Rigaud, 1881 : Nom que donnaient à la guillotine, il y a une quinzaine d’années, les lauréats de Cour d’assises ; jeu de mots sur saint Pierre et cinq pierres, par allusion aux cinq dalles qui formaient le plancher de l’échafaud. Depuis qu’il est à ras de terre, c’est la Plaine rouge, le Glaive ou encore la Veuve Razibus.
Abbaye de Saint-Pierre
Cromper
Ansiaume, 1821 : Cavaler, s’évader.
Nous allons faire une tortillade, car je crompe demain.
Delvau, 1866 : v. a. Sauver quelqu’un, — dans l’argot des prisons. Cromper sa sorbonne. Sauver sa tête de la guillotine.
Rigaud, 1881 : Sauver. — Cromper sa bille du glaive, sauver sa tête de l’échafaud.
La Rue, 1894 : Sauver quelqu’un.
France, 1907 : Sauver quelqu’un ou se sauver. Cromper la tante, faire évader un de ses camarades. Cromper sa Sorbonne, sauver sa tête.
Crompe, crompe, mercandière,
Car nous serions béquilles.
Sur la placarde de vergne,
Lonfa malura dondaine !
Il nous faudrait gambiller,
Lonfa malura dondé !
Dard
Vidocq, 1837 : s. m. — Membre viril.
Delvau, 1864 : Le membre viril — avec lequel on pique les femmes, qui aiment toutes à être ainsi piquées.
… Il devient dard avec le pioupiou.
(Louis Protat)
Ce brutal, ce Maure arrogant,
Dans son amoureuse-tempête,
S’élance au cul, le dard en main.
(B. de Maurice)
Rigaud, 1881 : Glaive qui ne donne pas la mort, au contraire.
France, 1907 : « Exprime le superlatif de la vitesse, qu’il s’agisse de courir ou de travailler : courir comme un dard ou chiader tel le dard. On comprend l’origine du mot : le dard des animaux est lancé avec une grande vitesse. Dans le langage ordinaire, on emploie avec le même sens le mot dare dare, qui n’a cependant ni la même orthographe, ni surtout la même origine. »
(Albert Lévy et G. Pinet, L’Argot de l’X)
Es
Vidocq, 1837 : s. m. — L’Escroc, proprement dit, est une des nombreuses variétés de la grande famille des chevaliers d’industrie, Faiseurs et autres. Son nom même devrait être donné à ces derniers ; car, quelle que soit la manière dont ils procèdent ; le seul nom qui convienne à leurs exploits est celui d’escroquerie. Au reste, la catégorie des Escrocs est la plus nombreuse de toutes. Ce serait une entreprise difficile, pour ne pas dire, impossible, que d’énumérer les diverses manières de commettre le délit prévu par l’article 405 du Code Pénal ; les débats révèlent tous les jours de nouvelles ruses aux bénévoles habitués des tribunaux correctionnels. Mais les plus coupables ne sont pas ceux que frappe le glaive de Thémis ; aussi je ne les cite que pour mémoire ; je veux seulement m’occuper des grands hommes. La prison n’est pas faite pour ces derniers, ils se moquent des juges, et ne craignent pas le procureur du roi ; tous leurs actes cependant sont de véritables escroqueries. Quel nom, en effet, donner à ces directeurs de compagnie en commandite et par actions, dont la caisse, semblable à celle de Robert Macaire, est toujours ouverte pour recevoir les fonds des nouveaux actionnaires, et toujours fermée lorsqu’il s’agit de payer les dividendes échus ? Quel nom donner à ces fondateurs de journaux à bon marché, politiques, littéraires, ou des connaissances inutiles, qui promettent au public ce qu’ils ne pourront jamais donner, si ce n’est celui d’Escroc ? Nommera-t-on autrement la plupart des directeurs d’agences d’affaires, de mariages, déplacement ou d’enterrement ? oui, d’enterrement, il ne faut pas que cela vous étonne.
Je viens de dire que la qualification d’Escroc devait être donnée à ces divers individus ; il me reste maintenant à justifier cette allégation. Cela ne sera pas difficile.
Vous voulez, pour des raisons à vous connues, vendre ou louer, soit votre maison des champs, soit votre maison de ville ; vous avez, par la voie des Petites-Affiches, fait connaître vos intentions au public, et vous attendez qu’il se présente un acquéreur ou un locataire. Vous attendez vainement. Mais, s’il ne se présente ni acquéreur ni locataire, tous les matins votre portier vous remet une liasse de circulaires par lesquelles Messieurs tels ou tels vous annoncent qu’ils ont lu ce que vous avez fait insérer dans les Petites-Affiches, qu’ils croient avoir sous la main ce qui vous convient, et qu’ils terminent en vous priant de passer chez eux le plus tôt qu’il vous sera possible.
Vous vous déterminez enfin à voir un de ces officieux entremetteurs, et vous vous rendez chez lui. L’aspect de son domicile vous prévient d’abord en sa faveur. Avant d’être introduit dans son cabinet, on vous a fait traverser des bureaux dans lesquels vous avez remarqué plusieurs jeunes gens qui paraissaient très-occupés, et vous avez attendu quelques instans dans un salon élégamment meublé ; dans le cabinet de l’agent d’affaires, vous avez remarqué des gravures avant la lettre, des bronzes de Ravrio, des tapis ; aussi vous l’avez chargé de vendre ou de louer votre propriété, et vous lui avez remis sans hésiter un instant la somme plus ou moins forte qu’il vous a demandée, et qui est, à ce qu’il dit, destinée à le couvrir des premiers frais qu’il faudra qu’il fasse. Il vous a remis en échange de votre argent une quittance ainsi conçue :
« Monsieur *** a chargé Monsieur ***, agent d’affaires à Paris, de vendre ou de louer sa propriété, sise à ***, moyennant une somme de *** pour % du prix de la vente ou location, si elle est faite par les soins du sieur *** ; dans le cas contraire, il ne lui sera alloué qu’une somme de ***, pour l’indemniser de ses frais de démarches, publications et autres, dont il a déjà reçu la moitié ; l’autre moitié ne sera exigible que lorsque la propriété du sieur *** sera louée ou vendue. Fait double, etc., etc. »
Comme il est facile de le voir, l’adroit agent d’affaires a reçu votre argent et ne s’est engagé à rien, et vous ne pouvez plus vendre ou louer votre propriété sans devenir son débiteur. Un individu, nommé G…, qui demeure rue Neuve-Saint-Eustache, exerce à Paris, depuis plusieurs années, le métier dont je viens de dévoiler les ruses. Il a bien en quelques petits démêlés avec dame Justice, mais il en est toujours sorti avec les honneurs de la guerre, et il n’y a pas long-temps que, voulant vendre une de mes propriétés, il m’a adressé une de ses circulaires, en m’invitant à lui accorder le confiance dont il était digne.
L’agent d’affaires qui s’occupe de la vente des propriétés de ville et de campagne, fonds de commerce, etc., etc., n’est qu’un petit garçon comparativement à celui qui s’occupe de mariages. Le créateur de cette industrie nouvelle, feu M. Villiaume, aurait marié, je veux bien le croire, le doge de Venise avec la mer Adriatique, mais ses successeurs, quoique disent les pompeuses annonces qui couvrent la quatrième page des grands et petits journaux, ne font luire nulle part le flambeau de l’hyménée, ce qui ne les empêche pas de faire payer très-cher à ceux qui viennent les trouver alléchés par l’espoir d’épouser une jeune fille ou une jeune veuve dotée de quelques centaines de mille francs, le stérile honneur de figurer sur leurs cartons.
Ceux des individus dont je viens de parler, qui ne dépensent pas follement ou ne jouent pas l’argent qu’ils escroquent ainsi, acquièrent en peu de temps une brillante fortune, achettent des propriétés, deviennent capitaines de la milice citoyenne, chevaliers de la Légion-d’Honneur, électeurs, jurés, et condamnent impitoyablement tous ceux qui comparaissent devant eux. (Voir Suce-larbin.).
Les Escrocs auvergnats se sont à eux-mêmes donné le nom de Briseurs. Les Briseurs donc, puisqu’il faut les appeler par leur nom ; se donnent tous la qualité de marchands ambulans. Ils n’ont point de domicile fixe. Ils font passer à leur femme, qui réside en Auvergne, le fruit de leurs rapines, et celle-ci achette des biens que, dans tous les cas, les Briseurs conservent ; car, il faut remarquer qu’ils sont presque tous mariés sous le régime dotal, ou séparés de biens.
Lorsque les Briseurs : ont jeté leur dévolu sur un marchand, le plus intelligent, ou plutôt le plus hardi d’entr’eux, s’y présente, choisit les marchandises qui lui conviennent, achette et paie. Quelques jours après, il adresse au marchand son frère ou son cousin, qui se conduit de même. Cela fait, le premier revient, achette encore, paie une partie comptant, et, pour le surplus, laisse un petit billet à trois ou quatre mois de date. Mais quinze ou vingt jours sont à peine écoulés, qu’on le voit revenir, il demande si l’on a encore le billet, le reprend et ne demande qu’un léger escompte qu’on s’empresse de lui accorder.
Ce manège dure quelques mois, et si les Briseurs jugent le marchand bon, ils ne se lassent pas de le nourrir, ils lui amènent des parens, des amis, les crédits se montent, et, tout-à-coup vient la débâcle, et l’on apprend alors, mais trop tard, que l’on a été trompé.
Tous les membres d’une famille de l’Auvergne sont quelquefois Briseurs. Je puis, pour ma part, en citer sept ou huit qui portent le même nom.
Il faut remarquer que la brisure est héréditaire dans plusieurs familles de l’Auvergne. La bonne opinion que l’on a de ces enfans des montagnes facilite leurs escroqueries. Ces hommes paraissent doués d’une épaisseur et d’une bonhomie qui commande la confiance, aussi ils trouvent toujours des négocians qui se laissent prendre dans leurs filets ; cela prouve, si je ne me trompe, que personne n’est plus propre qu’une bête à tromper un homme d’esprit : ce dernier se laisse prendre plus facilement que tout autre ; car il compte sur sa supériorité et ne peut croire qu’un homme auquel il n’accorde que peu ou point de considération ait l’intention et le pouvoir de mettre sa perspicacité en défaut.
Les marchandises escroquées par les Briseurs sont, pour la plupart, achetées par des receleurs ad hoc, à 40 ou 50 pour % de perte. Au moment où j’écris, il existe à Paris plusieurs magasins garnis de marchandises brisées.
Les Briseurs changent entre eux de passeport, ce qui permet à celui qui est arrêté de prendre le nom de Pierre, lorsqu’il se nomme François, et que c’est François que l’on cherche.
Larchey, 1865 : Escroc (Vidocq). — Abréviation.
Delvau, 1866 : s. m. Apocope d’Escroc, — dans l’argot des voyous, qui se plaisent à lutter de concision et d’inintelligibilité avec les voleurs. Ils disent aussi Croc, par aphérèse.
Rigaud, 1881 : Escroc, — dans l’ancien argot ; le mot sert aujourd’hui à désigner un tricheur, vulgo grec.
France, 1907 : Abréviation d’escroc.
Fauché (être)
Halbert, 1849 : Être mis à mort.
Delvau, 1866 : Être guillotiné au bagne.
France, 1907 : Être guillotiné. Il y a de nombreux synonymes : être buté, être glaivé, être mécanisé, être raccourci, épouser la veuve, éternuer dans le son ou dans de sac, embrasser Charlot, mettre la tête à la fenêtre, jouer à la main chaude, monter à l’abbaye de Monte-à-regret, mouflonner son mufle dans le son, passer sa bille au glaive, passer à la voyante, tirer sa crampe avec la veuve, faucher le colas.
France, 1907 : N’avoir pas d’argent ; jeûner.
anon., 1907 : N’avoir pas d’argent.
Glaive
Delvau, 1866 : s. m. Couteau à découper, — dans l’argot des francs-maçons.
Rigaud, 1881 : Guillotine, — dans le jargon des voleurs. — Passer sa bille au glaive, être guillotiné. La variante est : Être glaivé ; en souvenir du fameux et vieux cliché : « Le glaive de la justice », si prodigué sous les voûtes de la Cour d’assises.
La Rue, 1894 : Guillotine.
France, 1907 : Couteau de table ; argot des francs-maçons.
France, 1907 : Guillotine. Passer sa bille au glaive, être guillotiné.
Glaiver
France, 1907 : Guillotiner.
Mouton
d’Hautel, 1808 : Chercher cinq pieds à un mouton. Exiger d’un autre plus qu’il ne doit, ou d’une chose plus qu’elle ne peut produire.
Revenir à ses moutons. Revenir à un discours commencé et interrompu, dans lequel l’intérêt se trouve compromis.
Mouton. Homme aposté dans les prisons par la justice, pour tirer par ruse les secrets d’un prisonnier.
Ansiaume, 1821 : Espion.
Il y a là deux moutons qui m’ont joliment donné le taff.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Mouchard de prison.
Vidocq, 1837 : s. m. — Espion placé par la police près d’un prisonnier dont il doit chercher à acquérir la confiance, afin d’en obtenir des révélations.
M.D., 1844 : Homme de leur société qu’ils supposent y avoir été mis pour s’associer seulement à la conversation et les dénoncer ensuite. Dans les prisons, la police y met beaucoup de ces gens qui, ayant l’air d’être détenus, causent avec les prisonniers, et finissent par donner des indices très précieux à la police qui les transmets ensuite à la justice.
un détenu, 1846 / Halbert, 1849 : Mouchard.
Larchey, 1865 : « En prison, le mouton est un mouchard qui parait être sous le poids d’une méchante affaire et dont l’habileté consiste à se faire prendre pour un ami. » — Balzac. — Allusion ironique à la fausse candeur de ces compères. — Moutonner : Dénoncer. V. Coqueur.
Delvau, 1866 : s. m. Dénonciateur, voleur qui obtient quelque adoucissement à sa peine en trahissant les confidences de ses compagnons de prison.
Delvau, 1866 : s. m. Matelas, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela à cause de la laine dont il se compose ordinairement. Mettre son mouton au clou. Porter son matelas au Mont-de-Piété.
Rigaud, 1881 : Homme de compagnie d’un prisonnier, et chargé par la police de devenir l’homme de confiance du même prisonnier.
Rigaud, 1881 : Matelas.
La Rue, 1894 : Matelas. Prisonnier qui espionne et dénonce son compagnon.
Virmaître, 1894 : Dénonciateur qui vend ses complices. Prisonnier qu’on place dans une cellule avec un autre prévenu pour le moutonner. C’est-à-dire le faire avouer dans la conversation (Argot des voleurs).
Virmaître, 1894 : Matelas. Quand il est plus que plat, on dit : galette (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Prisonnier qui dénonce ses co-détenus.
France, 1907 : Ancienne pièce d’or appelée ainsi parce que l’agneau pascal était sculpté sur l’une de ses faces.
France, 1907 : Compère dans le vol à l’américaine. C’est celui qui aborde le naïf qu’on se propose de dévaliser, généralement au paysan ou un provincial.
La bande était au complet, il y avait le mouton, celui qui lie la conversation avec la victime, le « riche étranger », qui échange son portefeuille contre le porte-monnaie du volé, et enfin les « hirondelles » qui voltigent autour du groupe et se chargent de prévenir à coups de sifflet de l’arrivée des agents.
(La Nation)
France, 1907 : Dénonciateur enfermée dans la cellule d’un criminel ou supposé tel, avec la mission de le faire parler et avouer ses forfaits.
Il existe deux sortes de coqueurs détenus : la première, qui prend le nom de moutons, est composée d’individus qui, renfermés dans les prisons, cherchent à captiver la confiance de leurs compagnons de détention pour obtenir l’aveu des crimes qu’ils ont commis, et la connaissance des preuves et pièces de conviction qu’on pourrait produire à leur charge. Lorsque deux de ces individus se trouvent dans la même prison, ils ignorent complètement le rôle qu’ils jouent chacun de son côté, et il n’est pas rare de voir ces deux moutons multiplier les rapports pour se dénoncer mutuellement, croyant rendre de grands services à la police et en être généreusement récompensés.
Les qualités essentielles du coqueur détenu sont, avant tout, l’habileté et la prudence. Il est excessivement difficile et même fort dangereux de jouer un rôle pareil dans une prison, car celui qui est mouton court risque d’être assassiné par ses compagnons s’ils viennent à le savoir. Aussi la police parvient-elle rarement à décider les voleurs à moutonner leurs camarades.
(Mémoires de Canler)
Des confrères à moi ont prétendu naguère que le plus souvent M. Grévy n’était guidé dans ses signatures que par les rapports de la prison même. Un condamné qui est en proie à de violentes angoisses, qui refuse énergiquement de faire le piquet consolateur et traditionnel avec son mouton, qui sanglote, hurle et se frappe la tête contre les murs, était à peu près certain de voir sa peine commuée.
(Albert Dubrujeaud, Écho de Paris)
France, 1907 : Matelas, à cause de la laine.
France, 1907 : Pelite boule dont les bonneteurs se servent dans le jeu appelé calot. Ce jeu, encore plus dangereux pour le naïf que le bonneteau, se compose de trois quilles creuses, sous lesquelles l’artiste voleur fait passer le mouton en changeant les quilles de place, tour à tour à droite, à gauche, au milieu, en les glissant sur la table avec la boulette dessous.
France, 1907 : Sous le chapeau de la guillotine est fixé le glaive, lame d’acier triangulaire emmanchée dans une forte masse de plomb appelé le mouton. Le couteau a trente centimètres de largeur, il est haut de quatre-vingts centimètres y compris le mouton. Il frappe avec une force terrible, car tombant d’une hauteur de deux mètres quatre-vingts centimètres, son poids multiplié par la vitesse de la chute est de 163 kilos en arrivant sur le cou du condamné.
Poigne
France, 1907 : Main.
Qu’importe donc au pouvoir cette « vile multitude » de laquelle il se croit le maître ; et dont les excès de désespoir semblent, jusqu’ici, seulement le servir et le consolider ! Il s’imagine que sa poigne est assez puissante, son glaive assez large pour faucher le champ ; y coucher pêle-mêle l’ivraie et le froment. Mais, comme Tarquin, il vise à la tête — et la tête ce sont les remueurs d’idées !
(Séverine)
Saper
Rigaud, 1881 : Condamner. — Saper au glaive, condamner à mort.
La Rue, 1894 : Condamner. Sapement, condamnation. Sapeur, juge.
France, 1907 : Condamner. Saper au glaive, condamner à mort.
— Je ne suis pas plus nière que vous… vous ne savez donc pas que j’ai sapé avant vous !… mais je ne veux pas que vous entriez ici en l’absence du patron… vous êtes cinq, vous ne me faites pas peur…
(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)
Trimardeur
Fustier, 1889 : Voleur de grand chemin. (V. Delvau : Trimar.)
Rossignol, 1901 : Celui qui voyage sur les routes. Celui qui travaille beaucoup est aussi un trimardeur.
France, 1907 : Nomade, vagabond, individu qui marche sur les routes, qui arpente le trimard. Argot populaire.
À côté du premier anarchiste qui est un théoricien pur (Satan), nous voyons apparaître le premier magistrat bourgeois. Le créateur punit sans pitié sa créature pour une pomme volée ! Il condamne l’homme au labeur sans espoir — les travaux forcés à perpétuité, — la femme à l’esclavage, à l’enfantement dans la douleur. Il les chasse, il les exproprie, il requiert la force armée pour les expulser. Regardez Adam fuyant par le monde, nu, sans défense, terrifié sous le glaive flamboyant de l’archange, c’est le premier trimardeur. Il porte l’anarchie en lui à travers l’humanité.
(Flor O’Squarr, Les Coulisses de l’anarchie)
Je sais bien que d’être empereur
Ou seulement roi de Hollande
Ça rapporte plus qu’d’être trimardeur
Ou que d’faire de la contrebande,
Mais c’est égal, j’crois que les pauvres vieux
N’sont plus tout à fait à leur aise
Et que d’puis le p’tit père Louis XVI
C’est un métier qu’est rien dangereux.
(J.-B. Clément)
Truelle, pelle
Rigaud, 1881 : Cuillère, — dans le jargon des francs-maçons, qui appellent encore les fourchettes, des pioches ; les couteaux, des glaives ; les verres, des canons ; lès bouteilles, des barriques ; le vin blanc, poudre blanche ; le vin rouge, poudre rouge ; l’eau, poudre faible ; les liqueurs fortes, poudre fulminante ; les bougies allumées, des étoiles ; les mouchettes, des pinces ; le sel, du sable ; le poivre, sable jaune ; les chaises, stalles ; l’action de manger, mastiquer.
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