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Bagnolle

Fustier, 1889 : Mauvaise voiture.

Rossignol, 1901 : Voiture de place.

Balader ou ballader (se)

France, 1907 : Flâner ; du vieux mot baler, se divertir.

Quand a’ s’balladait, sous l’ciel bleu,
Avec ces ch’veux couleur de feu,
On croyait voir eune auréole
À Batignolles.

(Aristide Bruant, Dans la rue)

S’emploie aussi comme verbe actif :

De son métier i’ faisait rien,
Dans l’jour i’ balladait son chien,
La nuit i’ rinçait la cuvette.

(Ibid.)

Boulette

Larchey, 1865 : Petite faute. Un peu plus grave, elle devient une brioche. On appelle de même sale pâtissier, un homme peu soigneux de sa personne ou tripotant des affaires véreuses. La pâtisserie est-elle redevable de l’honneur de ces acceptions aux soins minutieux qu’exige son exercice ? Le fait est possible. En ce cas, il faut sous-entendre mauvaise avec brioche et boulette.

Delvau, 1866 : s. f. Bévue, erreur plus ou moins grave. Argot du peuple.

Virmaître, 1894 : Commettre une erreur, se tromper.

— J’ai fait une rude boulette en me mariant.
— Quelle boulette j’ai faite en quittant ma place.

La dernière boulette est de mourir (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Mélange de chair à saucisse et de bœuf bouilli, haché menu. Elles sont rondes, de là : boulette (Argot du peuple). V. Attignolles.

France, 1907 : Bévue ; argot populaire.

Brûlé (être)

Delvau, 1866 : Être déjoué par la police, dans l’argot des voleurs.

Delvau, 1866 : N’inspirer plus aucune confiance dans les endroits où l’on était bien reçu, où l’on avait crédit sur sa mine. Argot des bohèmes et des escrocs.

France, 1907 : N’inspirer plus de confiance dans les endroits où l’on était bien reçu ; avoir perdu tout crédit. « Il est brûlé chez ses fournisseurs. » Un politicien brûlé est un homme qui a perdu toute influence ; un auteur ou un acteur brûlé est celui qui a perdu la faveur du public. Se dit aussi pour être démasqué, mis à jour.

Voyez-vous cet inspecteur obligé de rester dix heures en surveillance dans une rue de la Villette ou des Batignolles et ayant pour toutes ses dépenses trente-cinq centimes dans sa poche, juste deux sous de plus que le Juif errant ! il lui faut arpenter le pavé de long en large comme une sentinelle. Au bout d’une heure, tout le quartier l’a remarqué et se le montre. Comme on dit, en termes du métier, « il est brûlé ».

(Hogier-Grison, La Police)

Cocange

France, 1907 : Coquille de noix.

France, 1907 : Jeu que tiennent les filous dans les foires. On dit aussi robignolle.

Crignolle

Vidocq, 1837 : s. f. — Viande.

Divette

France, 1907 : Petite étoile de café-concert.

Pendant que de très longues femmes,
Divettes de café-concert,
Nous font voir leurs portraits-réclames…
Ce n’est pas beau, mais cela sert.

(Jacques Redelsperger, Nos Ingénues au salon)

Rien que des femmes. Des divettes
En train de faire leur chemin,
Pas mal de futures Yvettes,
Quelques Théresas de demain,
Des Anglaises, des Espagnoles
Se tortilleront devant vous,
Et des Turques des Batignolles
Vous rendront plus ou moins fous.

Fée-bosse, fébosse

France, 1907 : Abréviation de fée Carabosse, vieille femme, laide et méchante, et le plus souvent une jolie femme, déclarée fébosse par les rivales jalouses.

Faut-i qu’nous soyons été gnolles
D’laisser marcher aux Batignolles
Un’ féboss’ qu’est pas du quartier !

(Aristide Bruant)

Gnan-gnan

Larchey, 1865 : Personnage mou, sans consistance. — Redoublement du vieux mot niant : rien. V. Roquefort. — Gnolle et Gnognote sont des diminutifs. — Talma écrivait à Mme Bourgoin, le 19 septembre 1825 :

Vous avez prouvé au public et à vos camarades que vous êtes en état de jouer autre chose que des gnans-gnans.

Gniolle, gnolle

Rigaud, 1881 : Taloche. — Propre à rien.

Gnolle

Larchey, 1865 : Mou, sans force.

Mais il est si gnole ce gouvernement ! il est si feignant ! si propre à rien.

(Montépin)

Pas si gnolle, c’est des gosses

(Rousseliana, 1805)

Delvau, 1866 : adj. des deux g. Paresseux ; niais, — dans l’argot des faubouriens. Quelques lexicographes du ruisseau veulent que l’on écrive et prononce gniole.

Gnolle ou gnole

Virmaître, 1894 : Imbécile aussi niais qu’il est possible de l’être.
— Si ton point de côté savait que nous pagnotons ensemble, il te carderait le cuir.
— Y a pas de pet, il est trop gnolle, il a de la merde dans les chasses (Argot du peuple).

Gnolles-Ceaux

Delvau, 1866 : n. de l. Batignolles-Monceaux.

France, 1907 : Batignolles-Monceaux.

Gnolles-Chy

Delvau, 1866 / France, 1907 : Batignolles-Clichy.

Gnon

Delvau, 1866 : s. m. Meurtrissure que se fait une toupie ou un sabot, — dans l’argot des enfants ; et par extension, Blessure que se font les hommes en se battant. S’emploie au figuré.

Rigaud, 1881 : Contusion ; coup qui marque.

Virmaître, 1894 : Donner un coup ou le recevoir.
— Ce pauvre Léon, il est crapsé du gnon que lui a foutu sa pouffiace (Argot des souteneurs).

Rossignol, 1901 : Coup. Recevoir un gnon, c’est recevoir un coup.

Hayard, 1907 : Coup de poing.

France, 1907 : Coup, meurtrissure ; corruption de gnole.

A’ poussa comme un champignon
Malgré qu’alle ait r’çu pus d’un gnon
L’soir, en faisant la cabriole
À Batignolles.

(Aristide Bruant)

— C’est cinq francs de commission que vous me devez.
— Cinq gnons dans la gueule, tu veux dire.

(Jean Richepin)

Dans une réunion politique, Bigorneau reçoit un soufflet.
Il n’en faut pas davantage pour allumer… son courroux, et il parle aussitôt d’envoyer des témoins à son insulteur.
Celui-ci, éclatant de rire :
— Quel mauvais caractère a ce garçon-là ! Il se fâche pour un oui, pour un gnon !…

(Le Journal)

Lazzi-loff

Delvau, 1866 : s. m. Maladie qui ne se guérit qu’à l’hôpital du Midi et à Lourcine. Même argot [des voleurs].

La Rue, 1894 : Syphilis.

Virmaître, 1894 : M. Prudhomme tient son fils par la main, un collégien de quinze ans, rue Notre Dame de Lorette ; il hèle l’omnibus Batignolles-Clichy-Odéon :
— Conducteur, vous passez rue de Tournon, devant chez Ricord ?
— Oui, Monsieur. Alors, poussant son fils dans la voiture :
— Montez, petit cochon ! (Argot du peuple). V. Chaude-lance.

France, 1907 : Maladie vénérienne, ce que les Anglais appellent goutte française ou fièvre de dames.

Mince

d’Hautel, 1808 : Des minces. On appeloit ainsi vulgairement le papier monnoie, connu sous le nom d’assignats, quand il étoit en émission ; c’est maintenant le nom que le peuple donne aux billets de banque.
Mince comme la langue d’un chat. Se dit par mépris d’une chose peu épaisse, qui n’a de valeur qu’autant qu’il y a beaucoup de matière.
Il est assez mince. Pour dire, il n’est pas trop à son aise.
Avoir l’esprit mince. Pour avoir peu d’esprit, être borné.

Ansiaume, 1821 : Papier.

Pour chomir les bocaux, il faut appliquer du mince bien plaqué pour ne pas attirer la raille.

Vidocq, 1837 : s. m. — Papier à lettre.

Larchey, 1865 : Papier à lettres (Vidocq). — Allusion d’épaisseur.

Delvau, 1866 : s. m. De peu de valeur, morale ou physique, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela à propos des gens et des choses. Mince alors !

Delvau, 1866 : s. m. Papier à lettres, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Papier à lettres, billet de banque, papier. — Le mot mince pour désigner papier date de la création des assignats.

Boutmy, 1883 : adj. Pris adverbialement Beaucoup, sans doute par antiphrase. Il a mince la barbe, il est complètement ivre. Commun à plusieurs argots.

La Rue, 1894 : Papier. Billet de banque. Mince ! Beaucoup, très.

Virmaître, 1894 : Rien. Mais, dans le peuple, cette expression sert à manifester l’étonnement.
— Ah ! mince alors, elle en a une nichée dans la paillasse (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Ce mot sert à marquer l’étonnement, et signifie beaucoup.

Vois ce que j’ai pris de poisson ! Mince alors. — Le patron offre à dîner : mince ce que nous allons nous les caler.

France, 1907 : Beaucoup. Mince de chic ! Mince de potin ! Mince de colle ! Mince de rigolade ! Mince de pelle !

Depuis qu’nous somme on république,
On fourr’ ces mots un peu partout.
Nos gouvernants sont ironiques,
Ils la connaiss’nt pour s’fout’ de nous,
Sur les monuments, les écoles,
Les mairies, on voit ces trois mots,
Comm’ si qu’c’était vrai. Minc’ de colle !
C’qu’on te gourr’, mon vieux populo !

(Le Père Peinard)

Je r’viens d’un’ noce aux Batignolles,
Minc’ de rigolade ! Ah ! chaleur !
Les invités avaient des fioles
À fair’ pâmer un saul’ pleureurs 
Y avait d’quoi rir’ comm’ un’ baleine
En voyant parents et mariés.

(Jeanne Bloch)

France, 1907 : Papier à lettres ; argot des voleurs.

Panthère

Fustier, 1889 : Individu qui professe des idées révolutionnaires, anarchistes. Il faut voir dans ce mot une allusion à une société d’anarchistes fondée à Paris sous ce titre : La Panthère des Batignolles.

Les rentes de M. Clémenceau sont, en somme, aussi enviées par les panthères que celles de M. de La Rochefoucauld.

(Figaro, mars 1887)

France, 1907 : Nom donné vers 1840 aux beautés à la mode. « C’était, dit Lorédan Larchey, une race inférieure à celle de la lionne, qui florissait vers le même temps, mais elle était plus carnassière, plus mangeuse d’hommes. »

Pédaler

France, 1907 : Monter en vélocipède, bicycle, bicyclette, tricycle, etc. Néologisme. Ce fut un serrurier-charron de Paris, Pierre Michaux, qui, en 1855, eut l’idée d’adapter des pédales à une sorte de vélocipède primitif appelé draisienne ou célérifère, incommode et lourd, qu’on lui avait donné à réparer et qui apporta par cette adaptation une révolution dans la vélocipédie.

— D’ailleurs, au Point-du-Jour, plus rien à faire depuis que les barbeaux de Montmartre et de Batignolles y descendent le lundi y faire leur poussière en bicyclettes, crevant de santé dans des maillots chiffrés, des maillots de soie comme des copailles, les mollets nus (as-tu fini !), et sans leurs biceps, l’air de ronds-de-cuir des ministères, parole ! de sales bourgeois, de ceusse qui, tous les dimanches, pédalent et suent sur leurs machines, entre Saint-Cloud et la Grande-Jatte, ou bien de Neuilly à Bougival. D’abord, y en a plus que pour eux et leurs sales poires ; le moyen d’aborder une menesse ? ils jouent les michés, parole ! plus moyen d’engailler, d’embarquer une bergère, plus de place pour un chopin.

(Jean Lorrain)

Chacun voudrait s’en aller
Avec sa compagne,
C’est si bon de pédaler
En pleine campagne !

(Victor Leca, Écho de la Pédale)

Pègre (la)

Rigaud, 1881 : Le monde des malfaiteurs. « Le troisième dessous », suivant l’expression de Victor Hugo. Il comprend les escarpes et les grinches, qui se subdivisent, pour les derniers, d’après les spécialités, en bonjouriers, caroubleurs, chanteurs, cambrioleurs, roulottiers, chineurs, robignolleurs, cerfs-volants, etc. etc. Depuis le pégriot, qui vole le mouchoir, jusqu’au drogueur de la haute, qui émet pour plusieurs centaines de mille francs d’actions imaginaires, depuis le voleur qui travaille sur la grande route avec accompagnement de gourdin, jusqu’à l’assassin de profession, tout ce qui vit de vol et d’assassinat fait partie de la pègre. De même qu’il y a la haute et la petite banque, le haut et le petit commerce, de même il y a la haute et la petite pègre. La haute pègre ou les pègres de la haute, c’est l’aristocratie du vol et de l’assassinat ; la basse pègre ou pégriots, c’est le prolétariat du crime.

La haute pègre a ses grands hommes, ses héros. Lacenaire, Verger, sont les demi-dieux de la haute pègre. Dumollard n’est qu’un ignoble pégriot.

