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Légumard

France, 1907 : Gros fonctionnaire, officier supérieur, homme haut placé.

L’autre samedi, pendant que Bibi pestait à travers champs contre les garces de giboulées de mars et que les frangins des villasses moisissaient dans leurs ateliers, savez-vous de quoi s’occupaient les porcs de la Chambre ? Ne sachant à quoi tuer le temps, ils s’étaient foutus à jaboter de la mévente des autres porcs, — de ceux à quatre pattes.
La mévente… un diable de mot qui a fait son chemin depuis qu’il y a trois ans et demi les vignerons du Bas-Languedoc et du Roussillon firent de la rouspétance et engueulèrent gentiment préfets et autres légumards à cause de la mévente de leurs picolos.
Et c’est contagieux ces sacrées méventes. À celle du piéton succède celle du blé ; les Bretons se plaignent de la mévente des beurres et les gas du Sud-Ouest de la mévente du bétail.

(Le Père Peinard)

Pingre

d’Hautel, 1808 : Un pingre. Pour dire un avare, un homme parcimonieux et intéressé ; un ladre, un fesse mathieu.

Ansiaume, 1821 : Mendiant.

Il n’entend rien à travailler, c’est un pingre suspect.

Vidocq, 1837 : s. m. — Malheureux, misérable.

Halbert, 1849 : Pauvre, avare. On dit aussi Arca.

Delvau, 1866 : s. et adj. Avare ; homme qui pousse l’économie jusqu’au vice. Argot du peuple. Signifie aussi Voleur.

Virmaître, 1894 : Avare qui rapine sur tout. Le roi des pingres était un nommé Crétin, un des plus riches propriétaires de Lyon ; il déchirait les marges blanches des affiches apposées sur les murs, pour en faire des quittances pour toucher ses loyers. Quand il pleuvait, il lâchait ses poules dans les champs ; elles lui rapportaient à leurs pattes la terre du voisin ! (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Avare.

France, 1907 : Pauvre. Déformation de l’ancien français pigre, misérable, lâche, venant du latin piger, paresseux. Aux yeux du peuple, l’avare possède tous les vices, et il a raison, car, autant que la paresse, l’avarice les engendre. On voit d’ici l’analogie. Nous ne parlons pas, et pour cause, de ceux qui prétendent que pingre vient d’un vieux mot qui signifiait épingle : « Les Juifs, dit Fournier, étaient accusés d’enfoncer des pingres dans la chair des enfants ; de là pingre a passé aux Juifs pour désigner un usurier. »

Comme aussi il n’eût pas voulu — ayant passé l’âge où l’on est parfois aimé pour soi-même — les leurrer de vaines promesses, laisser sans salaire leurs douces complaisances, avoir un mauvais renom de pingre qui compte ses liards avec un émoi de dévot, l’excellent homme avait pris l’habitude de donner à ses maîtresses passagères — grisettes cueillies sous quelque porche, un jour de giboulée, trottins qu’on aide à porter leurs cartons un bout de chemin, bourgeoises qu’on rencontre aux offices du soir, servantes qui sautent du coche et fleurent encore la campagne — une pistole d’or soigneusement enveloppée en du papier de soie, un sac de pastilles à la menthe ou à la bergamote et deux petites cuillères d’argent chiffrées d’une initiale.

(Champaubert)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique