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Grelotteux, grelotteuse

Fustier, 1889 : Homme, femme à la mode. Le grelotteux et sa compagne la grelotteuse ont succédé en 1884 au gommeux et à la gommeuse. Et maintenant pourquoi grelotteux ? Sans doute parce que le plus souvent, épuisés par les orgies, énervés par la vie qu’ils mènent, grelotteux et grelotteuses n’ont plus qu’un sang appauvri, une santé délabrée qui les font trembler à la moindre intempérie.

On rencontre des grelotteux (c’est, je crois, le dernier terme en usage) avec l’habit noir et la cravate blanche chez Bidel…

(Moniteur universel, juillet 1884)

La baraque à Marseille (un lutteur) continue à être chaque soir le rendez-vous du gratin de nos horizontales et de nos grelotteuses.

(Écho de Paris, juillet 1884)

Aujourd’hui le dubman est remplacé par le grelotteux qui dîne au bouillon Duval.

(Gil Blas, octobre 1885.)

Immense

Rigaud, 1881 : Encore un mot très, trop même répandu dans le monde des gommeux et des gommeuses. Parle-t-on d’un acteur célèbre, voilà qu’il est immense. Tient-on un propos étonnant, c’est immense. A-t-on assisté à une fête charmante, c’était immense, etc., etc… — En signalant les néologismes à la mode en 1817, l’auteur des Lettres normandes s’exprime ainsi :

Le mot immense obtient aussi une grande vogue ; il n’est pas neuf, mais on le place d’une manière nouvelle. Nos journalistes disent d’un acteur qu’il a un talent immense ; nos jeunes gens du bel air disent, en parlant d’une femme : cette femme est accomplie, elle a un œil immense.

Aujourd’hui, nous disons simplement : « Un tel est immense. » C’est au vaudevillisme moderne qu’on doit cette nouvelle interprétation.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique