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Anglaise

Delvau, 1866 : s. f. Écot, part de chacun dans une affaire ou dans on dîner. Argot des saltimbanques. Faire une anglaise. Payer chacun son écot.

Delvau, 1866 : s. f. Jeu de gouapeurs qui consiste à jeter les sous de chacun et à garder pour soi les faces ; un second prend les piles qui restent et rejette, etc. Jouer à l’anglaise. Jouer aux sous.

Rigaud, 1881 : Jeu de sous à pile ou face, jeu favori des voyous.

Banlieusard, arde

France, 1907 : Habitant de la banlieue ; argot des Parisiens.

Le champ de foire devient le rendez-vous de la bohème banlieusarde, le lieu d’élection des bonnes et des garçons jardiniers ; la gouape du faubourg parisien vient aussi fraterniser. Dès les premières ombres du soir, on flirte derrière les baraques éteintes — quelquefois dedans ; les couples enamourés se ruinent aux petits jeux honnêtes et loyaux : biribi, bonneteau, passe anglaise et autres importations.

(Le Journal)

Batteur

d’Hautel, 1808 : Terme de mépris ; bretteur, spadassin ; homme hargneux et querelleur ; vaurien qui cherche continuellement noise à ceux qui lui sont inférieurs en force.
Batteur de pavé. Vagabond, qui passe son temps et sa vie à rôder.

un détenu, 1846 : Un désœuvré, fainéant, tapageur, coureur des rues.

Halbert, 1849 : Menteur.

Delvau, 1866 : s. m. Menteur ; fourbe. C’est plus spécialement le tiers qui bat comtois pour lever le pante.

Boutmy, 1883 : s. m. Qui fait des mensonges, des battages.

La Rue, 1894 : Menteur. Escroc. Normand.

France, 1907 : Enjôleur.

France, 1907 : Menteur ; argot des voleurs.

— Parbleu ! tu dois faire tes chopins à la sourdine.
— Pas du tout.
— Tu n’affures rien ?
— Ma solde me suffit.
— Batteur !
— Je suis nourri, habillé, blanchi ; je ne manque de rien.
— Pourtant, il y a ici des grinches.
— N’y en a-t-il pas partout ?

(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)

Batteur d’antif, voleur qui amorce les pantes par son bagout ; argot des prisons. Batteur de flanche, fainéant.

Même aux yeux du peuple qui l’aime,
Il passe un peu pour une flemme,
Gouapeur moins homme que gamin,
Artisse, quoi ! batteur de flanche,
Cheveux trop bouclés, peau trop blanche,
Main trop propre, et poil dans la main.

(Jean Richepin)

Bordée

Delvau, 1866 : s. f. Débauche de cabaret, — dans l’argot des ouvriers, qui se souviennent d’avoir été soldats de marine. Courir une bordée. S’absenter de l’atelier sans permission. Tirer une bordée. Se débaucher.

France, 1907 : Débauche. Être en bordée, courir ou tirer une bordée, s’absenter de son travail pour faire la noce ; terme venant des soldats ayant servi dans la marine.

La paie de grande quinzaine emplissait le trottoir d’une bousculade de gouapeurs tirant une bordée.

(Zola)

Bousiller

d’Hautel, 1808 : Faire quelque chose à la hâte ; estropier, sabrenauder.
Cet ouvrage est bousillé. C’est-à-dire mal fait, précipité et sans soins.

Delvau, 1866 : v. a. Faire vite et mal, — dans l’argot du peuple, qui sait avec quel sans-façon et quelle rapidité les maçons bâtissent les maisons des champs, avec du crachat et de la boue, ou mieux de la bouse.

La Rue, 1894 : Travailler vite et mal.

Virmaître, 1894 : Flâner, gouaper. Mettre quinze jours sur un ouvrage où il en faudrait deux et ensuite le terminer rapidement avec une mal façon (Argot du peuple). V. Saboter.

France, 1907 : Travailler rapidement et mal ; se hâter de faire une besogne.

Cassine

d’Hautel, 1808 : Ce mot signifioit autrefois une petite maison de campagne ; maintenant il n’est plus d’usage que parmi le peuple qui l’emploie par dérision pour dire un logement triste et misérable, un trou, une maison où l’on n’a pas toutes ses aises.

Delvau, 1866 : s. f. Maison où le service est sévère, — dans l’argot des domestiques paresseux ; atelier où le travail est rude, — dans l’argot des ouvriers gouapeurs.

Rigaud, 1881 : Salle d’étude, quartier, — dans le jargon du collège. (Albanès)

France, 1907 : Nom que donne la cuisinière où la bonne d’enfant à l’appartement de ses bourgeois.

— C’est vrai que j’suis à la cuisine
Et c’est chez des bourgeois cossus ;
Ils sont absents de la cassine
Pour un jour et peut-être plus !
— Ah ! vous seriez fièr’ment aimable
De fêter le p’tit Cupidon !
Que je dis d’un air très aimable
Pour amorcer ma gross’ Dondon !

(Le Petit Pioupiou)

Escargot

d’Hautel, 1808 : C’est un vrai escargot. Expression fort insultante que l’on applique à un homme mal fait, malbâti, à un sot, à un imbécile.

Vidocq, 1837 : s. m. — Vagabond.

Delvau, 1866 : s. m. Homme mal fait, mal habillé, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi : Vagabond, homme qui se traîne sur les chemins, rampant pour obtenir du pain, et quelquefois montrant les cornes pour obtenir de l’argent.

Rigaud, 1881 : Vagabond. — Lampion, — dans l’ancien argot.

Merlin, 1888 : L’homme et sa tente, en campagne.

La Rue, 1894 : Vagabond, Agent de police.

Virmaître, 1894 : Casquette que portaient les souteneurs avant la david, laquelle fut à son tour détrônée par la casquette à trois ponts (Argot des souteneurs). N.

Virmaître, 1894 : Vagabonds, les habitués des refuges, les gouapeurs des halles, les hirondelles du Pont-Neuf (Argot du peuple). Dans la pièce des Bohémiens de Paris, Colbrun chantait :

Sur mon dos comme un limaçon,
Portant mon bagage,
Mon mobilier et ma maison.

France, 1907 : Lampion que l’on pose le long des plates-bandes des jardins dans les fêtes.

France, 1907 : Lent, paresseux ; rôdeur de grand chemin, vagabond.

Flan (du) !

Delvau, 1866 : Expression de l’argot des faubouriens, qu’ils emploient à propos de rien, comme formule de refus ou pour se débarrasser d’un ennuyeux. Ce flan-là est de la même famille que les navets, les emblèmes, et autres zut consacrés par un long usage. Cette expression a signifié quelquefois, au contraire : « C’est du nanan ! » comme le prouve cet extrait d’une chanson publiée par le National de 1835 :

J’dout’qu’à grinchir on s’enrichisse ;
J’aime mieux gouaper : c’est du flan.

Rigaud, 1881 : Non, jamais. — Exclamation particulière aux gamins qui ajoutent souvent et de la galette. Du flan ! et de la galette ! sans doute en souvenir des pâtisseries populaires mais indigestes de ce nom.

France, 1907 : Formule de refus ; interjection employée pour repousser une demande importune ou intempestive.

— Eh bien, mon cher monsieur, lui dis-je et mon article ?
— Ton article ?
— Oui, mon article !
— Du flan !

(Léon Rossignol, Lettres d’un Mauvais Jeune homme à sa Nini)

On écrit aussi : Du flanc !

Au théâtre on s’en va content,
Qu’est-c’ qu’on vous d’mande en arrivant ?
D’la braise !
L’vestiaire est là qui vous attend,
Faut encor’ donner en passant
D’la braise !
Vous montez en criant : Du flanc !

(Aristide Bruant)

Frime

d’Hautel, 1808 : C’est pour la frime. Pour dire c’est par feinte, par façon, par plaisanterie, par manière d’acquit.

Clémens, 1840 / un détenu, 1846 : Figure.

Larchey, 1865 : Visage. V. Coquer, Altèque.Tomber en frime : Tomber en face de. V. Gouêpeur.

Delvau, 1866 : s. f. Apocope de Frimousse, — dans l’argot des voyous et des voleurs. Tomber en frime. Se rencontrer nez à nez avec quelqu’un.

Sans paffs, sans lime et plein de crotte
Aussi rupin qu’un plongeur,
Un jour un gouapeur en ribote
Tombe en frime avec un voleur.

(National de 1835.)

Delvau, 1866 : s. f. Mensonge, hypocrisie, fausse alerte, — dans l’argot des faubouriens. C’est pour la frime. C’est pour rire. Le mot a quelques siècles de bouteille :

Renart qui scet de toutes frumes
Luy esracha quatre des plumes !

dit le Roman du Renard.

La Rue, 1894 : Physionomie. Mensonge, hypocrisie. Fausse alerte. Frimer, regarder.

Virmaître, 1894 : La figure. Tomber en frime, se rencontrer face à face avec quelqu’un (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Visage.

France, 1907 : Tromperie, mensonge ; du vieux français frume. On trouve dans le Roman du Renard :

Renart qui scait de toutes frumes
Luy esracha quatre des plumes.

— Moi, je vous ai pris au mot. J’ai cru à tout ce que vous m’avez donné à croire, et plus je vais, plus j’y crois. Aujourd’hui, vous avez beau venir me dire : Dieu, la Vierge, les vertus chrétiennes, la prière, l’espoir d’une vie future… tout ça, mon petit chou, c’était bon seulement pour t’amorcer quand tu étais haute comme ça, pour te faire avoir des bons points et que tu sois souvent sur le tableau d’honneur. Mais à présent que te voilà grande, et femme, nous aimons mieux ne plus te le cacher, c’est de la frime et ça ne signifie rien.

(Henri Lavedan)

Et lui qui n’avait pas quarante ans, qui gagnait plus de soixante mille francs par an, qui, charmant, spirituel, bien élevé, en vedette, n’aurait eu qu’à choisir parmi les plus jolies femmes de notre monde, s’il avait voulu avoir une maîtresse, un jour d’absolue déraison, épousa son modèle et pas pour la frime, à Gretna-Green ou ailleurs, mais avec tous les sacrements du maire et du curé…

(René Maizeroy)

France, 1907 : Visage.
Tomber en frime, se rencontrer nez à nez.

Fripouillard, fripouille

France, 1907 : Canaille, vaurien, individu cynique et grossier, fainéant et propre à rien ; du vieux mot fripaille, dérivé de friperie.

Contre le goss’ levant la patte,
La levrett’, — cett’ chienn’ de salon ! —
Avec un’ morgu’ d’aristocrate
Lui compiss’ tout son pantalon.
Le gamin sent l’pipi qui l’mouille,
I’ s’retourne, i’ fait du potin…
Mais de la levrett’ le larbin
Le trait’ de p’tit gouape et d’fripouille !

 

… Comme tous les fripouillards de son espèce, ce ministre payait ses dettes avec des morceaux de ruban…

(Rochefort)

Garno

Rigaud, 1881 : Garni, par antiphrase, sans doute. — Misérable chambre, misérable cabinet dégarni de meubles ; un lit, une chaise et, quelquefois, une commode, voilà l’ameublement du garno.

Rigaud, 1881 : Hôtel garni. Les garnos de dernier ordre fréquentés par la crapule de Paris ont reçu des noms typiques ; en voici quelques-uns : le Pou volant, le Grand Collecteur, le Chien mort, la Gouape, la Retape, la Carne, la Camarde, la Boîte à Domange, la Débine, le Corbillard, la Loupe, la Gadoue, l’Auberge des Claque-Dents, la Charmante, la Punaise enragée, la Ruine, l’Abattoir, la Pégrotte, la Bérésina, le Choléra, le Grand-Pré, tous noms qui présentent une signification sui generis, qui dégagent une odeur de crime et de vermine.

Rossignol, 1901 : Hôtel garni.

Gouape

Larchey, 1865 : Débauche.

Mes amis, unissons nos voix pour le triomphe de la gouape.

(L. Reybaud)

J’aime mieux jouer la poule. — Parce que t’es un gouêpeur, mais ceux qui préfèrent le sentiment la gouape, c’est pas ça.

(Monselet)

Delvau, 1866 : s. f. Filou, — dans l’argot des faubouriens. Faiseur de poufs, — dans l’argot des cabaretiers. On dit aussi Gouapeur. Cependant gouape a quelque chose de plus méprisant.

Delvau, 1866 : s. f. Vagabondage ; fainéantise, — dans l’argot du peuple.

La Rue, 1894 : Vagabond, fainéant, débauché, filou.

Gouape (la)

Rigaud, 1881 : Vagabondage, paresse, débauche et filouterie mêlés. — Vagabond, vaurien : Une gouape.

Gouape, gouaper

Merlin, 1888 : Loustic, blagueur. — Ridiculiser quelqu’un, se moquer de lui (argot parisien).

anon., 1907 : Avoir de mauvaises fréquentations.

Gouape, gouapeur

France, 1907 : Fainéant, ivrogne et un peu escroc. Ce mot ne viendrait-il pas de l’espagnol guapo, beau, vêtu galamment ? — les fainéants ne s’occupant d’ordinaire qu’à se bien vêtir.

Découragés, les trois juges rapprochent leurs crânes beurre rance dans une délibération rapide. Pendant ce temps, Amaryllis, triomphante. se retourne et, du bout de ses doigts appliqués sur sa houche, fait s’envoler vers quelqu’un un doux baiser.
Le quelqu’un, campé au premier rang du public — joli tête de gouape — une cravate rose tendre au col, reçoit béatement les témoignages de tendresse que lui envoie Amaryllis.

(Montfermeil)

L’histoire l’amusait d’autant qu’il était bohème et gouapeur dans l’âme. La petite lui plaisait et l’excitait. Et, en vérité, tout cela était d’un imprévu absolument cocasse. La partie était presque terminée. Il en proposa une à trois. Le maître d’hôtel versa le champagne dans les coupes.

(René Maizeroy)

Oui, c’en est fait, il faut plier bagage
Et dire adieu pour toujours à Paris.
Que faire ici ? J’ai les mœurs d’un autre âge,
Du vieux quartier je suis le seul débris ;
Dernier rameau d’une tige brisée,
La ranimer, je l’essaierais en vain ;
Des vieux gouapeurs la race est épuisée ;
Non, il n’est plus, mon vieux quartier Latin.

(Lepère, député de l’Yonne)

On écrivait autrefois gouépeur :

Un soir, un gouépeur en ribotte
Tombe en frime avec un voleur

(Vidocq)

Gouape, gouapeur, gouapeuse

Larchey, 1865 : Débauché, coureur. — On trouve dans Horace vappa, avec le sens de vaurien. — Vigneul-Marville (dix-septième siècle) dit qu’il y a en Espagne de jeunes seigneurs appelés guaps qui ont rapport à nos petits-maîtres.

Pauvre Depuis, marchand de vin malheureux, que de gouapeurs trompèrent ta confiance !

(Monselet)

En 1836, J.-E. Aubry a fait une chanson intitulée : le Gouappeur, très complète comme physiologie.

Gouaper

M.D., 1844 : Coucher dehors.

Delvau, 1866 : v. a. Flâner, chercher aventure.

France, 1907 : Vagabonder, mener une vie dissolue.

— J’ai comme un brouillard de souvenir d’avoir gouapé dans mon enfance avec un vieux chiffonnier qui m’assommait de coups de croc.

(Eug. Sue, Les Mystères de Paris)

Gouapeur

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Vagabond, homme sans asile.

M.D., 1844 : Homme sans asile.

un détenu, 1846 : Individu mal mis, déguenillé.

Rigaud, 1881 : Vaurien ; gouapeuse, vaurienne.

Virmaître, 1894 : Individu qui ne travaille jamais (Argot du peuple). V. Loupeur.

Gouapeuse

Delvau, 1864 : Petite drôlesse qui préfère la rue à l’atelier, le vagabondage au travail, et qui s’amuse avac les quéquettes des polissons de son âge en attendant l’occasion d’amuser les pines des messieurs plus âgés.

Gouvernement

Delvau, 1866 : s. m. Épée d’ordonnance, — dans l’argot des Polytechniciens, qui distinguent entre les armes que leur fournit le gouvernement et celles qu’ils se choisissent eux-mêmes. (V. Spickel.)

Rigaud, 1881 : Dans la bouche de l’ouvrier, ce mot est synonyme de « ma bourgeoise, mon gendarme. » Quand un ouvrier parle de sa femme, il dit volontiers « mon gouvernement ». — Hier, j’ai pris un fameux bain avec des camaros, je me suis cuité dans le gîte, reusement que mon gouvernement m’a pas entendu rentrer.

Rigaud, 1881 : Épée d’ordonnance des polytechniciens. Mot à mot : épée fournie par le gouvernement.

Virmaître, 1894 : Épée à l’École Polytechnique. A. D. Gouvernement : La femme dans les ménages d’ouvriers.
— Mon vieux, pas mèche d’aller gouaper avec toi, mon gouvernement est tellement rosse que je serais engueulé toute la semaine (Argot du peuple). N.

France, 1907 : La ménagère de l’ouvrier, légitime ou non. Les Anglais disent, en parlant de la femme ou de la maîtresse qui dirige leur intérieur : Ma confortable impudence.

Pétrousquin

Delvau, 1866 : s. m. La partie du corps sur laquelle on tombe le plus souvent, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Petzouille. Privat d’Anglemont (Paris-Anecdote) donne à ce mot la signification de Bourgeois, public. Il s’est trompé.

Rigaud, 1881 : Derrière. Paysan. — Public, dans le jargon des saltimbanques. Entortiller le pétrousquin en faisant la manche, soutirer de l’argent au public en faisant la quête.

La Rue, 1894 : Le postérieur. Badaud.

Virmaître, 1894 : La partie du corps sur laquelle on tombe le plus souvent. A. D. Pétrousquin, paysan. Malgré la croyance populaire, le paysan n’est pas aussi cul qu’il le paraît. Ce n’est donc pas de là, que vient l’expression. Pétrousquin, ne viendrait-il pas de Pétrus, avec une finale ajoutée (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Paysan.

France, 1907 : Fainéant, vaurien. C’est, en terme propre, le derrière.

Je fréquente un tas de pétrousquins dont les figures ne me vont guère.
— Comment ?
— Des pratiques, des loupeurs, des gouapes. La vermine de Paris, parbleu !

(Paul Mahalin, Le Megg)

France, 1907 : Paysan, badaud ; euphémisme pour cul. D’après Lorédan Larchey, Pétrousquin serait un nom d’homme, diminutif de Petrus, Pierre.

Planque à gouapeurs

France, 1907 : Dépôt de la Préfecture de police.

Planque des gouâpeurs

Rigaud, 1881 : Dépôt de la préfecture de police.

Roupiller

d’Hautel, 1808 : Se laisser surprendre par le sommeil, dormir.

Ansiaume, 1821 : Dormir.

Il roupille pendant le reluis et travaille à la sorgue.

Vidocq, 1837 : v. a. — Dormir.

Halbert, 1849 : Dormir.

Larchey, 1865 : Dormir. — V. Paumer, Pieu, Rifle.

Il est bien temps de roupiller.

(1750, Monbron, Henriade travestie)

Delvau, 1866 : v. n. Dormir, — dans l’argot des faubouriens, qui emploient ce verbe depuis plus d’un siècle. Signifie aussi Avoir continuellement une roupi au nez.

Rigaud, 1881 : Dormir.

Il roupille comme ça toute la journée : le v’là parti.

(H. Monnier, Scènes populaires)

La Rue, 1894 : Dormir.

Virmaître, 1894 : Dormir. Quand on ne dort que quelques instants, on fait un petit roupillon.
— Il est tellement gouapeur qu’il roupille sur son ouvrage (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Dormir.

France, 1907 : Dormir ; de roupille, qui vient de l’espagnol ropilla, manteau dont nos voisins de l’autre côté des Pyrénées s’enveloppent pour dormir.

— Prenez note de mes paroles. Je ne veux plus toucher un verre d’absinthe si je mens. Croyez, mes enfants, que j’ai mieux à faire que trainer ici mon bancal. J’ai, au pays, une bonne petite place qui m’attend, où je n’aurai plus qu’à battre ma flème, boire, briffer et roupiller. Ça vaut bien notre chien de métier !… Ah ! c’est égal. J’y ai passé de bons quarts d’heure !

(Hector France, L’Homme qui tue)

La nuit, on a des rêves doux
Quand on roupille,
On effeuille des fleurs, le jour,
On cause d’oiseaux et d’amour.

(Jane d’Ys)

anon., 1907 : Dormir.

Soupe à l’herbe (en manger une)

Virmaître, 1894 : Aller gouaper dans les champs sans avoir le sou et s’allonger sur l’herbe pour dormir :
— Qui dort dîne (Argot du peuple). N.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique