pas d’idée fixe, qui tourne à tous les vents comme un pavillon.
Pègre
Ansiaume, 1821 : Voleur.
C’est un bon pègre, mais il n’est pas franc.
M.D., 1844 : Voleur.
un détenu, 1846 : Petit voleur.
Larchey, 1865 : Voleur.
Un jour à la Croix-Rouge, nous étions dix à douze, tous pègres de renom.
(Vidocq)
Pégrenne : Faim, misère. — Pégrenner : Faire maigre chère. V. Bachasse.
Delvau, 1866 : s. f. Le monde des voleurs. Haute pègre. Voleurs de haute futaie, bien mis et reçus presque partout. Basse pègre. Petits voleurs en blouse, qui n’exercent que sur une petite échelle et qui ne sont reçus nulle part — qu’aux Madelonnettes ou à la Roquette.
Delvau, 1866 : s. m. Voleur. Ce mot est fils du précédent, comme le vice est fils de la misère — et surtout de la fainéantise (pigritia, — piger). Pègre à marteau. Voleur de petits objets ou d’objets de peu de valeur.
Rigaud, 1881 : Voleur, de l’italien pegro, pigro, fainéant.
La Rue, 1894 : Voleur. La pègre, le monde des malfaiteurs. Pègre ou peigne à marteau, voleur sans notoriété. Pegriot, jeune voleur. Pègre de la grande vergne, voleur de Paris.
France, 1907 : Faussaire, filou, escroc et voleur, et aussi le monde des voleurs. Du mot latin pigrilia, paresse, mère de tous les vices et de tous les crimes.
Les pègres se divisent en deux classes principales : la haute et la basse pègre.
La haute pègre comprend les escrocs raffinés et de bonne compagnie, les beaux voleurs, qui savent mettre leurs mains dans nos poches pour les soulager de leur contenu, avec grâce et sous les formes les plus exquises.
La basse pègre réunit tous les prolétaires de la profession, ceux qui pratiquent le vol ordinaire et banal, souvent sans spécialité définie, vivant, comme les filles, de la rencontre et du hasard…
La haute et la basse pègre travaillent quelquefois de concert, mais alors c’est la basse qui est l’instrument, la main-d’œuvre, tandis que la haute se borne à l’initiative et à la direction ; elle ordonne et on lui obéit. Le travail fait, on partage le gain, puis on se sépare et l’on ne fraie pas ensemble.
(G. Macé, Un Joli Monde)
Pègres traqueurs, qui voulez tous du fade,
Prêtez l’esgourde à mon due boniment :
Vous commencez par tirer en valade,
Puis au grand truc vous marchez en taffant,
Le pante aboule,
On perd la boule,
Puis de la toile on se crampe en rompant,
On vous roussine
Et puis la tine
Vient remoucher la butte en rigolant.
(Lacenaire)
Perdrix (chasser la)
France, 1907 : Combattre les troupes républicaines. Expression des chouans.
Monsieur de Charette a dit à ceux de Vitré :
Avancez,
L’oreille au guet et le pas bien léger,
Prends ton fusil, Grégoire,
Prends ta gourde pour boire,
Prends ta vierge d’ivoire !
Nos messieurs sont partis
Pour chasser la perdrix.
(Oscar de Poll)
Piolle
anon., 1827 : Cabaret, taverne.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Cabaret.
Bras-de-Fer, 1829 : Cabaret, taverne.
Vidocq, 1837 : s. f. — Taverne, auberge du dernier rang.
(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)
Vidocq, 1837 : s. f. — Chambre. Terme des Camelots et voleurs de campagne.
un détenu, 1846 : Maison.
Rigaud, 1881 : Cabaret. — Hôtel garni à la nuit, — dans le jargon des voyous. — Piollier, piollière, cabaretier, cabaretière, logeur à la nuit.
France, 1907 : Même sens que piaule et piole.
Fanandels, en cette piolle
On vit chenument ;
Arton, pivois et criolle,
On a gourdement,
Pitanchons, faisons riolle
Jusqu’au jugement.
(Nicolas R. de Grandval)
Pochetée (avoir une)
Virmaître, 1894 : Avoir une forte dose de bêtise.
— Il en a une rude pochetée.
Synonyme de gourde (Argot du peuple).
France, 1907 : Avoir une forte dose de niaiserie.
Serrer la vis
Delvau, 1866 : Achever une affaire, presser un travail. Étrangler quelqu’un. Argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Serrer le frein, — dans l’argot des mécaniciens des chemins de fer.
Virmaître, 1894 : Étrangler quelqu’un (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Serrer le cou.
France, 1907 : Étrangler.
Ah ! maudite routine, on n’a plus la foi, comme ci-dessus je le dégoise, mais par veulerie on laisse encore l’Église, qui s’en accommode, nous fiche le grappin dessus à notre naissance, à notre accouplement, à notre crevaison.
On lui laisse farcir la caboche de nos loupiots de fariboles nigaudes et criminelles ; notre copine n’ayant d’autre lieu de rassemblement, d’autre récréation que la sacrée turne du bon dieu, s’y laisse obscurcir la comprenette, ne peut se dépêtrer des gourderies religieuses.
Épatez-vous donc ensuite que capitalos et gouvernants continuent à nous serrer la vis.
(Le Père Peinard)
Vigoter
France, 1907 : Vivre ; argot des voleurs.
— J’veux bien… mais je ne sais pas goupiner, moi !
— Tu vigoteras avec mezigo… ne te martèle pas la labochèquem (ne te casse pas la tête), tu t’y mettras comme les poteaux…
— Apprends-moi, La Gaule, je t’esgourde.
(Edmond Lepelletier, Les Secrets de Paris)
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