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Auber

Vidocq, 1837 : s. m. — Argent monnoyé.

Larchey, 1865 : Somme d’argent (Vidocq). — Calembour sur l’équivoque présentée par le vieux mot maille, qui signifiait en même temps monnaie et maille de auber ou cotte de mailles. V. Du Cange. — Au point de vue financier comme au point de vue militaire, l’auber a donc représenté la réunion d’un certain nombre de mailles. — V. Chêne.

La Rue, 1894 : Argent, monnaie, V. Beurre.

Rossignol, 1901 : Argent.

Payes-tu un glacis ? — je n’ai pas d’auber.

Bec de gaz

La Rue, 1894 : Agent de police.

Virmaître, 1894 : À la manille aux enchères, quand le joueur auquel le point est adjugé rencontre un jeu sur lequel il ne comptait pas dans les mains d’un de ses adversaires, il dit : J’ai rencontré un bec de gaz (Argot du peuple). N.

Virmaître, 1894 : Sergent de ville. Il éclaire les malfaiteurs quand il n’est pas chez le marchand de vins en train d’étouffer un glacis (Argot des souteneurs). N.

France, 1907 : Agent de police.

Il éclaire les malfaiteurs quand il n’est pas chez le marchand de vins, en train d’étouffer un glacis.

(Ch. Virmaître)

Frisser un glacis

Clémens, 1840 : Casser un carreau.

Glace

d’Hautel, 1808 : Être ferré à glace. Être très-habile, très-savant dans une science ou un métier ; être inflexible à toute prière.
Être froid comme une glace. Pour, avoir un abord sérieux, flegmatique ; avoir le frisson, mourir de froid.
Rompre la glace. Vaincre les plus grandes difficultés ; ne plus garder de mesure dans une affaire.

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Verre à boire.

Vidocq, 1837 : s. m. — Verre à boire.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Halbert, 1849 : Verre à boire. On dit aussi glaci.

Virmaître, 1894 : Verre. On dit également glacis.
— Allons-nous sucer un glacis ? (Argot du peuple).

France, 1907 : Verre à boire ; déformation de l’anglais glass.

Glace ou glacis

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Verre à boire.

Glace, glacis

Hayard, 1907 : Verre à boire.

Glace, glacis, gobbe

Larchey, 1865 : Verre à boire (Vidocq). — Le nom de la matière est appliqué à l’objet dans glace. — Glacis est un diminutif. — Gobbe est une abréviation de gobelet.

Glaci, glacis

France, 1907 : Verre de vin. Se poser un glacis dans le cornet, boire.

Glacière pendue

Rigaud, 1881 : Réverbère, — dans l’ancien argot. Les voleurs disent également glacis refroidi.

France, 1907 : Réverbère.

Glacière pendue, glacis refroidi

La Rue, 1894 : Réverbère.

Glacis

Ansiaume, 1821 : Verre à boire.

Prêtes-moi tes glacis, nous allons picter une rouillarde.

Vidocq, 1837 : s. m. — Verre à boire.

Clémens, 1840 : Carreau en verre.

M.D., 1844 : Un verre.

Delvau, 1866 : s. m. Ton léger et transparent, — dans l’argot des artistes. Se poser un glacis. Boire, — ce qui amène la transpiration sur le visage et le fait reluire en le colorant.

Delvau, 1866 : s. m. Verre, — dans l’argot des voleurs, qui parlent anglais (glass) sans le savoir. Un glacis de lance. Un verre d’eau.

La Rue, 1894 : Verre à boire. Vitre.

Glacis ou glace

Rossignol, 1901 : Le contenu d’un verre. Prendre une consommation est sucer un glacis.

Glacis refroidi

France, 1907 : Réverbère.

Glacis, glassis

Rigaud, 1881 : Verre à boire, — dans l’ancien argot.

Mirette

Vidocq, 1837 : s. m. — Œil.

Halbert, 1849 : Œil.

Larchey, 1865 : Œil (id.). — L’œil est un petit miroir.

Rigaud, 1881 : Prunelle de l’œil. — Sans mirettes, aveugle. Mirettes en glacis, mirettes glacées, lunettes. Mirette en caouche, télescope ; caouche pour caoutchouc.

Rempardeuse

Virmaître, 1894 : Fille qui fait les soldats autour des casernes, sur les glacis ou dans les fossés des fortifications (Argot des troupiers).

France, 1907 : Prostituée qui exerce son industrie le long des fortifications, des remparts, autour des casernes.

Rubis sur l’ongle

Virmaître, 1894 : Être régulier, payer recta ses dettes à l’échéance. Boire son verre jusqu’à la dernière goutte.
— Il a séché son glacis rubis sur l’ongle (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Complètement, d’une façon définitive. Allusion à la coutume populaire de verser sur l’ongle la dernière goutte d’un verre de vin : quand c’est du vin rouge, la goutte a l’apparence d’un rubis.

Je sirote mon vin, quel qu’il soit, vieux, nouveau,
Je fais rubis sur l’ongle et n’y mets jamais d’eau.

(Regnard)

Zinc

Delvau, 1866 : s. m. Chic, — dans le même argot [des faubouriens]. Avoir du zinc. Avoir une brillante désinvolture.

Delvau, 1866 : s. m. Maladie vénérienne, — dans l’argot des faubouriens.

Delvau, 1866 : s. m. Voix métallique et solide, — dans l’argot des coulisses. Avoir du zinc. Avoir une voix sonore. On dit aussi Être zingué.

Rigaud, 1881 : Argent. — Comptoir de marchand de vin. — Prendre un canon sur zinc.

Des poivrots, le coude sur le zinc, riaient au nez des petites.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

La Rue, 1894 : Argent. Comptoir de marchand de vin. Syphilis.

Virmaître, 1894 : Argent monnayé.
— J’ai du zinc dans ma profonde, nous pouvons aller de l’avant (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Le comptoir du mastroquet. Allusion au plomb qui couvre le comptoir. Boire sur le zinc, c’est boire debout.
— Viens-tu licher un glacis sur le zinc, j’ai dix ronds d’affure (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Comptoir de marchand de vins.

Je n’ai pas le temps, je veux bien accepter quelque chose, mais nous prendrons ça sur le zinc.

Hayard, 1907 : Comptoir de marchand de vin.

France, 1907 : Argent, monnaie.

France, 1907 : Comptoir de marchand de vin.

Près des Halles centrales, dans un sous-sol, aux faibles lueurs des becs de gaz, entre le zinc du tenancier et un orchestre composé d’un piano, d’un violon et d’une basse, on voit des enfants s’agiter, polker, valser, et autour d’eux rôde une immonde clientèle d’érotomanes et de gagas. Les mères ou leurs remplaçantes absorbent des saladiers de vin chaud, de punch au rhum, et, le long du Marché-aux-Anges, on heurte des mégères ivres, titubantes ou étendues sur le plancher, cuvant leur vin.
Mignonnes ouvrières, trottins, petits abandonnés des deux sexes, vagabonds et vagabondes, tous les oiseaux sans nid, autant de numéros de parisiens ; et les matrones des départements et de l’étranger y amènent de la marchandise, comme d’autres des animaux sur le marché de la Villette.

(Dubut de Laforest, La Traite des blanches)

Le comptoir, à l’intérieur, donnait le sentiment de la proximité des faubourgs. C’était le zinc traditionnel, avec sa fontaine à eau couverte, ses bouteilles multicolores alignées derrière le patron qui, debout dès l’aube, en gilet à manches, hiver comme été, versait le marc, l’absinthe et le vin blanc aux ouvriers se rendant au travail.

(É. Zola, La Conquête de Plassans)

Zinc des ratichons, Maître autel.

France, 1907 : Costume de gymnastique à l’École polytechnique, appelé ainsi dans l’argot des élèves parce que la toile en est de couleur grisâtre.

France, 1907 : Élégance, chic.

— Je joue le rôle d’un pigeon du Jockey-Club qui se croit aimé pour lui-même… Il faut que j’aie du zinc ce soir.

(Philippe Auderbrand)

France, 1907 : Uniforme chamarré de haut fonctionnaire.

La soirée du ministre était fort brillante et les ambassadeurs, les ministres plénipotentiaires, les attachés militaires étaient là dans leurs costumes chamarrés. Les préfets mêmes avaient sorti leur frac, avec joie, car le préfet de la Seine s’était pavané depuis le matin dans le sien et on l’avait entendu s’écrier plusieurs fois :
— Enfin, j’ai donc sorti mon zinc ! Il ne sera pas dit que mes administrés ne m’auront pas admiré dans mon zinc.

(Edgar Monteil, Le Monde officiel)

France, 1907 : Voix métallique dans l’argot des chanteurs. Avoir du zinc, c’est avoir un organe vocal bien timbré.

Peut-être a-t-on choisi le zinc de préférence à tout autre métal, à cause de son rapprochement avec les verbe anglais to sing, chanter.

(Émile Gouget, L’Argot musical)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique