Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Boucardier ou boucarmier

France, 1907 : Dévaliseur de boutiques, à l’aide d’un petit garçon, dit pégriot, qui s’y cache et ouvre pendant la nuit.

— Ce sont les agents qui inventent les noms des nouveaux genres de vol ?
— Nullement. Les malfaiteurs s’en chargent. Quelques-uns utilisent les loisirs que leur fait la prison à cataloguer en argot les différentes dénominations de leurs exploits. Le nom est modelé sur le procédé employé pour son accomplissement. C’est ainsi qu’ils ont baptisé :
Cambrioleurs, les dévaliseurs de chambres (dérivé de cambriole, qui signifie chambre) ;
Carroubleurs, les voleurs à l’aide de fausses clés (carroubles) ;
Fric-frac, les casseurs de porte ;
Vanterniers, ceux qui s’introduisent dans les habitations par les fenêtres ;
Boucarmiers, dévaliseurs de boutiques.
Puis viennent les charrieurs, goupineurs, ramastiqueurs, mastaroubleurs, bonjouriers, roulottiers, tireurs.
Ces derniers sont les plus nombreux, l’opération étant simple, facile et à portée de tous les malhonnêtes gens.

(G. Macé, Un Joli monde)

Butter

Ansiaume, 1821 : Massacrer.

Il a été butté pour avoir fait suer un chesne.

un détenu, 1846 : Tuer quelqu’un, occire.

Larchey, 1865 : Assassiner. — Du vieux mot buter : frapper, renverser, qui a fait Culbuter. V. Roquefort.

Voilà donc une classe d’individus réduite à la dure extrémité de travailler sur le grand trimar, de goupiner, de faire le bog et le blavin, de butter même s’il en était besoin.

(Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris, 1830)

Voilà pour butter le premier rousse, dit-il en montrant un couteau.

(Canler)

Virmaître, 1894 : Tuer (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Tuer.

France, 1907 : Assassiner, guillotiner.

Et, comm’ leur fallait c’pendant
Pour s’mett’ quèqu’ chos’ sous la dent
Qu’i’ s’procur’nt de la galette,
I’ buttèr’nt un pétrousquin
Et lui tir’nt son saint-frusquin.

(Blédort)

Coupiner

Clémens, 1840 : Travailler hostilement, à la remarche on dit Goupiner.

De l’avant (aller)

Ansiaume, 1821 : Aller vite, travailler fort.

Il a fallu goupiner longtems et de l’avant.

Goupine

Halbert, 1849 : Mise étrange.

Rigaud, 1881 : Tête, allure de voleur ; mise dans le goût de celle de Robert-Macaire.

France, 1907 : Habillement pauvre.

Goupiné

France, 1907 : Mal vêtu.

Goupiner

Ansiaume, 1821 : Travailler.

L’affaire est bonne, mais il y a à goupiner.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Faire quelque chose.

Bras-de-Fer, 1829 : Travailler.

Vidocq, 1837 : v. a. — Travailler.

Clémens, 1840 : Travailler.

un détenu, 1846 : Faire quelque chose. Un objet bien goupiné est un objet bien fait.

Larchey, 1865 : Voler. V. Estourbir, Butter.

Voilà donc une classe d’individus réduite à la dure extrémité de travailler sur le grand trimar, de goupiner

(Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris, 1830, in-8)

J’ai roulé de vergne en vergne pour apprendre à goupiner.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : v. a. Voler, — dans le même argot [des voleurs]. Goupiner les poivriers. Dévaliser les ivrognes endormis sur la voie publique.

Rigaud, 1881 : Voler, s’ingénier à faire le mal.

En goupinant seul et dans un pays étranger, on n’a à craindre ni les moutons ni les reluqueurs.

(J. Richepin, l’Assassin nu)

Goupiner les poivriers, voler les ivrognes.

La Rue, 1894 : Voler. Travailler.

Virmaître, 1894 : Voler. On applique également ce mot à quelqu’un de mal habillé.
— Est-il goupiné ? (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Travailler.

Hayard, 1907 : Arranger, apprêter un vol.

France, 1907 : Travailler.

— La largue est fine, et que goupine-t-elle ?
— Elle est établie, elle gère une maison.

(Balzac)

France, 1907 : Voler.

En roulant de vergue en vergue
Pour apprendre à goupiner.

(Vidocq)

Allumés de toutes ces largues
Et du trèpe rassemblé ;
Et de ces charlots bonsdrilles,
Lonfa malura dondaine !
Tous aboulant goupiner,
Lonfa malura dondé !

(Chanson de l’argot)

Dès lors arrivent les politesses d’usage ; c’est un verre de plus qu’il faut.
Jean-Louis déplore la dureté des temps.
Il se plaint de ne pouvoir goupiner ; on se plaint mutuellement.

(Marc Mario et Louis Launay)

Goupiner à la desserte

France, 1907 : Voler de l’argenterie, aux approches du dîner, au moment où l’on vient de la poser sur la table, dans les grandes maisons où l’on attend des convives.

Goupiner à la dure

France, 1907 : Tuer.

— Ce n’est pas de la blague, mais j’ai une rude guigne.
— Heureusement, me voilà.
— Si je ne t’avais pas vu, j’allais demander la place de bedeau à Montreuil.
— Tu aurais manqué de tenue.
— Tu crois ?
— J’en suis sûr.
Le Parisien jeta un coup d’œil navré sur ses vêtements en loques.
— Tu as peut-être raison, dit-il.
— Veux-tu travailler ? s’écria Vidocq.
— Je ne demande que cela.
— Ce que je vais te proposer est dur.
— Tant pis.
— Te sens d’attaque ?
— Est-ce qu’il faudra goupiner à la dure ?

(Marc Mario et Louis Launay)

Goupiner les poivriers

Vidocq, 1837 : v. a. — Voler les ivrognes qui sont trouvés sur la voie publique.

France, 1907 : Voler les ivrognes.

Goupineur

Delvau, 1866 : s. m. Voleur.

Goupineurs

Virmaître, 1894 : Voleurs qui ont la spécialité de dévaliser les pochards qui s’endorment sur la voie publique. Ils goupinent les profondes (Argot des voleurs).

Maître (être)

Ansiaume, 1821 : Ouvrir une porte à volonté.

J’ai goupiné après la carrouble, mais je suis maître.

Marcandier, marcandière

France, 1907 : Marchand, marchande ; argot des voleurs. On appelait autrefois de ce nom une certaine catégorie de mendiants qui prétendaient avoir été attaqués et dévalisés par des voleurs de grand chemin.

Marcandiers sont ceux qui voyagent avec une grande bourse à leur costé, avec un assez chenastre frusquin, et un rabas sur les courbes (épaules), feignant d’avoir trouvé des sabrieux (voleurs) sur le trimard qui leur ont osté leur michon tontine (tout leur argent).

(Le Jargon de l’argot)

On écrit aussi mercandier.

En roulant de vergue en vergue (ville)
Pour apprendre à goupiner,
J’ai rencontré la mercandière,
Lonfa malura dondaine !
Qui du pivois solissait (vendait du vin),
Lonfa malura dondé !

(Chanson en argot citée par Vidocq)

Pétard

Vidocq, 1837 : s. m. — Haricot.

Clémens, 1840 : Éveil, se faire de la bile.

un détenu, 1846 : Un sou.

Delvau, 1866 : s. m. Bruit, esclandre.

N’bats pas l’quart,
Crains l’pétard,
J’suis Bertrand l’pochard !

dit une chanson populaire.

Delvau, 1866 : s. m. Derrière de l’homme ou de la femme. Se dit aussi pour Coup de pied appliqué au derrière.

Rigaud, 1881 : Derrière. — Haricot. Le haricot est tantôt un musicien, tantôt un pétard, tantôt exécutant, tantôt musique. Allusion compréhensible, même pour les enfants.

Fustier, 1889 : Argot des artistes et des gens de lettres. Succès bruyant.

Pourquoi ce qui n’avait pas réussi jusqu’alors, a-t-il été, cette fois, un événement de librairie ? ce qu’on appelle, en argot artistique, un pétard.

(Gazette des Tribunaux, 1882. )

Fustier, 1889 : Sou.

À droite, un comptoir en étain
Qu’on astique chaque matin.
C’est la qu’on verse
Le rhum, les cognacs et les marcs
À qui veut mettre trois pétards
Dans le commerce.

(Gaulois, 1882)

La Rue, 1894 : Un sou. Soumet. Haricot. Postérieur. Bagarre.

Virmaître, 1894 : Le derrière.
— Crois-tu qu’elle est bien en viande ? Quel riche pétard ! On en mangerait une tranche.
L’allusion se devine ; souvent il tire des feux d’artifice (Argot du peuple). N.

Virmaître, 1894 : Sou. C’est une corruption du mot patard, expression employée par François Villon. En Suisse, il y a des siècles, patard était une monnaie divisionnaire ; en terme de mépris, on disait : un patard de vache (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Le derrière.

Rossignol, 1901 : Sou.

Rossignol, 1901 : Tapage, bruit.

Avez-vous fini de faire du pétard, on n’entend que vous.

France, 1907 : Bruit, tapage.

Comment, v’là d’jà ménuit qui sonne !
Ej’ croyais pas qu’l’était si tard,
C’est vrai qu’on rencont’ pus personne
Et qu’on n’entend pus grand pétard.
Vrai, si j’étais propriétaire,
J’irais ben m’coucher un moment…
Mais je n’suis mêm’ pas locataire…

(Aristide Bruant)

Faire du pétard, faire du bruit, récriminer, protester vigoureusement, causer du désordre.

Autrefois, elle était fantasque,
Capricieuse, et f’sait du pétard,
Ne r’gardant pas à faire un’ frasque,
Encor moins à faire un cornard.
Mais maintenant on peut sur elle
Se reposer de tout souci,
Comme un pigeon dessous une aile…

(Henri Bachmann, La Femme mûre)

Faire un pétard est, en terme littéraire et artistique, produire une œuvre sensationnelle, qui heurte les idées courantes, choque les préjugés bourgeois, et l’on ne se doute pas du nombre de bourgeois que contient le monde artistique et littéraire. En littérature, Nana, d’Émile Zola, fut un pétard ; en peinture, la Salomée de Henri Regnault en fut un également.

Si je fais du théâtre, ce sera pour être joué, et, tout en le faisant comme je comprends qu’il doit être, — l’image de la vie. Je ne casserai aucune vitre, ne lancerai aucun pétard.

(Émile Zola)

France, 1907 : Le derrière, maître Luc, ce que l’intellectuel Armand Silvestre admire le plus chez la femme.

Le timbré s’est fait une théorie bien à lui sur les différents types de femmes. Il prétend qu’il faut être, et il est, lui, gourmand avec les brunes, gourmet avec les blondes, glouton avec les rousses, et goinfre avec les châtaines bien capitonnées, aux tétons fermes et abondants, aux croupes plantureuses et charnues, car l’adjudant apprécie la quantité au même titre que la qualité.
— J’aurais dû rentrer dans l’artillerie ou le génie, dit-il quelquefois, car j’adore les pétards, moi !

(Le Régiment)

Je les ai vus égayant
La foules ivre d’allégresse :
Chacun d’eux, certe, est bruyant
Étincelant, flamboyant,
Mais, je le confesse,
Rentré chez moi sur le tard,
Je me suis dit à moi-même :
« Ces pétards, nom d’un pétard !
Ne valent pas le pétard
De celle que j’aime ! »

(Gil Blas)

France, 1907 : Pièce d’un sou ; corruption du vieux français patard.

— J’aimerais mieux encore turbiner d’achar du matois à la sorgue pour affurer cinquante pétards par luisant que de goupiner.

(Mémoires de Vidocq)

À droite un comptoir en étain
Qu’on astique chaque matin :
C’est là qu’on verse
Les rhums, les cognacs et les marcs
À qui veut mettre trois pétards
Dans le commerce.

(Chanson du Père Lunette)

France, 1907 : Soufflet. Ça claque.

Venterniers

France, 1907 : Voleurs qui s’introduisent dans les habitations par les fenêtres.

Les malfaiteurs, à quelque classe qu’ils appartiennent, se divisent entre eux selon les opérations qu’ils font le plus généralement. Le nom est modelé sur le procédé employé pour son accomplissement. C’est ainsi qu’ils ont appelé : cambrioleurs, les dévaliseurs de chambres, du mot d’argot cambriole, chambre ; carroubleurs, les voleurs à l’aide de fausses clefs, carroubles ; fric-frac, les enfonceurs de portes et de vitres ; boucorniers, les dévaliseurs de magasins ; venterniers… Puis viennent les charrieurs, étouffeurs, fourlineurs, goupineurs, ramastiqueurs, mastaroubleurs, bonjouriers, roulottiers, tireurs, etc., autrement dit autant de malfaiteurs, aujourd’hui voleurs, demain assassins.

(Armand Villette)

Mais revenons aux venterniers.

Ce sont de singuliers voleurs, dit Pierre Delcourt, constituant des bandes redoutables, parfaitement organisées, très disciplinées ; la partie administrative de l’association est si bien entendue, dans quelques-unes de ces sociétés sans commandite, qu’elles possèdent un outillage perfectionné, dans lequel nous citerons, pour la plus grande édification du lecteur, une voiture et un cheval !
Cette voiture, ordinairement un cabriolet de campagne, n’a d’autre raison que de servir d’échelle, par sa capote relevée, aux venterniers et à les aider à atteindre l’entablement de l’entresol ou du premier étage.
C’est charmant, en vérité, et on ne saurait mieux joindre l’utile à l’agréable. Le véhicule amène sans fatigue ces gentlemen au lieu de leur travail ; il leur sert ensuite d’outil.

Vergne

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Ville.

Vidocq, 1837 : s f. — Ville.

Clémens, 1840 / Halbert, 1849 : Ville.

Larchey, 1865 : Pays. V. Bigorne.

J’ai roulé de vergne en vergne pour apprendre à goupiner.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. f. Ville, — dans l’argot des voleurs. Deux plombes crossent à la vergne. Deux heures sonnent a la ville.

Rigaud, 1881 : Ville. — Vergne de Miséricorde, ville d’un mauvais rapport au point de vue du vol.

La Rue, 1894 : Ville.

Virmaître, 1894 : Pays ou ville. Vidocq dit :
— J’ai roulé de vergne en vergne pour apprendre à goupiner.
A. Delvau dit :
— Deux plombes crossent à la vergne (deux heures sonnent à la ville) (Argot des voleurs).

France, 1907 : Ville. Grande vergne, Paris. D’après Timmermans, ce mot viendrait du hollandais weer, de weren, défendre, les villes étant entourées autrefois d’un mur d’enceinte destiné à la défense.

— J’ai roulé de vergne en vergne pour apprendre à goupiner.

(Mémoires de Vidocq)

Vigoter

France, 1907 : Vivre ; argot des voleurs.

— J’veux bien… mais je ne sais pas goupiner, moi !
— Tu vigoteras avec mezigo… ne te martèle pas la labochèquem (ne te casse pas la tête), tu t’y mettras comme les poteaux…
— Apprends-moi, La Gaule, je t’esgourde.

(Edmond Lepelletier, Les Secrets de Paris)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique