Delvau, 1864 : Pédéraster un indigène, — dans l’argot des troupiers d’Afrique.
Quand il consommait son Kabyle,
On entendait sous le gourbi,
Au milieu de la nuit tranquille,
Le succube pousser ce cri…
(Alexandre Pothey)
Consommer son kabyle
Delvau, 1864 : Pédéraster un indigène, — dans l’argot des troupiers d’Afrique.
Quand il consommait son Kabyle,
On entendait sous le gourbi,
Au milieu de la nuit tranquille,
Le succube pousser ce cri…
(Alexandre Pothey)
Gourbi
France, 1907 : Maison, butte, baraque. Le mot a été importé d’Afrique dès les premières années de la conquête. Le gourbi proprement dit est la hutte de branchages et de terre sèche qui sert d’habitation aux Kabyles et aux Arabes cultivateurs. Une romance célèbre d’Alexandre Dumas, que chantèrent en tremolo, il y a une quarantaine d’années, tous les ouvriers des faubourgs, contribua à populariser ce mot.
Ils ont pillé les gourbis de nos pères,
Brûlé nos blés, dévasté nos troupeaux ;
Les aigles seuls connaissent nos repères,
Ils sont venus y planter leurs drapeaux.
Les troupes se construisent dans leurs campements des gourbis.
À Biribi c’est là qu’on crève
De soif et d’faim ;
C’est là qu’i’ faut marner sans trêve
Jusqu’à la fin…
Le soir, on pense à la famille
Sous le gourbi…
On pleure encor’ quand on roupille
À Biribi.
(Aristide Bruant)
— Ah ! mon ami, figure-toi un pauvre capitaine de turcos qui, depuis plus d’un an, n’a eu pour reposer ses yeux que des femelles vêtues d’une simple pièce de toile fendue des deux côtés et reliée par une ceinture, un burnous en cotonnade ; dans le cheveux, des tresses en poil de chameau, — et qui, tout à coup, voit débarquer dans son gourbi une femme au teint de lis et de roses, avec des cheveux roux vénitien, un petit nez droit, des dents de chatte, le tout mis en valeur par un costume de voyage d’une élégance exquise…
(Pompon, Gil Blas)
En provençal, gourbi signifie panier.
France, 1907 : Tête. N’avoir plus d’alfa sur le gourbi, être chauve. On dit aussi : n’avoir plus de cresson sur la fontaine.
Kébir
Merlin, 1888 : Chef de corps, — de l’arabe. Le gros kébir désigne le général.
France, 1907 : Chef. Commandant de corps, colonel, dans l’argot militaire. Mot rapporté d’Algérie.
Quand on attend le divin péché, jamais journée ne paraît si longue ; aussi jamais je ne comptais avec plus d’impatience les heures à la seule montre que je possédais, le grand cadran du ciel. Ma seule appréhension était que le kébir ne revint, ne m’appelât et ne me fit manquer mon rendez-vous. J’en avais une telle peur que je quittai mon gourbi au plus vite, résolu d’aller me cacher en quelque endroit où l’on ne pût me trouver.
(Hector France, L’Homme qui tue)
Matraque
Delvau, 1866 : s. m. Bâton, canne, — dans l’argot des faubouriens qui ont servi dans l’armée d’Afrique. Ils ont entendu des Arabes, s’essayant au français, dire : ma traque pour ma trique, et ils ont pris cela pour du sabir.
France, 1907 : Bâton. Mot rapporté par les soldats d’Afrique.
Entre la Calle et Souk-Arras nous avions brûlé le pays. Vous dire pourquoi, j’en serais bien en peine ; une poule volée à un colon influent, un coup de matraque appliqué par un Bédouin ruiné sur la tête d’un juif voleur, quelques centaines de mille francs à faire passer dans la caisse d’un fournisseur ami d’un ministre, et pif, paf, boum, coups de fusil, obus, fusées, coups de canon, coups de sabre et finalement le feu aux gourbis, aux jardins et aux moissons.
(Hector France, Sous le Burnous)
Moukère, mouquère
France, 1907 : Femme. Même provenance que ci-dessus, corruption de l’espagnol mujer, passé en langue sabir.
Et le père du condamné se souvenait des beaux jours d’Afrique, des galons de sergent, des moukères sortant de leur gourbi, chaque nuit, pour vendre de l’amour aux zouaves dans les camps ; il se souvenait d’autre chose !
(Auguste Marin)
— Ah çà ! qu’est-ce qu’ils fricotent donc, ces bougres-là ! Pas de factionnaire ? Hé ! Brigadier ! Vous allez finir la nuit au clou, mon bel ami. Et gare le motif ! Et le salaud de factionnaire, donc ! Ah ! nom de Dieu ! En voilà des fumistes… Tas de Parisiens, va ! Je donne ma tête à couper qu’ils ont trouvé une mouquère. Nous allons rire.
(Hector France, Les Mystères du monde)
Succube
Delvau, 1864 : Homme qui consent à servir de femme à un autre homme, et qui fait le dessous pendant qu’il fait le dessus.
Succubbe. On appelle ainsi tes patentes dans les combats amoureux de femmes à femmes.
(Confession de Mademoiselle Sapho, suite du Cadran des plaisirs de la Cour, p. 257)
Quand il consommait son Kabyle
On entendait sous le gourbi
Au milieu de la nuit tranquille,
Le succube pousser ce cri.
(Al. Pothey)
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