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Gobe-mouche

Halbert, 1849 : Espion.

Rigaud, 1881 : Espion, — dans l’ancien argot.

Gobe-moucherie

Vidocq, 1837 : s. f. — Franc-Maçonnerie.

Delvau, 1866 : s. f. La franc-maçonnerie, — dans l’argot des voleurs.

Gobe-mouches

d’Hautel, 1808 : Oisif, paresseux, badaud qui a toujours le nez en l’air, et qui s’éprend d’une sotte admiration pour les choses les plus simples.

Delvau, 1866 : s. m. Imbécile, homme qui bée au vent au lieu de regarder à ses côtés, où se trouve parfois un pick-pocket. Argot du peuple.

France, 1907 : Même sens que gobe-la-lune.

Je ne vais pas compter parmi les oiseaux de Paris ceux du Jardin des Plantes ou des oiseleurs du quai, non plus que les grues du théâtre, ou les gobe-mouches de la Bourse, ou les perroquets étouffés chaque jour sur le coup de 5 heures. Non, je méprise ces facéties de chroniquailleur.

(Jean Richepin)

Lire aux astres

Delvau, 1866 : v. n. Muser, faire le gobe-mouches ; regarder en l’air au lieu de regarder par terre, — comme astrologue de la fable.

Virmaître, 1894 : Synonyme de bailler à la lune, mettre trois heures pour faire une course de cinq minutes (Argot du peuple). V. Gobe-mouches.

France, 1907 : Baguenauder, muser, bayer aux corneilles, regarder voler les mouches.

Miché, Mikel, Miquel

Rigaud, 1881 : Nigaud ; homme simple, dupe, gobe-mouche. Monter un miquel, duper quelqu’un à qui on avait promis monts et merveilles.

Musard

d’Hautel, 1808 : Celui qui ne fait que niaiser ; gobe mouches.

Delvau, 1866 : s. et adj. Flâneur, gobe-mouche, — dans l’argot du peuple. Nous avons, en vieux langage, Musardie pour Sottise.

France, 1907 : Flâneur, désœuvré, individu qui s’amuse à des riens.

Redresse

Delvau, 1866 : s. f. Institution toute parisienne, composée de bohèmes qui ne veulent pas demander au travail les moyens d’existence qu’il ne leur refuserait pas, et préfèrent s’adresser pour cela au Hasard, ce dieu des paresseux et des fripons. Chevalier de la Redresse. Industriel qui carotte le vivre et le couvert à tout gobe-mouches disposé à écouter ses histoires.

Rigaud, 1881 : Ruse. Être à la redresse, être rusé, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Ruse. Malice. À la redresse, malin.

Type

Rigaud, 1881 : Individu à tête d’imbécile, tête de dupe.

Avec quarante sous qu’un type m’a passés, j’avais fait venir trente francs.

(A. Cavaillé)

Dans le jargon des filles « type » signifie homme qui paye ; c’est un synonyme du mot michet qu’il tend à remplacer.

La Rue, 1894 : Personnage singulier d’aspect ou de caractère. Un homme quelconque.

Virmaître, 1894 : Individu quelconque.
— J’ai un type qui me cramponne.
Avoir un bon type, avoir un bon enfant qui se laisse faire (Argot des filles). N.

Hayard, 1907 : Individu.

France, 1907 : Amant d’une fille.

— Viens-tu chez moi, Lichette ?
— Pas ce soir ; je couche avec mon type.

(Les Propos du Commandeur)

France, 1907 : Individu bon à être exploité ; argot des escarpes et des filles.

Le monsieur bien mis, rentier, employé, commis, bourgeois… en quête d’une bonne fortune, d’une conquête aidée, fourvoyé dans un bal populacier, voilà le type. Il entre, et dès le vestiaire, on le reconnait. Il a l’air si bête et si naïf, si niaisement fat et si gobe-mouches, le type ! Sans frais de galanterie, il devient presto le point de mire des agaceries de ces « dames » et l’espoir de ces « messieurs ». Avant que la soirée me finisse, le type sera rançonné, dévalisé, berné, dupé, … si ce n’est pis.

(Louis Barron, Paris-Étrange)

France, 1907 : Individu quelconque ; argot populaire.

— Maman, t’as la prétention d’être gentille avec moi, toi ? Alors, pourquoi tu m’as laissée à la pension pendant Noël et pendant le jour de l’An ?
— Parce que j’avais autre chose à faire.
— Autre chose à faire ? Je sais bien, moi, ce que tu avais à faire… T’avais à faire de boulotter des dindes truffées avec des types !

(Alphonse Allais, La Vie drôle)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique