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Gerbement

Ansiaume, 1821 : Condamnation.

Il doit son gerbement à son camarade d’affaire, qui a mangé.

Vidocq, 1837 : s. m. — Jugement.

Delvau, 1866 : s. m. Jugement, condamnation, — dans l’argot des voleurs.

Rossignol, 1901 : Condamnation.

France, 1907 : Condamnation, jugement.

La conversation, qu’ils eussent été très embarrassés d’alimenter autrement, roulait sur les camarades qui étaient au pré, sur ceux qui étaient en gerbement.

(Marc Mario et Louis Launay)

Gerbement, gerbe

Rigaud, 1881 : Jugement. — Gerber, juger ; condamner. — Gerber à la passe, gerber à la faux, condamner à mort. La passe, pour le passage de la vie à la mort. — Gerbier, juge, juré. — Gerberie, tribunal. — Planque du gerbe, cour d’assises.

Gerber

Ansiaume, 1821 : Condamner.

Ils vont le gerber à dix longes, il a des parains,

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Emprisonner.

Vidocq, 1837 : v. a. — Juger, condamner.

un détenu, 1846 : Condamner, être gerbé, être condamné.

Halbert, 1849 : Condamner.

Larchey, 1865 : Juger (Vidocq). — Mot à mot : réunir tous les actes de la vie passée, en faire une gerbe, un faisceau pour l’accusation. — Gerbement : Jugement. V. Manger. — Gerberie : Tribunal. — Gerbier : Juge.

Delvau, 1866 : v. a. Condamner. Gerber à vioc. Condamner aux travaux forcés à perpétuité. Gerber à la passe ou à conir. Condamner à mort.

La Rue, 1894 : Juger, condamner.

France, 1907 : Juger, condamner. On réunit en gerbe tous les chefs d’accusation.

— Te voilà pris avec cinq vols qualifiés, trois assassinats, dont le plus récent concerne deux riches bourgeois… tu seras gerbé à la passe.

(Balzac)

Gros-dabo

Ansiaume, 1821 : Le roi.

Le gros dabo a promis d’adoucir mon gerbement.

Lorcefé

Delvau, 1866 : s. f. La prison de la Force, — dans l’argot des voleurs, qui, pour ce mot, se sont contentés de changer la place des lettres et de mettre un é au lieu d’un a. La Lorcefé des largues. Saint-Lazare, qui est la prison, la maison de Force où l’on renferme les femmes.

Rigaud, 1881 : La Force. (Ancienne prison de Paris)

France, 1907 : La vieille prison de la Force. La lorcéfé des largues, la Prison de Saint-Lazare.

Si je te fourrais à la lorcefé des largues, pour un an, le temps de ton gerbement.

(Balzac)

Manger, manger le morceau

Larchey, 1865 : Dénoncer, avouer.

Le morceau tu ne mangeras de crainte de tomber au plan… — Paumé tu ne mangeras dans le taffe du gerbement.

(Vidocq)

Maron, marron

France, 1907 : Pris sur le fait.

— Non, il n’est pas possible, disait l’un, pour prendre ainsi marons les voleurs, il faut qu’il s’entende avec eux.

(Mémoires de Vidocq)

La raille, maron, te servira
Pour un deuxième gerbement.

(Commandements des voleurs)

Président, gérant, commissaire,
Croupier, prêteur et secrétaire,
Ne donnez à manger qu’à ceux
Qui voudraient faire les froisseux,
Sans cris, fadez-vous la cagnotte ;
Sans vous tirer une carotte,
Soyez aminch’s comme cochons,
La disput’ vous rendrait marrons.

(Hogier-Grison)

Ombre

d’Hautel, 1808 : Mettre quelqu’un à l’ombre. Le mettre en prison, le renfermer ; signifie aussi l’en voyer dans l’autre monde.
Il a peur de son ombre. Se dit d’un poltron, d’un homme qu’un bruit de feuille fait trembler.

France, 1907 : Prison. « Mettre à l’ombre. »

Elle sera condamnée dans le gerbement… et graciée pour révélation après un an d’ombre.

(Balzac)

Raille

Ansiaume, 1821 : Espion de police.

En voyant la raille, je me suis planqué dans un tapis.

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Mouchard.

Vidocq, 1837 : s. m. — Agent de police.

Halbert, 1849 : Mouchard.

Delvau, 1864 : Agent de police, redouté des filles qui font le trottoir.

Cela nous avertit qu’il flâne en ce quartier
Un raille dont il faut d’abord se méfier.

(L. Protat)

Larchey, 1865 : Police, agent de police. — Du mot égrailler : racler. Le raille vous engraille, comme la raclette vous racle. — V. Cigogne.

La raille maron te servira pour un deuxième gerbement.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. f. Les agents de police en général, — dans l’argot des voleurs.

Delvau, 1866 : s. m. Mouchard.

Rigaud, 1881 : Police, agent de police. — Espion ; de rascal, rascalion, coquin, en anglais.

La Rue, 1894 : Agent de police.

Virmaître, 1894 : Cette expression est ancienne, elle se trouve dans les Mystères de Paris (Argot des voleurs). V. Arnaque.

France, 1907 : Agent de police, mouchard. La raille, la police. Daron de la raille, préfet de police ; mot dérivé de raillon, sorte de javelot dont les anciens archers étaient armés. On lit dans le Grand Testament de François Villon (XVe siècle) :

Ci-gist et dort en ce sollier
Qu’Amour occist de son raillon,
Un pouvre perit escolier
Jadis nommé François Villon.

Vidocq emploie souvent le mot raille :

Ils parlaient aussi des railles. À propos de railles, vous n’êtes pas sans avoir entendu parler d’un fameux coquin qui s’est fait cuisinier.

Surgerbement

France, 1907 : Aggravation d’une condamnation à la cour d’appel.

Tirer un gerbement, un sapement

France, 1907 : Purger une condamnation ; argot des voleurs.

Villois

Vidocq, 1837 : s. m. — Village.

Larchey, 1865 : Village (Vidocq). — vieux mot. V. Rebâtir.

Delvau, 1866 : s. m. Village, — dans l’argot des voleurs.

France, 1907 : Village ; argot des voleurs.

Si j’venais de faire un gerbement et que j’en aye de la surbine, on m’enverrait dans un trou de vergne ou dans un villois de la jargole.

(Mémoires de Vidocq)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique