Virmaître, 1894 : Expression qui désigne dans un monde spécial les habituées du Rat Mort, de la Souris ou du Hanneton, deux femmes qui s’aiment avec une ardente passion et en conséquence détestent les hommes (Argot des filles). V. Gougnottes. N.
Accouplées
Fleurs du mal
Delvau, 1864 : Tribade — qui se fait respirer par une autre femme, qu’elle respire à son tour. — L’expression date de 1856, époque de la publication du livre de poésies de M. Charles Baudelaire, dans lequel les gougnottes sont chantées sur la mode ionien.
Gougnotte
Delvau, 1864 : « Fille ou femme qui abuse des personnes de son sexe », dit M. Francisque Michel — qui, par pudeur, manque de clarté ; la gougnotte est une fille qui ne jouit qu’avec les filles, qu’elle gamahuche ou qui la branlent ; une gougnotte préfère Sapho à Phaon, le clitoris de sa voisine à la pine de son voisin.
Delvau, 1866 : s. f. « Femme ou fille qui abuse des personnes de son sexe, — d’où le verbe gougnotter, » dit Francisque Michel. On dit aussi Gusse.
La Rue, 1894 : Lesbienne, disciple de Sapho. Femme dégradée qui recherche les individus de son sexe. Synonymes : Gusse ou gousse, magnuce, chipette, puce travailleuse ponifle, satin, etc.
Virmaître, 1894 : Femme qui déteste les hommes et qui a des mœurs à part. On dit aussi gousse (Argot des filles). V. Accouplées.
France, 1907 : Créature adonnée au vice qui rendit les Lesbiennes célébres ; on dit aussi gousse.
Les personnes qui ont vu les choses de près sont unanimes à déclarer que, dans les lupanars de la plus haute classe, l’espèce des marlous jouant le rôle d’amants des pensionnaires est totalement inconnue, et que toutes les filles, sans exception, sont des tribades ; c’est le nom qu’on donne aux femmes qui se signalent par cette passion contre nature ; on dit aussi gougnottes, mais en style familier.
(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)
Sur sa lèvre un sourire essayant d’être acerbe
Passe niaisement rêveur ;
Une gougnotte, en ce tambour-major imberbe,
Seule trouve quelque saveur.
(A. Glatigny, Joyeusetés galantes)
L’autre soir, deux cocottes de grande marque se sont prises au chignon dans un cabaret de nuit.
Et savez-vous la cause de cette bataille ? Vous croirez peut-être que ces dames se sont battues pour un jeune homme brun ou blond, ou bien pour un « boïard » enlevé par l’une des deux à sa camarade ?
Nullement. La cause en est beaucoup plus compliquée. Ces dames sont amoureuses, toutes deux, d’une blonde enfant pleine de charmes qui s’appelle Jeanne.
La petite Jeanne, qui n’a aucun goût pour visiter Lesbos, envoya promener ses aspirantes peu platoniques, ce qui ne les a pas empêchées de se jeter des carafes sur la tête et de se crier l’une à l’autre : « Oui, tu n’es qu’une g… ! »
(Gil Blas)
Gougnotte, gougne
Rigaud, 1881 : Tribade ; femme qui joue les travesties à huis clos.
Gougnotter
Rigaud, 1881 : Se livrer au dévergondage entre femmes.
Gousse
Gouts contre nature (avoir des)
Delvau, 1864 : Être pédéraste, si l’on est homme, — ou gougnotte, si l’on est femme.
On ne le lui met plus !… On le lui a donc déjà mis ? L’homme que j’ai honoré de mes faveurs aurait donc des goûts contre nature ?
(Jean Du Boys)
Satin
La Rue, 1894 : Tribade. V. Gougnotte.
France, 1907 : Lesbienne. Ce néologisme d’ailleurs peu usité est tiré d’un roman d’Émile Zola, Nana, où une tribade porte le nom de Satin.
Troisième sexe (le)
Delvau, 1864 : Celui auquel appartiennent les pédérastes et les gougnottes.
— Je ne mène pas là votre seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes, — Hao ! fit lord Durham, et qu’est-ce ? — C’est le troisième sexe, milord.
(H. de Balzac)
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