(Moreau-Christophe, Le Monde des coquins.)

Robignoleur

France, 1907 : Exploiteur de gogos au jeu de cocanges ou de robignolle.

Robignolle

France, 1907 : Testicule.

Robignolle, roubignole

France, 1907 : Jeu de fêtes foraines tenu par des filous. « Sur un carton est tracé un round divisé en huit cases de couleur différente, au centre desquelles se trouve une flèche immobile, mais autour de laquelle tourne le rond. Quand la flèche s’arrête sur la couleur choisie par le joueur, il gagne le double ou le triple de sa mise. Mais, au moyen d’une légère pression, le propriétaire de la robignolle fait dévier à volonté l’aiguille. On se sert aussi d’une petite boule de liège, mais le jeu prend alors une autre disposition. »

Roubignolles

Virmaître, 1894 : V. Sœurs.

Rossignol, 1901 : Voir roupettes.

Torgnolle

d’Hautel, 1808 : Pour, morniffle, tape, soufflet.
Recevoir ou attraper une torgnolle. Pour dire, une tape, un soufflet, un coup quelconque.

Rigaud, 1881 : Soufflet. Chiquenaude. — Allonger une torgnolle.

Trottin

d’Hautel, 1808 : Un petit commissionnaire ; un laquais que l’on n’emploie qu’à faire des courses. On donne aussi ce nom à un mauvais cheval qui ne va que le petit trot.

Larchey, 1865 : Le trottin, toujours choisi parmi les grisettes les plus jeunes et les plus espiègles du magasin, était le véritable petit clerc de tout magasin de modes.

(L. Huart)

Et de trotin toujours crotté, on en fit un petit commis.

(Troisième suite du Parlement burlesque de Pontoise, 1652)

Delvau, 1866 : s. m. Cheval, parce qu’il trotte. Argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Garçon de magasin qui fait les courses ; apprentie modiste qui fait les courses.

Rigaud, 1881 : Pied.

La Rue, 1894 : Pied. Cheval. Apprentie modiste.

Virmaître, 1894 : Apprenti modiste que l’on rencontre arpentant les rues de Paris, portant une petite boîte qui contient un chapeau. C’est le gavroche femelle des ateliers de modistes. Le mot n’est pas nouveau. Scarron dit quelque part : Ensuite il appelle un trottin. (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Jeune ouvrière ou apprentie parisienne.

France, 1907 : Apprentie appelée ainsi parce qu’on l’emploie généralement à faire les courses de l’atelier.

Il y eut, dans la voiture, une odeur de bas anciens et de pieds rarement lavés. Mauve Tapir, dans le cœur une tristesse, se rappela le temps où, avant d’être bouquetière, puis faux trottin de banlieue, elle fut à l’école, chez les Sœurs, où l’on ne se débarbouille que le bout du nez. Elle se souvenait des Sœurs à cause de la Thérésine. Elle aurait pu entrer en religion, elle aussi, si elle avait eu la vocation ou si sa mère avait voulu. Oui, elle aurait pu avoir, elle aussi, cette robe bleue ! Mais, voilà, on ne sait pas, quand on est petite. On va avec des gens qui vous disent d’aller avec eux, et, le lendemain, on se jette de l’eau partout — il faut bien — et, plus tard, on se met de la poudre de riz pour sentir bon. L’honnête odeur des pieds de la nonne lui était comme un encens.

(Catulle Mendès, Gog)

C’est nous l’orgueil des Batignolles,
Nous sommes les petits trottins,
Notre maman par des torgnioles
Nous éveille tous les matins :
On se lève vite, on enfile
Sa robe au grand galop, et zou !
On descend trotter par la ville,
Grignotant un croissant d’un sou.

(L. Xanrof)

Le mot s’employait autrefois pour désigner un commis de magasin, un garçon faisant les courses.

À l’envi cependant en tous lieux on le chante,
Il n’est grands ni petits, fils de bonne maison,
Trottin, qui sur lui n’ait en poche une chanson.

(Nicolas R. de Grandval, Le Vice puni)

Troupe d’argent

Delvau, 1866 : s. f. Troupe de second ordre, — dans l’argot des coulisses.

Rigaud, 1881 : Troupe de théâtre qui joue à tour de rôle sur deux scènes ; par exemple à Montmartre et aux Batignolles. — La troupe de fer-blanc joue tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, sans théâtre fixe.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique