Fustier, 1889 : V. Delvau. Gnon.
Rossignol, 1901 : Bête, imbécile, niais.
Gniole, gnol
France, 1907 : Singulier, bizarre, niais, dont gniole est une corruption.
— Travailler ? Pas si gniole ! À quoi ça sert de travailler ? Est-ce que c’est une carrière sérieuse que le travail ? Est-ce qu’on en voit pas tous les jours crever de misère et de faim qui suent et s’esquintent le tempérament du lever au coucher du soleil ? Travailler ? On s’en ferait mourir ! Ah ! non, par exemple, cest pas un état, ça !
(Montfermeil)
Gnioleries
France, 1907 : Bizarreries, sottises.
Les gas ayant plein le cul de toute discipline, en pinçant pour les avaros et les aventures, voudront réagir de vive lutte contre les gnioleries de la société qui les étouffe bêtassement. Oui, cré tonnerre ! dans le populo y aura des bougres râblés qui se foutront dans le banditisme par amour de l’art ; histoire de prouver leur audace et leur nerf, en attendant de povoir foutre en jeu, à la bonne franquette, leurs riches qualités, grâce à la sociale anarchote.
(Almanach du Père Peinard, 1894)
Gnolle
Larchey, 1865 : Mou, sans force.
Mais il est si gnole ce gouvernement ! il est si feignant ! si propre à rien.
(Montépin)
Pas si gnolle, c’est des gosses
(Rousseliana, 1805)
Delvau, 1866 : adj. des deux g. Paresseux ; niais, — dans l’argot des faubouriens. Quelques lexicographes du ruisseau veulent que l’on écrive et prononce gniole.
Niolle
Rigaud, 1881 : Chapeau retapé, vieux chapeau d’homme. — Niolleur, marchand de vieux chapeaux retapés.
Rigaud, 1881 : Niais, maladroit, imbécile. — Bougre de niolle.
La Rue, 1894 : Chapeau retapé.
France, 1907 : Sot, simple, niais, homme sans consistance ; du vieux français niau, corruption du bas latin nidassius.
— Vous comprenez que je n’étais pas si niolle de donner mon nom pour me faire nettoyer par vos rousses.
(Mémoires de Canler)
On écrit à tort gniole.
France, 1907 : Vieux chapeau ; probablement de niolle, personne sans fermeté, sans consistance ; un vieux chapeau a généralement perdu la sienne.
Trottin
d’Hautel, 1808 : Un petit commissionnaire ; un laquais que l’on n’emploie qu’à faire des courses. On donne aussi ce nom à un mauvais cheval qui ne va que le petit trot.
Larchey, 1865 : Le trottin, toujours choisi parmi les grisettes les plus jeunes et les plus espiègles du magasin, était le véritable petit clerc de tout magasin de modes.
(L. Huart)
Et de trotin toujours crotté, on en fit un petit commis.
(Troisième suite du Parlement burlesque de Pontoise, 1652)
Delvau, 1866 : s. m. Cheval, parce qu’il trotte. Argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Garçon de magasin qui fait les courses ; apprentie modiste qui fait les courses.
Rigaud, 1881 : Pied.
La Rue, 1894 : Pied. Cheval. Apprentie modiste.
Virmaître, 1894 : Apprenti modiste que l’on rencontre arpentant les rues de Paris, portant une petite boîte qui contient un chapeau. C’est le gavroche femelle des ateliers de modistes. Le mot n’est pas nouveau. Scarron dit quelque part : Ensuite il appelle un trottin. (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Jeune ouvrière ou apprentie parisienne.
France, 1907 : Apprentie appelée ainsi parce qu’on l’emploie généralement à faire les courses de l’atelier.
Il y eut, dans la voiture, une odeur de bas anciens et de pieds rarement lavés. Mauve Tapir, dans le cœur une tristesse, se rappela le temps où, avant d’être bouquetière, puis faux trottin de banlieue, elle fut à l’école, chez les Sœurs, où l’on ne se débarbouille que le bout du nez. Elle se souvenait des Sœurs à cause de la Thérésine. Elle aurait pu entrer en religion, elle aussi, si elle avait eu la vocation ou si sa mère avait voulu. Oui, elle aurait pu avoir, elle aussi, cette robe bleue ! Mais, voilà, on ne sait pas, quand on est petite. On va avec des gens qui vous disent d’aller avec eux, et, le lendemain, on se jette de l’eau partout — il faut bien — et, plus tard, on se met de la poudre de riz pour sentir bon. L’honnête odeur des pieds de la nonne lui était comme un encens.
(Catulle Mendès, Gog)
C’est nous l’orgueil des Batignolles,
Nous sommes les petits trottins,
Notre maman par des torgnioles
Nous éveille tous les matins :
On se lève vite, on enfile
Sa robe au grand galop, et zou !
On descend trotter par la ville,
Grignotant un croissant d’un sou.
(L. Xanrof)
Le mot s’employait autrefois pour désigner un commis de magasin, un garçon faisant les courses.
À l’envi cependant en tous lieux on le chante,
Il n’est grands ni petits, fils de bonne maison,
Trottin, qui sur lui n’ait en poche une chanson.
(Nicolas R. de Grandval, Le Vice puni)
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