France, 1907 : Larmes simulées, factices pour tromper ou faire tomber dans un piège. Cette expression vient de la croyance ancienne qui attribuait au crocodile la faculté d’imiter les gémissements d’un enfant pour attirer sa proie. Les Grecs disaient, en parlant de fausses larmes, peurs de Mégariens. Les environs de Mégare étaient fertiles en ail qui a, comme l’oignon, la propriété d’agir sur les glandes lacrymales. « Il a flairé de l’ail », fait dire Aristophane à l’un de ses personnages, en parlant d’un hypocrite qui simule la douleur.
Pleurs de crocodile
Tintouin
Delvau, 1866 : s. m. Souci, tracas d’esprit ; embarras d’argent ou d’affaire, — dans l’argot du peuple, qui a eu l’honneur de prêter ce mot à Rabelais.
France, 1907 : Peine, souci, embarras. Donner du tintouin, occasionner des embarras ; argot populaire.
La population, composée en majeure partie de marchands de planches, de bûcherons et aussi de braconniers, vivait uniquement de la forêt, et c’était également la forêt qui donnait le plus de tintouin à mon patron, car, indépendamment des amendes et frais de justice, il était chargé d’encaisser les sommes moyennant lesquelles le fisc permet aux gens de jouir de certains produits domaniaux : — redevances pour le sable ; pour la feuille et pour la faine ; — permis de chasse et permis l’extraction de plants : — droits de panage, de paisson et de glandée ; — il n’y a guère que l’air et les fleurs des bois que l’État nait pas encore songé à tarifer.
(André Theuriet)
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